STYLETO : « UN MOUVEMENT DE SORORITÉ »

Styleto

Connue sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Styleto, Laure, de son vrai nom, alterne entre projets musicaux et éditoriaux. Interview de l’artiste la plus YouTube-compatible du milieu.

Dans ton album Fille lacrymale, sorti en mars 2025, tu parles de ta forte sensibilité. Vois-tu la musique comme le meilleur moyen d’exprimer ce que tu ressens ?
Styleto : Le meilleur moyen, ce serait d’aller voir un psy, mais je n’ai pas encore sauté le pas. En attendant, ma thérapie, c’est la musique.

Quel est ton processus de création ?
Vraiment chaotique : j’écris des bouts de phrases partout, tout le temps. Si j’ouvre les notes de mon téléphone, c’est un cauchemar pour s’y retrouver. Parfois, je ne sais même plus ce que je voulais dire. J’ai carrément un raccourci pour ouvrir une note vocale et enregistrer une topline rapidement. Ensuite, quand je suis en studio, je regroupe toutes mes idées et j’en fais des chansons.

Sur la réédition La Fille qui a plus mal, on trouve « Solitude », un titre avec Yoa et Solann. Comment s’est organisée cette collaboration ?
On s’est rencontrées aux Victoires de la Musique, parce qu’on était toutes les trois nommées dans la catégorie Révélation féminine. On ne se connaissait pas, mais on s’est tout de suite très bien entendues. Avant qu’elles sortent « Thelma et Louise » ensemble, j’avais déjà envie qu’on fasse une chanson toutes les trois. Je voulais aborder la solitude, que chacune parle de sa vision de la chose. J’avais déjà l’idée et le piano, elles ont écrit chacune de leur côté puis elles sont venues au studio. C’était un très beau moment.

As-tu l’impression d’appartenir à une nouvelle scène de la pop francophone, dont elles font partie ?
Oui, et je trouve ça trop chouette, parce que tout le monde se connaît. On a toutes envie de réussir et c’est génial de vivre ça, je sens qu’un mouvement de sororité se crée. On est souvent mises en compétition entre femmes dans notre milieu, on entend rarement parler d’un projet féminin sans qu’il soit comparé à un autre, mais on se porte les unes les autres et on éduque l’industrie.

Quel est le prochain objectif en vue ?
Sur ma prochaine tournée, j’aimerais faire plusieurs dates de suite dans la même salle, comme Miki à l’Élysée-Montmartre ou Zélie au Trianon. J’aimerais bien deux Olympia, c’est ma salle préférée.

Parmi toutes les personnes que tu as rencontrées, quel a été le meilleur conseil que tu aies reçu ?
Ben Mazué m’a dit de prendre mon temps. C’était un bon conseil, car si j’avais sorti les chansons que je faisais au début, je ne suis pas sûre qu’elles m’auraient plues toute ma vie. Même si je commence déjà à évoluer en un an, je pense que je serai à jamais heureuse de ce premier projet. Il représente vraiment qui j’étais et ce que je voulais faire.

Avec ton profil d’influenceuse, tu as développé une importante communauté. Quelles sont les différences majeures entre l’univers des réseaux sociaux et celui de l’industrie musicale ?
Je filme mes vidéos quand je suis de bonne humeur et que je me sens bien. Au contraire, quand j’écris des musiques, c’est que je ne suis pas au top. J’ai beaucoup plus de facilité à faire des chansons avec des paroles tristes que joyeuses.

Nous te verrons aux côtés de Nikos dans l’émission The Voice Kids à la rentrée. Quel sera ton rôle ?
C’est un rôle de grande sœur. Je vois les enfants juste avant qu’ils montent sur scène, et je leur donne des conseils. Je suis là pour les détendre, leur faire oublier les caméras et leur dire de profiter, parce que c’est une expérience dingue.

La suite pour toi ?
Après les festivals, je retourne en studio, j’ai hâte. Après le premier album, je pensais que je n’aurais plus rien à dire, mais j’ai les notes bien remplies !

 

Par Klervia Lelong
Photos Margot Bérard