Jeunes, enfiévrés et en prise avec leur époque, le duo flamboyant composé par l’actrice et curatrice Vittoria di Savoia et l’acteur Lucas Barski incarne une nouvelle vision de la relation amoureuse à l’écran et réinvente, au passage, les codes de la romance dans Toi+Moi, Seuls contre tous (Prime Video). Nous les avons rencontrés pour une interview « love is in the air ».
Enemies to lovers, sous la caméra de Manon Gaurin, Vittoria Di Savoia et Lucas Barski donnent vie à Alma et Vadim dans le prochain film français de romance Young Adult, Toi+Moi, Seuls contre tous (Prime Video), – adaptation du premier tome de la trilogie best-selle d’Emma Green (deux autrices françaises qui signent sous un seul nom) –, deux étudiants que tout oppose et que le tournage d’un film universitaire va rapprocher malgré eux. Entre secrets de famille et attirance interdite, le film coche toutes les cases de la new romance, tout en donnant un petit coup de modernité à ce genre très codifié.
Du podium au cinéma et de l’art à l’écran, c’est par deux chemins parallèles que les jeunes acteurs ont rejoint l’industrie du cinéma, entamant un nouveau chapitre de leur carrière en même temps que leur vingtaine. Énergies intarissables et CVs à faire pâlir, ils sont en tête d’affiche de cette new romance signée Manon Gaurin (Skam France), promise à être le film événement de la rentrée pour la gen Z. Avant de les rencontrer sous les traits de leurs personnages, on s’est demandé qui étaient-ils derrière leur rôle ? Passionnée d’art, Vittoria Di Savoia a fait un détour par le milieu de la mode avant de devenir commissaire d’exposition et de fonder Curated by Vittoria Di Savoia en 2024, plateforme qui lui permet de soutenir des artistes émergents en mettant en scène des expositions. Après une première curation au Palais Bulles, elle a orchestré une exposition à Milan en avril dernier et est en préparation de son prochain group show qui se tiendra à Paris. Imaginant des terrains de créations où tout se croise : les réflexions, les médiums, les lieux et les regards, l’actrice s’écrit une nouvelle trajectoire à l’écran, enrichissant son identité singulière et artistique. À ses côtés, pour le meilleur et pour le pire dans le film, Lucas Barski, qui a dû choisir entre la musique et le mannequinat lorsqu’il a été repéré en casting sauvage à 17 ans, du haut de ses yeux bleus. Sans regret, il est aujourd’hui égérie Versace et Calvin Klein, et apparaît dans les magazines Behind the Blinds et Numéro Berlin Homme de cet été. Alors comment dire que la caméra est un regard avec lequel il entre en jeu depuis sa plus tendre jeunesse. Pour lui entre le jeu et l’image il n’y a qu’un pas, une histoire à tisser entre les deux, telle une histoire d’amour qui ne fait que commencer.
Dès la première scène de rencontre entre vos deux personnages, Alma et Vadim, on pourrait penser au pitch de Roméo + Juliette. Quel est le synopsis ?
Lucas : C’est effectivement l’histoire de deux mondes qui s’entrechoquent. De deux étudiants en cinéma, très différents de part leurs milieux sociaux et leur personnalités, qui sont obligés de travailler ensemble sur la réalisation d’un film.
Vittoria : La première connexion entre eux est un peu surprenante, mais ils tombent finalement amoureux grâce à cette passion qui les lie, malgré tous les obstacles sur leur chemin, et prouvent que l’amour est plus fort que toutes les barrières ou normes imposées.
Ce sont vos débuts dans le cinéma. Lucas tu fais du mannequinat depuis tes 17 ans, Vittoria tu t’épanouis dans le milieu de l’art contemporain en tant que curatrice, qu’est-ce qui vous a menés vers le casting de ce film ?
Lucas : C’est justement passé par mon agence de mode. C’est un métier auquel je pense depuis longtemps et l’opportunité m’est tombée dessus. C’était mon tout premier casting en présentiel, je n’avais jamais pris de cours de coaching avant alors je me suis retrouvé sur le plateau un peu sans expérience. Ça a été incroyable d’avoir la chance de découvrir ce métier sur ce film.
Vittoria : J’ai débuté le théâtre il y a deux ans, mais c’est lorsque j’ai rencontré un agent que j’ai commencé à passer des castings. J’avais très envie de faire du cinéma, de voir comment se passait un tournage avec une équipe, et j’ai eu de la chance que Toi+Moi arrive un peu par hasard dans mon parcours.
Lucas, ton personnage Vadim est au début présenté comme un bad boy, ténébreux et séduisant, comment as-tu appréhendé ce rôle ?
Lucas : On m’a envoyé le synopsis juste avant le casting et j’ai réussi à imaginer le personnage de Vadim, à comprendre ce qu’on recherchait chez moi, et la raison pour laquelle ils étaient passé par une agence de mode pour trouver un acteur. Dans la new romance, on visualise le physique avant tout, car c’est ce qui plait, je suis donc arrivé au casting avec une proposition naturelle et spontanée, un peu comme à un casting de mode.
Vittoria, comment entrer dans la peau d’Alma, jeune fille modèle qui désobéit à ses parents pour écouter ses propres désirs ?
Vittoria : J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le personnage au départ, car je la jugeais beaucoup. Et puis j’ai essayé de la comprendre, d’accepter qu’elle était très différente de moi, en allant chercher en moi ce qu’il y avait à prendre au bon moment et à la bonne scène, sans en faire trop.
Comment a été le travail préparatif pour tourner ce film Young Adult ?
Vittoria : On a fait beaucoup de lectures du scénario pour trouver une vérité et une profondeur dans ce genre de personnages très codifiés. C’était un travail très intéressant. On a aussi voulu donner une part de nous à ces personnages fictifs, personnellement je me suis inspirée de personnes que je connaissais dans l’adolescence, d’amies qui avaient ce genre de caractère. Manon Gaurin (la réalisatrice, ndlr) était très bienveillante, toujours à l’écoute, elle nous a fait totalement confiance.
Lucas : Je sentais qu’on avait la responsabilité de porter l’image d’un film avec une grande équipe, alors qu’on n’avait aucune expérience. Cette responsabilité a rendu l’aventure particulièrement intense. Pendant le tournage, on a beaucoup échangé avec Manon, et ces discussions m’ont aidé à me concentrer sur mon rôle. J’avais une routine précise, sportive, un travail de préparation en amont.
Comment jouer une histoire d’amour destinée à la jeune génération en incluant les règles du consentement et de la non toxicité ?
Lucas : Le scénario était écrit autour de ses questions, pour mettre en scène une histoire d’amour moderne et pas obligatoirement toxique. Pour Vadim, on avait envie qu’il soit un peu piquant au départ pour que cela participe de son mystère, mais on comprend rapidement son histoire, sa douleur par rapport à son passé, mais aussi la sensibilité et la tendresse intérieure qui lui confèrent cette profondeur, et qui contrebalancent avec ce côté qui pourrait être vu comme malsain.
Vittoria : On a essayé de gommer ce que l’on trouve généralement et malheureusement encore dans certaines new romances et qui n’est parfois pas nécessaire, ce côté toxique attendu. Je pense qu’on peut notamment le remarquer sur ce projet dans les scènes d’intimité. Elles sont très belles, sans trop dénuder les personnages et les sexualiser alors qu’un réel amour est en train de naître.
Dans la vraie vie, que pensez-vous des amours impossibles ?
Vittoria : Je sais qu’il y a eu une période durant mon adolescence où j’adorais ça. D’une certaine manière, c’était un peu « fuis moi je te suis » et vice versa, mais je pense qu’en grandissant on se rend compte que c’est une perte de temps et d’énergie.
Lucas : Tout le monde adorait ça !
Que vous a apporté cette première expérience cinématographique ?
Lucas : C’est le meilleur premier pas que je pouvais avoir dans le cinéma, ce rôle principal. Ça m’a apporté de la visibilité et m’a permis d’entrer dans l’agence Adequat. Depuis j’ai commencé des coaching pour améliorer mon jeu.
Vittoria : Elle m’a bien confirmé que je voulais faire du cinéma et m’a aussi donné envie d’aller vers le théâtre. J’ai beaucoup appris grâce à cette expérience, j’ai notamment eu l’occasion de partir après le tournage à la RADA ( Royal Academy of Dramatic Art ).
Comment pensez-vous que le film sera reçu par les fans des teen movies ?
Vittoria : On espère avoir apporté une sincérité sans casser les codes qui sont importants dans ce genre-ci, et qui ont une fanbase, pour permettre aux spectateurs de s’identifier. On ne se pose pas trop la question, mais on a essayé de donner le meilleur de nous-même.
Lucas : C’est un travail d’équipe, avec une grosse production, alors je pense qu’en tant qu’acteurs on a fait notre rôle, mais le film reste le produit final d’un ensemble de choix pris collégialement, donc le public en décidera !
Vous êtes passionnés de cinéma, quelle en est votre vision future ?
Lucas : J’espère que ça va continuer de fonctionner en salle, dans un monde digital où les plateformes trouvent leur place tout en ne mettant pas totalement fin à l’expérience « réelle » du cinéma. Car personnellement c’est ce que j’adore le plus, de ne se concentrer que sur un film pendant des heures dans une salle totalement noire.
Vittoria : J’essaye de rester optimiste parce que sinon je ne ferais pas ce métier je crois ! J’espère qu’il y a aura toujours assez de moyens pour le cinéma et les projets indépendants, que l’arrivée de l’IA ne va pas freiner une réalisation authentique et j’espère que la nouvelle génération pourra se créer ses propres opinions. Avec les succès qu’il y a eu récemment comme Obsession et Backroom, qui n’avaient pas beaucoup de moyens dans la production et qui ont cartonné, ce serait cool que cela donne exemple à la France de continuer à financer des jeunes réalisateurs et des jeunes acteurs.
Quels rôles avez-vous envie d’explorer ensuite ?
Lucas : J’aimerais jouer une palette très large et des personnages avec des intensités complètement différentes et des raisons d’être et de vivre très éloignées les unes des autres, que ce soit en bien ou en mal. J’ai envie que coexiste le jeu et le mannequinat et peut-être évoluer plus tard dans d’autres secteurs.
Vittoria : Des personnages engagés qui ont des choses à défendre, tels que dans les films de Joachim Trier ou Yorgos Lanthimos ou encore dans Nino qui m’a beaucoup touché, de Pauline Loquès. Je fais du clown aussi et de la performance, tout ce qui touche à l’art est primordial pour moi et j’ai la chance d’avoir la curation en second métier, qui est complémentaire car il me permet d’exprimer ma vision artistique.
Un dernier mot destiné à la fanbase ?
Vittoria : Si je m’inspire du personnage d’Alma, ce serait de ne pas écouter les critiques et de suivre sa passion. En tant que jeune personne dans une génération qui grandit avec les réseaux sociaux et donc avec la comparaison, il faut essayer d’oublier le regard des autres pour s’accepter et se faire confiance.
Lucas : Exactement, je serai toujours d’avis de suivre son propre instinct et sa propre vision, dans l’art et le travail, d’écouter son cœur quoi qu’il arrive.
Toi+Moi, Seuls contre tous, le 18 septembre sur Prime Video
Entretien Mathilde Delli
Photos Théo Le Foll
DA Matthias Saint-Aubin
Stylisme Ophélie Hippocrate
MUHA Shana Montier
Set Hugo Jean




