LE MERCATO DES MÉDIAS

LE MERCATO DES MÉDIAS

En ces temps d’incertitude, de disette et de précarité, les médias de la place parisienne continuent leur grand manège. Qui part, qui reste ? Faites vos jeux. Notre réponse par huit. 

PIERRE-ÉDOUARD STÉRIN

LE PLUS DROITARD
Après avoir échoué à racheter Marianne et La Croix (qui ne tente rien, n’a rien), mais avoir réussi à acquérir le compte Cerfia (spécialiste du bombardage de news alarmistes sur X) l’ex-propriétaire des Smartbox, Pierre-Édouard Stérin, continue son marché des médias (il soutient aussi Neo.tv et Lou Media) et s’offre Valeurs actuelles, mis en vente par Akram Safa, fils d’Iskandar Safa décédé en janvier 2024. Aux côtés de Benjamin La Combe et Alexis Caude, le nouveau tycoon de la presse priante ne cache pas son ambition : faire de l’hebdo un soutien actif à l’extrême droite en vue de l’élection présidentielle 2027 (euh, c’était pas déjà le cas ?). L’une des premières actions de Stérin ? Placer son bras droit, Edward Whaller, patron du Fonds du Bien Commun (son fonds de dotation pour projets catho-compatibles), au conseil d’administration de Valeurs actuelles. Amen ?

1 boulevard Victor, 75015 Paris

 

CLAIRE LÉOST

LA PLUS WINNEUSE
Claire Léost est-elle venue faire le ménage chez Rodolphe Saadé ? Arrivée au sein de CMA Média (filiale de CMA-CGM) au poste de directrice en août 2025 (débauchée de Prisma Media dont elle était présidente et qu’elle avait boosté en supervisant le lancement de Harper’s Bazaar, et l’acquisition de Milk, The Good Life, Ideat…), le milliardaire franco-libanais compte sur elle pour transformer son groupe médias en machine de guerre : partenariat avec YouTube, rachat de Brut (bon courage), nouvelles directives en interne (à La Tribune, les journalistes sont encouragés à publier en masse sur les réseaux) et surtout, valse des chefs : après le départ de Régis Ravanas (l’ex-DG de RMC BFM est désormais en discussions avec Mediawan), c’est au tour de Lucie Robequain, dirlo des rédactions de La Tribune, de céder sa place. Quel Prisma-soldier sera débauché ?

2 rue du Général Alain de Boissieu, 75015 Paris

 

MATTHIAS GURTLER

LE PLUS SUR LA SELLETTE 
Est-ce la relance du magazine L’Équipe (désormais vendu séparemment en kiosques ; bravo pour les dernières couves très M le Monde-compatibles by the way) ? Les portraits de sportives plus glamour (comme la judokate Romane Dicko, égérie NikeSkims) ? Ou le traitement plus people de certaines actus (ils ne ratent aucune occasion de parler de la love story entre Timothée Chalamet et l’AS Saint Étienne) ? Sûrement un peu de tout ça. Ces derniers temps, les journalistes de L’Équipe ne sont pas fana de la ligne adoptée par leur directeur des rédactions, Matthias Gurtler, arrivé de Gala début 2025. Ils l’ont fait savoir via une motion de défiance (adoptée à 92,8 %). Et pourtant, c’est à ce dernier que Gala doit son succès numérique : il est à l’origine du recrutement d’Alexandre Maras (le Monsieur TikTok aujourd’hui chez Paris Match)… Allez, courage Mattou.

40-41 quai du Point du Jour, 921000 Boulogne-Billancourt

 

PHILIPP SCHMIDT

LE PLUS IRREMPLAÇABLE
Arnaud Lagardère porte-t-il la poisse à tout ce qu’il touche ? C’est une question rhétorique, bien évidemment. La preuve ? Depuis sa nomination en août dernier au poste de président de Prisma Media du groupe Bolloré (Harper’s Bazaar, Capital, Geo, Femme actuelle, Voici… – il remplace la brillante Claire Léost, grâce à laquelle les titres Prisma avaient prospéré, voir entrée « La Tribune »), les affaires vont mal. Après le rachat de deux titres à CMI France, Ici Paris et France dimanche (nos grands-mères vont adorer leur relance), sûrement pour pallier la vente forcée de Gala (vendu au groupe Figaro) et l’annonce d’un plan massif de départs (près de 240 postes, soit un tiers des salariés en CDI), c’est un nouveau coup dur : Philipp Schmidt, DG en charge de la régie publicitaire, grand manitou de la premiumisation du groupe, a annoncé son départ après 23 ans de bons et loyaux services (sa prochaine mission ? Relancer Webedia). Bon courage, les Prisma-boys !

13 rue Henri Barbusse, 92230 Gennevilliers

 

LAURENCE PIEAU

LE PLUS EN FORME
Mazel Tov aux équipes de Match ! Après avoir battu tous les records grâce à Madame Bardot (leur numéro de décembre dernier consacrée à l’actrice a atteint les 200 000 ventes), Paris Match se lance à l’international.  Tous les articles web sont traduits en anglais (merci MaIA – l’IA générative de LVMH, propriétaire du titre), et une édition trimestrielle en anglais verra le jour cette année. On félicite aussi le dirlo de la rédaction, Jérôme Béglé, pour l’arrivée dans l’équipe de Laurence Pieau, redoutable dénicheuse de scoops (plus ou moins solides), créatrice de Public, Closer, et désormais à la tête du service People de Match. Côté digital, le it-boy des réseaux sociaux, Alexandre Maras, continue d’exploser les compteurs. Bravi.

48 rue de Châteaudun, 75009 Paris

 

WILL WELCH

LE PLUS INTERNATIONAL
Il est venu faire ses adieux lors de la Paris Fashion Week de janvier. Entouré de tous les « heads of editorial content » des diverses déclinaisons de GQ (dont Claire Hazan qui pilote plutôt bien l’édition française), Will Welch, à la tête de l’édition américaine depuis 2018, et « global editorial director » de GQ depuis 2020 (il est arrivé dans le groupe Condé Nast il y a près de vingt ans) a officialisé son départ début janvier sur son compte Insta. Son nouveau job ? Direction Paris, où il rejoint Pharrell Williams et Penni Thow (fondatrice et directrice de la société d’investissement et de conseil Copper) dans une aventure pour l’instant très mystérieuse regroupant l’ensemble des bizness de Pharrell. Happy ?

 

J.-C. FLORENTIN

LE PLUS CRINGE
Cette rentrée 2026 est décidément pleine de surprises. La meilleure ? Le retour du magazine Lui, made in Jean-Christophe Florentin – en leasing de la famille Le Fur et le premier numéro devrait sortir au printemps. Le mag’ sera un ersatz de son Playboy France (après un folklo feuilleton judiciaire, son ex-bizness partner, David « Citizen » Kane, récupère la licence Playboy) puisqu’on y retrouvera la même équipe de floupins. En attendant la sortie du mag’ en kiosques, vous pouvez retrouver la fine équipe sur leur chaîne YouTube (ex-Lapin TV devenue Lui-TV). Le contenu ? Un florilège d’interviews malaisantes (Bigard, Di Vizio, Laurent Alexandre) menées par Charlotte Florentin (la fille de JC) et Simon Collin (l’animateur ultra-cringe et faisandé des Clochards Célestes). Youpi, le titre mythique de Daniel Filipacchi est entre de bonnes mains.

22 Rue de la Prévoyance, 94300 Vincennes

 

Par Violaine Epitalon