Les 25 et 26 septembre prochains se tiendra la troisième édition du festival Outsiders, au Supersonic Records, 9 bis rue Biscornet à Paris (75012), créé par l’équipe de Sun Burns Out, webzine qui tient bon et fête ses douze ans cette année. Parmi ses plumes, Dorian Fernandes nous présente ce festival de passionnés.
Votre ADN, c’est le « rock de niche inspiré des années 90-2000 ». Peux-tu nous en dire davantage ?
Alors, pour le magazine, on a une liberté totale qui nous permet de parler de n’importe quel artiste, mastodontes comme petites perles plus confidentielles. Naturellement, on tend plutôt vers celles-ci. Pour ce qui est du festival par contre, ce sont des artistes entourés d’un petit culte qu’on choisit. L’année dernière, on avait par exemple eu The Woodentops, qui avait connu un certain succès populaire et critique avec Giant en 1986. Le jour suivant, il y avait aussi Aim, un producteur reconnu de la scène trip-hop britannique des années 1990. Pas de grosses stars, mais des groupes qui ont eu leurs moments, du moins dans nos cœurs, et qui ont constitué une arrière-toile sonore rock-pop et indé essentielle.
N’est pas spécialement visée la jeune garde du rock ?
Je ne sais pas si tu lisais Les Inrockuptibles des années fin 80’s-90’s, mais c’est cet esprit des magazines papier, de Magic RPM et d’autres de ces années-là. C’est cet esprit qu’on tend à avoir avec Sun Burns Out, avec des positions parfois tranchées. Tout en accueillant aussi de jeunes pousses – pas que rock d’ailleurs – comme Marble Sounds ou Audoynaud l’année dernière. L’idée, c’est de protéger cette musique qu’on aime, autant avec le webzine qu’avec le festival, et de la laisser respirer, circuler. D’ailleurs, il y aura les deux soirs un fanzine papier spécial Outsiders, dessiné en partie par notre cartooniste Imara, à disposition de tous.
Comment se porte l’économie des petits festivals ?
Après le Covid, il y a eu une sorte d’euphorie, une hausse d’activité chez tous les acteurs de la scène musicale. Désormais, j’ai l’impression qu’il y a un léger contrecoup. Peut-être moins de temps, moins d’argent… Je suis allé à Montreux voir Grace Jones, qui est un festival énorme, certes. Il y avait du monde. Mais j’étais très surpris de voir que ça n’était pas plein à craquer… La même chose pour des festivals d’été qui programment Kungs ou Bakermat… Ce n’est qu’un avis. Après, cela reste un coût. D’où les prix du nôtre qu’on a voulu accessibles : 15€ chaque soirée, 25€ les deux.
Ton idée pour survivre ?
Le webzine durera longtemps, c’est de la passion, du pur hobby : on aime ça aujourd’hui, on aimera ça demain. Je suis également assez confiant pour le festival. C’est Benjamin Berton, du webzine également, qui l’a monté et qui le fait vivre depuis 3 ans : 2026 sera notre 3ème saison.
Le programme de cette année ?
Quatre groupes. Le premier jour démarrera avec le Français Perio et sa pop solaire ; puis, il y aura le trio Black Box Recorder, tout juste reformé grâce au coup de projecteur de Billie Eilish, qui a avoué sur ses réseaux être une énorme fan du groupe. Le lendemain, ce sera Momus, l’alias de Nick Currie qui produit de la musique depuis 40 ans ; une énorme découverte pour moi. Je découvre toute sa discographie en ce moment. Il a une belle voix à la Bowie et tout un univers arty à lui. Le festival se clôturera enfin avec Scott McCloud, le chanteur rocailleux et charismatique de Girls Against Boys et Paramount Styles. Du beau monde…
Par Alexis Lacourte




