JEREMY KAPONE : « UNE INVITATION AU VOYAGE »

Jeremy Kapone

Découvert dans LOL (Lisa Azuelos) en 2008 avec le rôle de Maël, Jeremy Kapone est avant tout chanteur et guitariste. L’année 2026 marque un tournant dans sa carrière avec la sortie de Libelula, premier volet d’un projet en deux parties. Interview.

Avant d’être acteur, tu es avant tout musicien. Quels ont été tes premiers pas dans ce milieu ?
Jeremy Kapone : J’ai toujours été attiré par la musique. À douze ans, j’ai eu la chance de commencer la guitare grâce à un ami, et je n’ai jamais lâché depuis.

Ton dernier EP sorti ce 26 mars s’intitule Libelula, en hommage à une certaine métamorphose. Quelle évolution espères-tu pour ce projet ? 
Cette métamorphose est une réaffirmation à 100% de l’auteur-compositeur et artiste que je suis. Elle représente aussi un renouveau dans ma façon de travailler. Cet album, je l’ai produit avec le label que j’ai monté et je l’ai enregistré dans mon propre studio, au nord de la Corse. Je me suis isolé pendant trois ans pour composer une histoire qui se dévoile en deux volets. Le deuxième va sortir dans l’année. J’ai pris le temps de plonger au plus profond de moi-même, où j’ai découvert des parcelles de mon être que je ne connaissais même pas.

En plus de l’acting et de la musique, tu es dessinateur. Trouves-tu une forme de liberté commune entre ces moments de création ?
Totalement. La musique et le dessin, c’est exactement la même chose : du rythme et de l’énergie. On voit les coups de pinceau et la façon dont les grands peintres ont construit leur tableau. D’ailleurs, on dit composition aussi bien pour un tableau que pour un morceau. J’ai très envie d’ajouter de la calligraphie dans mon prochain album, de créer une police aussi, ça peut devenir une signature à long terme.

En 2019 et 2023, tu as sorti deux volumes de Carnets de Visage. Ces livres sont des impressions de tes dessins à l’encre de Chine. Quelle est la réflexion derrière ce choix ?
Carnets de visages, c’est la jonction de mon amour pour la calligraphie et pour le voyage. N’étant pas en atelier, j’ai trouvé une solution pour continuer à dessiner : faire des portraits de voyage. En quelques traits, j’arrive à raconter non seulement l’aspect physique de la personne, mais aussi son énergie. À travers ces projets, dont un troisième volume sortira dans un an ou deux, j’ai voulu exprimer l’importance des rencontres.

Libelula était un album en solo. As-tu des envies de featuring pour la suite ?
Oui. La musique acoustique et les sons organiques me touchent particulièrement. J’aime la vraie batterie, la vraie guitare, et je trouve que ces sons se perdent un peu aujourd’hui. J’ai envie de bosser avec des gens de la scène folk française, notamment William Nothin, que j’adore et qui sort son premier EP à la rentrée. J’adorerais bosser avec Pomme ou Lou Doillon aussi. Il faut que je fasse ma série d’albums pour ancrer mon univers, mais par la suite, j’aimerais composer des morceaux folk-rock pour d’autres artistes.

Tu as choisis une œuvre de Stéphanie Desjeunes pour ta pochette. Que signifie ce dessin ?
Je suis un grand amoureux du surréalisme. À travers cet art, on arrive à sortir la tête de l’eau et à faire face à la folie insoutenable du monde. Je tiens, dans mes visuels et dans mon univers, à toujours avoir des clins d’œil surréalistes. J’ai donc fait cette commande que Stéphanie Desjeunes a magnifiée, et je trouve la pochette sublime. Je ne voulais pas juste me mettre en photo, je trouve que les gens se mettent déjà assez en avant à travers les réseaux sociaux. En termes marketing, ça aurait peut-être été plus intelligent, mais je ne pense pas comme ça. J’avais envie de faire un tableau que les gens puissent avoir chez eux. Libelula, ce n’est pas juste cette femme avec qui j’ai été, c’est aussi une île imaginaire que j’ai inventée et qui invite à un voyage intérieur pour reconnecter à sa lumière et à sa sensibilité.

Quels sont tes projets à venir ?
Je n’ai pas de date de sortie pour la deuxième partie de l’album, mais je la joue déjà sur scène, et une tournée est en train de se préparer. J’ai très envie de reprendre le métier d’acteur un jour, mais avec quelque chose de complètement différent de ce que j’ai pu faire par le passé.

 

Par Klervia Lelong
Photo Eva Chamosa