BILAL À PANAME

Bilal Hamdad

Après le succès de son exposition « Paname » au Petit Palais, le peintre Bilal Hamdad se prépare pour une exposition personnelle à Templon. Ses grandes toiles à l’huile mêlent les inspirations de grands maîtres figuratifs, et des sujets parfaitement actuels.

Légende photo : Paname (2025)_ Du 17 octobre 2025 au 8 février 2026, une sélection des œuvres de l’artiste contemporain Bilal Hamdad était exposée au milieu des trésors de la collection permanente du Petit Palais. « Ce dialogue avec ces chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art était très émouvant et très inspirant, nous raconte Bilal Hamdad. J’ai réalisé ce tableau, Paname, spécialement pour l’exposition. » Avec sa composition dense et vibrante, « Paname » faisait écho au tableau Les Halles (Léon Lhermitte, 1985), accroché juste à côté. (Photo Laurent Edeline)

Terrasses de cafés, smartphones, vestes Adidas : ils font partie du décor de tes toiles. Tu es né à Sidi Bel Abbes en Algérie en 1987 et tu t’inspires d’Edward Hoppers, de Pierre Paul Rubens, et des grands maîtres de la figuration. Ce sont ces détails contemporains, au milieu d’une composition et d’une lumière tout droit sorties des Beaux-Arts, qui te valent le surnom de « peintre de la vie moderne »…

Bilal Hamdad : Je pense que chaque artiste représente son époque. Peut-être que chez moi ça se voit plus directement parce que je peins mon quotidien, les gens autour de moi et des scènes simples de la vie actuelle. Je regarde autour de moi, je marche beaucoup, je vois les gens, les attitudes, les situations du quotidien. C’est cette vie-là qui nourrit ma peinture.

Ton travail de la lumière ?
Je m’inspire des peintres classiques surtout de la période baroque. J’aime leur manière d’utiliser la lumière pour faire apparaître les figures et créer une présence presque théâtrale. Pour moi, l’ombre et la lumière servent à donner de la force aux personnages et à installer une atmosphère.

Ton exposition au Petit Palais ?
C’était un grand privilège pour moi d’être exposé en résonance avec les œuvres du Petit Palais. Cela me donne le sentiment de m’inscrire dans une continuité, de faire vivre la peinture aujourd’hui avec notre regard actuel tout en respectant l’héritage des grands maîtres. Ce qui m’intéresse c’est de donner une lecture large pour que le spectateur puisse interpréter librement. Amener des gens ordinaires dans un lieu comme celui-là c’est faire entrer notre époque dans l’histoire de l’art. Avant l’exposition j’avais hâte mais en même temps je me demandais si ça allait tenir, si le dialogue avec les œuvres du musée allait fonctionner. Aujourd’hui je suis heureux que le dialogue ait trouvé sa place, et que mes personnages soient naturellement ici.

Après une période plus intense, tu te re-concentres sur la peinture…
Je ne décide jamais tout à l’avance, même si j’ai une idée générale. Je pense que je vais continuer à peindre mon quotidien : les cafés, la rue, les scènes simples de la vie. C’est là que je me sens le plus juste.

La suite pour toi ?
Ma collaboration avec la galerie Templon m’apporte beaucoup de confiance et de soutien. Ils me permettent de me concentrer vraiment sur la peinture, de travailler dans la durée, et de montrer mon travail dans de très bonnes conditions. C’est un accompagnement important pour développer mon travail. D’ailleurs, je vais présenter chez eux ma prochaine exposition personnelle, en fin d’année.

 

Par Adèle Thiery