Au pied de la Grande Arche, à Paris La Défense, Garden Parvis est une date à part dans le calendrier des festivals parisiens. D’une durée de six semaines, ce rendez-vous populaire propose une programmation variée, gratuite et ludique. Elle nous est présentée par la directrice du pôle événementiel de Paris La Défense, Noëllie Faustino.
Le festival Garden Parvis propose des concerts avec une programmation jeune et populaire, des espaces de jeux et de repos, des soirées reggaeton… Quels sont vos maîtres mots ?
Noëllie Faustino : Nos maîtres mots sont l’accessibilité, la diversité et la convivialité. On a conçu Garden Parvis comme un lieu ouvert, où chacun peut trouver sa place, sans barrière économique ni culturelle. La gratuité est essentielle, mais ce n’est pas suffisant : il faut aussi proposer des formats variés. On peut venir à Garden Parvis pour un concert, un DJ set, une partie de pickleball, un dîner ou simplement un moment entre amis. Cette diversité d’expériences permet à des publics très différents de se croiser naturellement. L’inclusivité passe aussi par la programmation. On propose à la fois des artistes confirmés, la scène émergente, des formats participatifs comme les Drag Hit Up les mercredis, animés par Rose et Punani, ou encore des soirées club avec Mamacita. L’idée est de créer un festival où chacun peut entrer par une porte différente, avec la musique pour fil rouge.
Comment se distingue Garden Parvis des autres festivals ?
Sa singularité, c’est sa transversalité. Ce n’est pas un festival uniquement musical, food ou événementiel, mais un équilibre entre toutes ces dimensions. Il se distingue aussi par son implantation dans un quartier inattendu, au cœur des tours de bureaux, où il parvient pourtant à rassembler un public extrêmement varié. Et surtout, il s’inscrit dans le temps : avec une durée exceptionnelle de six semaines, il dépasse largement le format traditionnel du festival ! C’est précisément cette superposition des usages, des rythmes et des publics qui fait sa force.
En plus des têtes d’affiches, la nouvelle scène française sera mise à l’honneur.
C’est un élément clé du festival. En complément de notre partenariat avec W Spectacle, on ouvre la scène du Garden Parvis à de jeunes artistes émergents. Avec notre partenaire Groover, on a créé une véritable scène tremplin. Des DJ sets et des concerts en première partie permettent de mettre en lumière la nouvelle scène et les talents de demain, dans un cadre professionnel. C’est important pour nous de ne pas être uniquement une vitrine, mais aussi un espace d’opportunités. 2026 marque un tournant. On assume pleinement le positionnement de festival musical, tout en conservant ce qui fait notre ADN : l’ouverture, la gratuité et la diversité du contenu.
Dans une période où les budgets de la culture se compriment, comment développer un festival qui s’étend sur plusieurs semaines avec des artistes à la renommée internationale ?
C’est un vrai défi, mais aussi un moteur de créativité. On travaille beaucoup sur les partenariats, sur l’optimisation des formats et sur des collaborations intelligentes. Le partenariat avec W spectacle ou Groover en est un bon exemple : il permet de monter en qualité tout en restant cohérent économiquement.
Vous défendez une démarche responsable. Comment se manifeste-t-elle ?
À plusieurs niveaux, dont le choix des partenaires food, la gestion des déchets, la sensibilisation et l’accessibilité des formats. Nous mettons en place la consigne auprès de tous les restaurateurs de Garden Parvis, avec une station de lavage prévue sur le site. Chaque année, nous organisons une journée de talks avec des partages d’expériences d’associations en lien avec la raison d’être de Paris La Défense, dont la finalité est de réduire par deux nos émissions de gaz à effet de serre territoriales d’ici 2030. Nous visons l’obtention du label LEAD, qui récompense les événements à ambition durable.
Vous travaillez au développement culturel du quartier de La Défense depuis 2009. Comment celui-ci s’est-il transformé ?
La Défense a profondément changé. Il y a quinze ans, c’était encore très identifié comme un quartier de bureaux. Aujourd’hui, c’est devenu un territoire beaucoup plus hybride. Il y a une vraie diversification des usages : plus d’habitants, plus d’étudiants, plus de lieux de vie, et surtout une présence culturelle beaucoup plus forte. Pas seulement un lieu qui accueille ponctuellement des événements, mais aussi un espace où la culture s’inscrit dans le quotidien. Cela passe par une programmation annuelle, comprenant Les Extatiques pour l’art contemporain, Garden Parvis pour l’été, Le Marché de Noël pour l’hiver, et, depuis plusieurs mois, le Zoo Art Show, un espace de 4000m2 qui expose plus de 500 street artists. Nous avons également mis en place plusieurs animations autour d’événements récurrents (Pâques, Halloween, la Saint Valentin…) pour répondre à une demande plus familiale, pour les 50 000 habitants du quartier. L’idée est d’activer le territoire toute l’année, avec des formats différents mais complémentaires.
Qu’est-ce qui fait la richesse du quartier de La Défense ?
C’est un espace piéton unique. Le Parvis est à la fois monumental et ouvert, urbain mais accessible, très identifié mais en constante évolution. Peu d’endroits permettent d’accueillir des concerts gratuits, en plein air, dans un espace piéton avec un cadre aussi reconnaissable que celui de la Grande Arche. C’est aussi un lieu de passage important. On touche des publics très variés, dont une partie qui ne seraient pas allés spontanément à un festival. Garden Parvis s’inscrit dans cette logique. C’est un laboratoire à ciel ouvert, qui permet de tester de nouvelles façons d’occuper l’espace.
Par Alexis Lacourte
Photos Margot Bérard




