Jeune talent Adami, Romane de Stabenrath avait foulé les marches de Cannes pour la sortie de Jean qui sème (Natacha Régnier). Nous la retrouvons déjà lancée dans de passionnants nouveaux projets.
Interview high fashion.
En 2026, tu as été sélectionnée parmi les Talents Adami. Que représente cette consécration pour toi ?
Romane de Stabenrath : J’ai passé les castings à la façon d’une candidature normale, comme les années auparavant, puisque ce n’était pas la première fois que je tentais l’aventure. Cette sélection est une occasion d’avoir une belle visibilité, de découvrir de très beaux festivals, de faire des rencontres : ma réalisatrice, Natacha Régnier, et mes partenaires de jeu : Tess Barthélemy et Anastasia Andrushkevitch et puis toute la promo des talents Adami, les gens du métier…
Dans le film de Natacha Régnier, Jean qui sème, tu incarnes la fille aînée, responsable de rétablir l’ordre familial et la justice. Tu fais partie de la nouvelle génération du cinéma, sens-tu cette même responsabilité dans la vie réelle ?
Le film parle de sororité, de famille et de réparation, ce sont des thèmes communs à l’industrie du cinéma. Chaque génération apporte bien entendu des idées différentes, mais c’est à la nôtre, qui est à la croisée des chemins, de réparer aussi, et d’inventer un nouveau désir de faire. C’est aussi une grande responsabilité, qui parfois peut peser lourd. Mais notre génération est impatiente, et méga-créative.
Ton premier rapport avec le jeu s’est fait sur une scène de théâtre. Comment passe-t-on des planches à la caméra ?
Ce sont de toute évidence deux façons très différentes de travailler, des rapports au jeu qui n’ont rien à voir. Mais, en fin de compte, la recherche est la même : transmettre une histoire, des mots, une émotion, de la plus juste des façons. Le théâtre me manque beaucoup, mais j’aspire vraiment à pratiquer les deux. J’aime la flexibilité que jongler entre les deux domaines demande. Mais je ne pense pas pour autant avoir eu à désapprendre quoi que ce soit. J’ai dû comprendre les nuances entre les deux médiums.
Cette année, à Cannes, on t’a beaucoup vue aux côtés de Louis Vuitton, avec qui tu as travaillé. Quel rapport entretiens-tu avec la mode ?
Je crois que j’ai un rapport encore très naïf à la mode. Je suis fascinée par cette possibilité de façonner sa personnalité. Je suis toujours impressionnée par les gens qui ont un style et quelque chose qui leur colle à la peau grâce aux vêtements. Face à la mode, je serai toujours comme une petite fille, dans un monde impressionnant et un peu trop grand pour elle. Et j’aime conserver ce regard-là.
Ce qui te plaît chez Louis Vuitton by Nicolas Ghesquière ?
Je suis très sensible aux structures et aux formes des créations. Pour pour mon tout premier Cannes, j’avais choisi une pièce qui mettait en valeur cette qualité. Une combinaison très structurée qui façonnait vraiment ma silhouette.
Comment définirais-tu ton style personnel ?
Ma personnalité transperce à travers mes vêtements qui sont plutôt simples, colorés ; je n’aime pas me sentir déguisée, il n’y a rien de pire que de se sentir mal dans ses vêtements.
Tu as tourné en Bretagne pour le premier long de François Segallou, Paul et Paul. Quels sont tes autres projets à venir ?
J’ai participé à la série Camarades sur Arte. J’ai aussi tourné dans un film indépendant de vampires, I Love Paris (prix du public à Fantasia) un projet complètement fou ! Il y a enfin un documentaire sur mes derniers mois d’école qui sortira en fin d’année, Classe Libre d’Ambroise Sabbagh, avec tous mes amis qui sont des acteurs de dingue que j’admire beaucoup. Et l’année prochaine on pourra me voir sur Netflix aux côtés de Pablo Cobo pour Promets-moi, une grande histoire d’amour et de musique. Hâte que le public le découvre !
Par Max Malnuit
Photo Juliette Cordillot
Edit Sarah Laské




