Viral sur les réseaux sociaux il y a six ans avec le titre « Les Dauphins », puis une nouvelle fois en 2024 grâce à « Je t’emmènerais », St Graal continue de s’affirmer dans une musique à mi-chemin entre pop et rock.
Dans ton EP Les Histoires d’amour de St Graal, sorti en janvier, on trouve des chansons très personnelles (« Arnica », « Oversize »…). Quel a été le déclic pour oser te confier ?
St Graal : Dans mes premières chansons, j’étais assez pudique et j’avais l’impression que je ne pouvais pas me confier sur des choses trop intimes, que ça n’allait intéresser personne. Un jour, j’ai fait un son plus personnel qui a bien marché, alors je me suis dit que parler de moi, ça pouvait avoir du bon. Finalement, tout l’EP parle d’expériences personnelles, positives ou négatives. Aujourd’hui, je comprends que personne n’est plus légitime que moi pour raconter mes propres histoires.
Afin d’arriver à ce projet abouti, quel est ton processus de création ?
J’écoute un son d’orgue et un gros autotune en même temps et je cherche une topline. Une fois que j’en ai une, j’ajoute un kick sur tous les temps et je cherche une thématique globale. Je pars de ça, puis j’écris en essayant de trouver de belles formules. Pour moi, la topline est au service des paroles, c’est important que les mots résonnent avec la mélodie.
Tu as créé St Graal à 20 ans. Près de dix ans plus tard, comment décrirais-tu ton évolution ?
Comme mon nom de scène l’indique, je vois ma carrière comme une quête personnelle à laquelle, petit à petit, des gens se sont greffés.
Tu seras à l’Olympia le 26 mars 2027. Comment adaptes-tu tes sons au live ?
Il y a toujours quelques BPM en plus, certaines parties inédites, des solos de synthé… Pour l’Olympia, je vais essayer de faire venir des gens sur scène, mes potes drags notamment, et faire plein de trucs festifs !
Après cette date, quel sera ton prochain objectif ?
Je prépare un premier album, mais nous n’en sommes qu’aux balbutiements. J’ai envie de surprendre les gens, d’avoir une direction artistique plus marquante et de trouver ce qui me différencie.
Tu fais une tournée de festivals cet été…
Ouais, j’adore ça ! L’ambiance est trop cool, il fait beau et généralement on s’occupe bien de nous. C’est comme une colonie de vacances, avec des moments de rush en plus. C’est aussi un challenge pour un artiste comme moi, qui suis encore mi-en développement, mi-confirmé. Soit je vais ouvrir les festivals et il va falloir tout donner pour attraper le public, soit je vais jouer à minuit avec personne d’autre en même temps, et là, c’est cadeau.
Tu fais souvent venir des drags en premières parties de tes concerts. Quelle est l’influence de cet art sur ton travail ?
Au début, je faisais en sorte de me cacher parce que je n’avais pas confiance en mon corps. Les drags ont été les premières à me dire de m’imposer. C’est un conseil fort qui m’a beaucoup apporté vis-à-vis de mon rapport à la scène. Je pense qu’elles ont influencé les talks que je peux avoir avec le public aussi. Un show drag, ça peut être très drôle, et il y a un vrai rapport avec le public. J’aime beaucoup ça, et je pense que je m’en suis inspiré malgré moi.
La suite ?
Je compose et j’écris beaucoup pour d’autres artistes en ce moment (Lowey et Vendredi sur mer notamment ,ndlr) mais je vais prendre le temps de taffer sur mes propres morceaux. Je ne sais pas quand sortira l’album, il n’y a aucune visibilité là-dessus, alors je vais déjà essayer de faire de bonnes chansons !
Par Klervia Lelong
Photos Margot Bérard




