Chanteur et prêcheur de good vibes, Abel Maxwell prépare un sixième album, avec toujours autant de ferveur. Interview sur le rôle émancipateur de la musique.
En avril 2025, tu as été invité à la première partie du Zénith de Paris par le groupe d’afrobeat Toofan. Ton concert le plus spectaculaire ?
Abel Maxwell : C’était l’opportunité de rencontrer beaucoup d’artistes, d’avoir une visibilité rare, dans une salle mythique. C’était un honneur de faire partie de cette programmation.
Tu reviens de la deuxième édition du Togo Art Festival. Comment s’est passé ton concert ?
C’est encore un tout jeune festival, j’étais enthousiaste à l’idée de leur prêter main forte, et j’ai adoré ! Le public était content.
La dernière fois que tu es venu à Technikart, c’était pour présenter ton cinquième album, 5 Roses. Quid de la suite ?
Le sixième est en cours ! Entre-temps, j’ai signé avec Universal. Je travaille avec plusieurs artistes que je ne peux pas encore nommer, car rien n’est officiel. J’espère que le disque sortira à l’automne. Je vais sortir des singles, peut-être un court EP.
Tu consacres une importante partie de ton temps à diffuser un mes- sage de positivité dans les écoles, au Canada, ce pour quoi tu as reçu la médaille de couronnement du roi Charles III. Une consécration ?
C’est assez incroyable, car c’est la plus haute distinction du pays, pour les personnes qui ont une implication communautaire. Le jour de la remise, j’étais avec des astronautes, des médecins et des chercheurs ; d’être à leur côté m’a touché. Le quotidien d’aller dans les écoles est un travail de l’ombre, alors je suis très fier de cette reconnaissance !
Que dis-tu dans les écoles ?
Je leur parle de mon parcours, d’à quel point faire de la musique m’a ouvert des portes et des rencontres enrichissantes. Mais ils me poussent aussi ! Il y a quelques années, j’ai ouvert un compte TikTok après ce genre d’échanges, ils m’ont tous suivi ! Beaucoup de jeunes veulent arrêter l’école… Ceux qui ont souffert de racisme se disent que ça n’en vaut pas la peine. En fait, j’essaie vraiment de les encourager à développer leur plein potentiel, à devenir la meilleure version d’eux-mêmes, à poursuivre l’excellence avec dignité.
Ton parcours ?
J’ai fait un MBA en finance, en même temps que j’ai développé ma carrière de musicien. C’est la musique qui m’a fait voyager, qui me fait aujourd’hui venir à Paris, c’est aussi un message que je veux faire passer. Je crois qu’on est sur Terre pour peu de temps, ce qui reste de nous, c’est l’héritage et le bien qu’on peut transmettre. C’est ce qui me pousse à encourager d’autres jeunes, qu’ils soient doués dans le sport, la musique, l’écriture ou la peinture.
Tu as à ce propos également été invité aux Nations Unies pour ton implication dans la francophonie. En quoi est-ce une notion centrale aujourd’hui ?
Il y a près de 320 millions de francophones dans le monde. D’ici à 2050, deux tiers de la francophonie habitera en Afrique. C’est une chose dont on ne se rend pas forcément compte lorsqu’on est en France, mais la langue française est parlée partout dans le monde, c’est aussi ce qui relie des cultures a priori très différentes. La langue rapproche les gens entre eux. C’est ce que j’essaie de communiquer dans ma musique. Il y a de la place pour tout le monde.
« Demain », sortie le 12 juin 2026 chez Imposture WISER Records
Par Alexis Lacourte




