OFENBACH : « COMME UNE CATHARSIS »

Ofenbach

Groupe mythique de la fin des années 2010 avec leurs tubes « Katchi » et « Be Mine », Ofenbach évolue désormais dans l’univers des clones. Un nouvel arc synonyme d’innovation artistique pour le duo électro.

Tomorrowland, Printemps de Bourges… On commence à vous voir en tête d’affiche pour les festivals de cet été. Comment appréhendez-vous ce public si particulier ?
César de Rummel : Le festival, c’est mon moment préféré, parce que il y a le challenge d’être face à un public qu’on ne connaît pas et qu’on doit séduire. Ça nous permet aussi de jouer devant des foules démesurées. Quand tu joues devant 40 000 personnes, la communion du public qui chante à l’unisson, qui danse, qui célèbre, c’est la plus belle chose. Ce sont des moments de paix, il n’y a que dans l’art qu’on peut voir ça. Tomorrowland, c’est un bon exercice, parce qu’on est parmi plein d’artistes électroniques donc il faut se différencier. Ce qui est plus facile en festival généraliste, comme le Cabaret Vert, le Printemps de Bourges ou les Vieilles Charrues, c’est qu’on joue souvent après un chanteur pop ou un rappeur. Le public n’a pas eu du 130 BPM toute la soirée, c’est une nouvelle façon de célébrer. En général, le public reçoit ça super bien et c’est génial.
Dorian Lux : Quand tu fais de la musique électronique, c’est déjà gagné. On a la chance d’avoir une musique qui met de l’ambiance instantanément et qui se prête bien aux festivals généralistes. On a remixé nos titres pour en faire des « cloned version », faites pour le live, avec énormément d’énergie. C’est fait pour être écouté sur un gros système son et c’est ce qui rend le moment magique et unique.

Votre dernier EP Cloned Vol 1 est sorti le 20 février. À quand le volume 2 ?
CdR : On l’a tout juste commencé. Ces EPs sont des terrains d’expérimentation, on s’amuse et on cherche ce qui va exploser le système son d’un festival. C’est comme une catharsis. Le but, c’est de mettre tout ce qu’on a de plus violent en nous dans notre musique. J’exagère un peu, mais il y a des titres où on a poussé les curseurs fort, c’est de la musique plus énervée, plus underground et plus expérimentale. Ça nous fait du bien et c’est un bel équilibre avec nos morceaux pop.

Comment voyez-vous l’évolution de votre carrière à court terme ?
CdR : Un de nos premiers objectifs, c’était Tomorrowland. On en rêvait, et c’est quelque chose qu’on a réussi à accomplir. L’autre goal en termes de festival, c’est Coachella. Et on a d’autres rêves… comme gagner un Grammy Award !
DL : Nos objectifs n’ont pas de temporalité, on sait juste qu’ils arriveront à un moment. Aujourd’hui, on est dans une industrie du volume. Il y a tellement de choses que pour sortir son épingle du jeu, il faut produire. Et on en a envie ! Au début, on sortait une track tous les six mois, mais c’était frustrant. On s’est empêché de sortir des morceaux parce qu’il fallait laisser le temps aux radios et à l’industrie de développer les précédents. Notre résolution pour 2026, c’est de sortir plus de musique et arrêter de laisser dormir des choses qu’on aime dans notre ordinateur.


Par Klervia Lelong
Photo Margot Bérard