LILLY WOOD AND THE PRICK : « ON N’A JAMAIS ÉTÉ À LA MODE ! »

Lilly Wood and The Prick

Lilly Wood and The Prick est de retour avec un cinquième album coproduit par Myd et un live pensé pour les festivals. Rencontre autour de leurs 20 ans de carrière.

En début d’année, vous avez sorti Christina, cinquième album aux sonorités club, coproduit par Myd et auquel a également participé Giorgio Poi (« All Night »). Comment s’est constitué ce casting ?
Lilly Wood and The Prick : On a commencé à deux, puis très vite, le disque s’est fait à trois, avec Myd. Notre producteur, Pierre Guimard, a ouvert Artistic Palace, en 2021, une pépinière où tu croises Aya Nakamura ou Théodora. Ça crée une dynamique collaborative à laquelle on était ouvert pour cet album.

Le dernier morceau du disque, « Zero Fucks », est une ballade guitare-voix qui ressemble davantage à ce que je connaissais de vous. Aviez-vous envie d’un disque festif ?
Pour une question de moyens et d’époque, on a commencé en faisant de la folk. Mais on a un côté bipolaire. On est très « produit » et on peut jouer une heure et demie en guitare-voix. On prend autant de plaisir à faire l’un ou l’autre. Et puis, au bout de cinq albums et vingt ans de carrière, on n’a plus grand chose à prouver. On s’est toujours baladé entre des styles et des phases. Sur le premier album, il y avait ce morceau « Down The Drain » dans lequel il y avait des synthés et en même temps, il y avait des ballades folk. Quelle était la direction ? Il n’y en avait pas. Ce sont toutes les directions à la fois.

Vous sortez d’une tournée de deux ans qui se poursuit cet été par des festivals et deux Trianon à la rentrée. Comment se réinventer après vingt ans de carrière ?
On a décidé de dépouiller au maximum le live. Nous ne sommes plus que deux, mais accompagnés de trois machines. Il n’y a pas non plus de décors. C’est déroutant pour le public au début. C’est presque plus une performance qu’un concert. Ça nous fait un bien fou. Ça faisait quinze ans qu’on était six sur scène, c’était top, mais on voulait proposer autre chose. Avec Pierre Le Roux, de Housse de Racket, on a retravaillé tout notre répertoire pendant deux ans, pour qu’il soit cohérent avec ce qu’on fait aujourd’hui. Ce live est fait pour les festivals.

Que raconte votre clip ultra référencé « Christina » ?
L’idée, c’est que ça fait 20 ans qu’on existe et qu’il y a un rapport au temps et à l’âge à gérer et à questionner. Le clip prend avec autodérision la volonté de rester figés. C’est un sujet d’exister dans le paysage musical tout en prenant de l’âge.

Vieillir vous inquiète ?
Ce n’est pas tant de vieillir, mais on essaie de se situer dans le paysage musical actuel. Notre force est de n’avoir jamais été à la mode, mais d’avoir continué d’expérimenter. En fait, on a toujours eu un côté ovni, mais on l’assume davantage aujourd’hui.

Pourquoi ?
Le groupe a fonctionné très vite. Au moment où on a trouvé nos marques, le remix (de Robin Schulz, ndlr) est arrivé, alors tout a pris des proportions dingues. Ensuite, on a connu pour la première fois un album qui ne marchait pas, avec le Covid (Most Anything, ndlr). Dans notre construction d’artistes, avoir des grands succès commerciaux comme n’en avoir aucun a été important. À chaque fois, notre public qui est là depuis nos débuts nous a suivi. Ça vaut de l’or.


Par
Alexis Lacourte
Photos Margot Bérard