NAÏLIA HARZOUNE, ACTRICE ANTI-GRAVE : « SE SENTIR LIBRE ! »

NAILIA HARZOUNE

Arrivée au cinéma par la danse (des études au Conservatoire en parallèle de Sciences Po), Naïlia Harzoune est sur tous les fronts. De son premier film Géronimo à ses projets du moment, la comédienne retrace son parcours avec nous.

Tu seras à l’affiche de La Femme cachée de Bachir Benssaddek, à paraitre en 2024. Comment es-tu arrivée dans le cinéma ?
Naïlia Harzoune : Un jour, pendant mes entraînements de danse, la directrice de casting de Tony Gatlif m’a repérée et m’a dit : « Il faut absolument que tu le rencontres, il est en train de préparer un film, toujours dans la culture gitane, et il y a beaucoup de moments dansés », c’était une espèce de comédie musicale. Elle parlait de son film Géronimo. Après ça, je n’ai pas arrêté…

Tu joues aussi dans l’adaptation de Bonjour Tristesse, le premier film de Durga Chew-Bose.
J’y joue Elsa, qui est le personnage avec lequel le scénario a pris le plus de liberté comparé à sa forme initiale dans le livre de Sagan. Avec Durga, nous avons travaillé sur  une femme libre et puissante, en phase avec ce qu’elle vit, une femme jamais « locataire des situations ». C’était jouissif de mêler le côté esthétique à une liberté totale.

Tu viens de terminer l’écriture de ton premier film et tu es à la recherche d’une production. Quelles sont tes influences ?
Oui, j’ai écrit un film sur trois jeunes femmes, sensibles, amoureuses et je recherche une prod’. Mes influences visuelles et qui me suivent continuellement c’est Cassavetes et Almodóvar. Cassavetes a en lui une sensibilité, dans sa manière d’appréhender le cinéma. Ce qui me réconforte beaucoup dans sa vision, c’est l’amour qu’il porte aux gens.

On te voit souvent dans des rôles de femme névrosée, habitée d’une certaine tristesse.
J’ai en moi une mélancolie latente. J’imagine que c’est ce qui a touché les réalisateurs avec qui j’ai travaillé ou qui ont envie de travailler avec moi. C’est ce qui m’a amenée à faire de plus en plus de films plus durs, plus violents et plus névrosés.

Tu étais au dîner Saint Laurent, à la veille de la 80e édition de la Mostra de Venise, en l’honneur de Béatrice Dalle. Quel est ton rapport avec la Maison ?
On flirte avec Saint Laurent. Je me retrouve à ce dîner avec Béatrice, où à côté il y a Virginie Despentes, et ce sont pour moi des femmes qui ont du bagout, et une certaine violence qu’elles assument. Et je trouve ça beau, les marques et les réalisateurs qui avancent avec ces personnes-là. Pour moi, Saint Laurent sait se rattacher à ces femmes puissantes, qui sont ancrées et qu’on n’essaye pas de lisser.

Tu joues dans le clip, « Plus rien n’est grave », de Marguerite Thiam.
Marguerite est mon amoureuse depuis trois ans, et on a réussi à créer un espace de confiance et de liberté. Et cet espace, je l’avais déjà expérimenté sur le tournage des Primates (court-métrage réalisé par Marguerite Thiam et Mathis Raymond, ndlr). J’aime travailler avec des personnes qui permettent de créer un lieu où l’on puisse se sentir libre !

@nailiaharzoune

 

Par Anaïs Dubois
Photo Axel Van Hessche