BORIS MBARGA ATANGANA

Mbarga Atangana

Le 23 mai prochain, le plus fashion des fighters invaincus, Boris Mbarga Atangana, participera à l’un des événements MMA les plus attendus d’Europe, le PFL Bruxelles. Rencontre front row.

En fight week comme au quotidien, tu portes une grande attention à la manière dont tu t’habilles. Fais-tu appel à des stylistes ?
Boris Mbarga Atangana: Non, je me casse la tête tout seul. J’ai envie de faire mal aux yeux, mais proprement. J’ai vraiment ce souhait de marquer les esprits. Niveau mode, je suis très ouvert, je suis assez libre. Dans le MMA francophone, personne ne fait ce genre de choses. J’ai envie de défiler, mais je ne sais pas comment démarcher, alors je me dis qu’à force d’être vu, ça va venir.

Quel a été ton premier contact avec la mode ?
Ma première référence, c’est ma mère. Elle a toujours été bien habillée. Elle nous a inculqué ça, avec mes frères et sœurs. Elle avait une règle à la maison : tu peux avoir des problèmes dans la vie, mais tu ne peux pas ressembler à tes problèmes. On avait souvent des soucis à la maison, des factures à payer, des retards de loyer, des histoires… Mais ma mère a toujours gardé la tête haute et c’est ce que j’admire chez elle.

Que ressens-tu quand tu es sur le ring ?
Je fais des combats parce que j’ai besoin d’évacuer. C’est ma manière d’exprimer ma joie… Ma bonne est humeur dans la cage. C’est paradoxal, je sais. Mais quand la cage s’ouvre et qu’on lève ma main pour la victoire, c’est un moment magique.

As-tu un souvenir de la première pièce de mode que tu t’es offerte ?
Je me souviendrai toujours de ma première paire de sneakers. Je l’avais achetée au Foot Locker de la rue Neuve de Bruxelles. C’étaient des Nike Airfly, je les ai toujours. Et aujourd’hui, j’en ai toute une collection, je suis un fan de sneakers. Au total, plus de 300 paires de chaussures…

Quelle est la paire la plus iconique ?
Si tu es un fou de sneakers, tu dois avoir une paire de Jordan 1 High, la Chicago, classique.

Quelle est ta dernière pièce coup de cœur ?
Mon nouveau délire, c’est les pantalons de ski. À la base, je cherchais un pantalon large pour faire un flow, j’étais au Décathlon, et je me suis retrouvé au rayon ski. J’ai vu du potentiel dans les pantalons, et j’en ai acheté. Je n’ai vu personne en porter, alors je me suis dit que j’allais essayer, et peut-être qu’au prochain hiver, tout le monde en mettra.

Vois-tu un certain écho entre le catwalk d’un défilé et le walkout avant d’entrer sur le ring ?
Quand je m’apprête à combattre, je sens le feu qui s’anime en moi, l’adrénaline qui monte et je n’entends quasiment plus le bruit de la salle. Je cherche plutôt à me connecter avec mon coach. La seule chose que j’entends, ce sont les instructions de mon coach, sinon je ne pense à rien. Je ne pense pas que ce soit la même chose sur un défilé.

Dirais-tu qu’il y a des similitudes entre ton style de vêtement et la manière dont tu combats ?
Oui. Ma manière de combattre est aussi décalée que mon style, les deux sont explosifs. Tu ne sais jamais à quoi t’attendre. Je peux me réveiller un matin et décider de m’habiller en costume, chaussures classes, juste parce que j’ai envie d’être beau pour moi. C’est vraiment en fonction de l’énergie où je me situe. Je peux tout porter, tout me va.

Quelles sont les Maisons avec lesquelles tu as envie de travailler par la suite ?
Il y en a deux qui m’ont toujours fait rêver : Margiela et Saint Laurent. J’ai toujours aimé ce qu’ils proposaient. J’arrive à m’identifier à leurs créations.

Où en es-tu d’un point de vue de carrière aujourd’hui ?
Ça se passe encore mieux que ce que je voulais. J’ai signé un nouveau contrat avec le PFL (Professional Fighters League, l’une des meilleures organisations de MMA du monde, ndlr). Au niveau des sponsors, on a signé aussi avec Venum, le meilleur équipementier au monde dans le MMA. La vie, c’est par cycle, c’est par tour. Il ne faut pas envier ce que l’un vit, parce que ton moment arrivera. Il faut juste être patient et continuer à travailler, à proposer. Et en ce moment, c’est parfait.

Tu es très discipliné. Sur quoi axes-tu ton travail en ce moment ?
Je suis à Paris pour un camp d’entraînement. Je prends ce qu’il y a de plus beau, parce qu’actuellement, la France a les plus grands athlètes de MMA. C’est un fait : les chiffres sont là, les résultats sont là. Le développement du MMA est beaucoup plus important en France qu’en Belgique. Donc le temps que le MMA se retrouve à la même échelle qu’en France, je m’entraîne avec Nicolas Ott et Maxime François. On ne va pas se priver de venir prendre la crème de Paris avec les meilleurs combattants. En plus, on s’entend bien. France-Belgique, il y a toujours eu une bonne relation entre les deux.

Quel sera ton prochain combat ?
Le 23 mai à Bruxelles, contre Jared Gooden. Ce combat me permettra de prendre en expérience, parce que c’est un vétéran UFC (Ultimate Fighting Championship, la plus grande organisation de MMA, ndlr) qui n’a jamais été mis KO.

Quelles sont tes envies pour la suite ?
Gravir les échelons, prendre un peu plus en maturité dans la cage, monter dans le ranking et pourquoi pas, d’ici la fin d’année, une première ceinture mondiale. Je suis classé huitième au classement PFL, mais ça peut aller très vite, tout dépendra de ma prestation. Il ne faut pas vouloir marcher plus vite que ses pieds, il faut juste prendre le temps de bien faire les choses.

 

Par Max Malnuit & Klervia Lelong
Photo Julien Lienard