ASTONVILLA : « VERS LA SIMPLICITÉ… »

Astonvilla

Autour de la table, le trio Astonvilla (son chanteur Fred Franchitti a les yeux qui pétillent, Greg Baudrier bat du pied en rythme, et le guitariste/bassiste Tony Halet fume tranquillement) semble plus exalté que s’il sortait son premier album. Superspectives est pourtant leur sixième. On the road again !

Le disque Aston Villa (1996, BMG), commençait ainsi : « Cette nuit, j’ai rêvé que plus rien ne me retenait ». Superspectives débute quant à lui par : « Si j’ai la moindre chance, je la prends ». La boucle est bouclée ?
Astonvilla : Le groupe est né en banlieue avec l’envie d’écrire de la poésie sociale. « Bonne nouvelle » parlait du SIDA, en pleine polémique des vaccins contre l’hépatite B. 30 ans après, notre ADN est toujours le même : un état de surf et d’équilibriste.

Vos quatre premières pochettes d’album étaient sombres. Les deux dernières sont sur fond blanc. Que s’est-il passé ? 
Astonvilla : On commence à entrevoir la lumière ! Quand tu mets des couleurs, tu attires d’autres gens… Et puis, il y a des clins d’œil – le III des Led Zep, en particulier. La pochette a été réalisée par Yann Orhan. Notre référence était le Jardin des délices de Jérôme Bosch.

Vous aviez des masques avant.
Fred Franchitti : Notre état d’esprit a changé. Je n’ai pas le souvenir de m’être beaucoup marré lors des anciennes sessions d’enregistrements. Les accouchements étaient difficiles. Était-ce le fait d’être liés contractuellement avec des maisons de disques ? Peut-être. Cette liberté, je l’entends sur le disque. On s’est amusés. 

Que vous a apporté cette pause de dix ans ?
Tony Halet : Elle a créé le manque et le désir. Puis, on arrive forts de nouvelles propositions.
Fred : Lorsqu’on s’est remis à jouer ensemble, après dix ans de pause, personne ne nous attendait. La chance, c’est la rencontre avec Fabien, avec qui je monte Delco Music, qui produit Superspectives.

Lorsque vous avez commencé à composer l’album, quel son avez-vous recherché ?
Fred : D’aller vers la simplicité… Le principe de base était d’oublier nos vieux réflexes de compositions, de se positionner comme un groupe qui naît. Il a suffi de se le dire, pour prendre tout ce qui venait, la moindre idée de rimes, de drums, de riff. On est arrivés complètement neuf. On a tout de suite senti que ça prenait naturellement.
Greg Baudrier : Le deuxième titre qu’on compose, c’est « Harem Japonais ». Même si c’est un ovni, il nous a donné une direction. On a recherché la transe. « Try Not To Think So Much », « On The Way »… Ce sont des morceaux qu’on a envie de rallonger sur scène.
Fred : Il y avait également la volonté d’arrêter de mettre la guitare en tant que personnage principal. Tonio est un riffeur, et non un « guitar hero », comme il y avait sur les albums précédents (après avoir accompagné le groupe sur ses tournées dans l’équipe technique, puis en tant que guitare additionnelle pour les lives, il est membre permanent du groupe depuis 2014, ndlr). 
Tony : Dans les plus vieux albums, il y avait l’idée de mettre plusieurs couches de guitare pour faire le gras du son. C’est la place désormais de la basse et de la batterie. 

En écoutant le dernier morceau de l’album, « Try Not To Think So Much », j’ai pensé : ils ont envie d’aller en club.
Fred : Bien sûr ! Ce titre, c’est une bonne « Depechemoderie ». J’ai rêvé d’être Dave Gahan. The Singer. Christique. J’ai rencontré Arnaud Rebotini pour faire des remix de l’album. Il a flashé. C’est un désir qu’on a depuis longtemps. Aujourd’hui on peut le faire. Donc go !


Entretien Alexis Lacourte