JOSÉ GARCIA, ROSÉ BONHEUR : « JE BOIS COMME UN COSAQUE ! »

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Le compagnon idéal pour vos apéros cet été ? José Garcia ! À défaut de pouvoir inviter le génie comique chez vous, commandez son extraordinaire élixir, le Rosé Garcia. Cheers !

À l’origine du projet, il y a Karim Adda, qui a travaillé avec José Garcia sur le film de Guillaume Canet Nous finirons ensemble. Pendant le confinement, Karim appelle José : « Gabriel Gaultier, qui est publicitaire, veut te proposer un truc  ». Gabriel l’appelle et lui dévoile son idée : « Écoute, avant de fermer les yeux à jamais. J’aimerais te proposer une idée… c’est le Rosé Garcia ». José éclate de rire et se dit que c’est le moment idéal pour le faire, alors que le monde est confiné et qu’une cloche de tristesse s’est abattue sur la vie. Les Français ont plus que jamais besoin d’un peu de fun. Mais au-delà du jeu de mots, José est un amateur de bonnes quilles et il veut le faire avec des gens qui savent faire du bon vin, car il le sait : le rosé, ça peut vite devenir n’importe quoi. Il veut également que ce soit un vin bio. « Pas de problèmes, répond Gabriel, je vais te présenter des gars qui s’appellent « Les Niçois ». Ils vont t’envoyer un échantillon ».

On a goûté ton rosé, il est pas mal du tout. Tu t’y connaissais un peu en vins ?
José Garcia : J’en ai beaucoup bu, disons que je suis un pratiquant plus qu’un spécialiste. J’ai été vigneron de la Jurade de Saint-Emilion durant quelques années, j’ai appris à boire comme un Cosaque ! Mais le rosé n’était pas un vin qui m’intéressait plus que ça, si ce n’est en été. 

Tu étais plus blanc et rouge à l’époque ? 
J’ai fait les Côtes du Rhône, les vins de Corse qui sont fabuleux, j’ai fait mon tour de la question. Mais à un moment, j’avais besoin de faire un choix, et j’ai été élevé aux vins de Bordeaux, j’en ai goûté toute ma vie et quand je suis devenu vigneron à Saint-Emilion et que j’ai travaillé avec la Jurade, je suis resté plus Bordeaux que Bourgogne. Et puis avec le temps tu ne peux pas boire de manière trop large. Il y a les vins espagnols, aussi, qui ont une mâche et des tanins… J’aime les vins puissants.

Avec le rosé, on est assez loin de ça…
Oui, mais quand le rosé est à la limite du gris, que tu peux lui mettre des glaçons pour faire un rosé piscine, que tu peux le boire facilement, qu’il est agréable et ne te donne pas mal au crâne, et surtout quand il est bien fait et qu’il n’est pas cher, tu as un bon produit. Parce que je leur ai dit qu’il était très important que ce soit un vin de soif, sympathique, que l’on peut partager entre amis…

Et les Niçois ? 
Ils avaient un restaurant à Nice et un second à Paris. Ils avaient déjà leur kit d’apéro avec leur tapenade. Ils sont allés voir le propriétaire du Château Montfrin, près de Nîmes, qui fait le vin. Chacun a fait sa part. 

Tu t’es impliqué dans la vinification ? 
Non, parce que moi tout ce qui m’intéressait c’était d’avoir un bon vin bio. Vu la manière dont ils l’ont fait, je ne me voyais pas intervenir. Ce qui me plaît avec ce vin c’est qu’il fasse le lien avec les gens, de rire, de se marrer, en plus de ça c’était la boutade du « Rosé Garcia », et que le vin soit bon ! Tant qu’il est bien fait, en bio, stabilisé, je suis le plus heureux des hommes.

Tu es juste la caution ? 
Comme Le Luron et Coluche, je voulais transmettre quelque chose de marrant pour que les gens puissent se retrouver après le Covid. À ma manière, je voulais être partenaire du déconfinement et qu’on rigole un peu, qu’on ait la possibilité de renouer le lien. Et puis le « Rosé Garcia », il n’y a que moi qui pouvais le faire. Tu ne passes pas à côté d’une occasion comme celle-là. Les conneries, je ne les évite pas. Même à Miami les mecs regardaient ça en se disant : « C’est un truc de con, c’est vrai qu’on n’y a pas pensé ! ». Il y a des jeux de mots, soit tu es là, soit tu n’es pas là.

Les vins d’acteur, ça a toujours été la grande mode : Carole Bouquet, Gérard Depardieu, Patrick Bruel, Christophe Lambert… 
Oui mais eux, il n’y a pas de jeux de mots ! Eux, ils font du vin. Moi, je fais des boutades et je veux que les gens rigolent avec ça. Eux, ils s’impliquent dans la vinification. Moi, je m’implique à faire boire les gens. Je ne veux pas d’une bouteille qu’on pose là et dont on parle pendant des heures. Je viens avec ce vin accompagné de Mariachis, je veux un prétexte pour la fête. Tout le monde n’a pas de Mariachis… C’est le début du petit commerce, il va falloir se démerder. On va finir par faire le disque ! (rires)

josé garcia rosé
HAIE D’HONNEUR_
Tous les grands (Coppola, Di Caprio, Pierre Richard) se sont lancés dans le vin. Mais un seul s’est livré corps et âme à sa passion. Nous l’avons rencontré.


Il faut faire du pinard pour être un acteur complet ? 
Non, il faut chanter (rires). Je fais du pinard et je chante avec les Mariachis, j’arrive à mon niveau d’excellence ! Eux, ils ont leur vigne. Moi, je ne pouvais pas passer à côté du jeu de mots. Puis eux, ils ne vont pas mettre leur tête dessus. C’est comme Brad Pitt, c’est un autre niveau. Les gens que je vise ce sont ceux qui boivent au moins six bouteilles dans la soirée. 

Tu pourrais le vendre avec un CD. 
Pourquoi pas. Je voudrais faire comme Bill Murray, qui a dit : « Si vous m’appelez, je viendrai peut-être à votre mariage ou à votre anniversaire. » J’aimerais faire un post Instagram où je dis aux gens : « Vous nous envoyez vos dates les plus importantes : une demande en mariage, un mariage, un anniversaire, un décès, le lendemain d’un décès. » On tire au sort, et puis on débarque avec des bouteilles, les Mariachis… et on chante !

La première année, le « Rosé Garcia » n’était pas bio, mais tu voulais que ça change. Pour quelles raisons ?
Parce que les sulfites partout en Provence, c’est une souffrance, surtout dans les vignes qui finissent en vin rosé. En plus je suis parrain d’une fondation, Akuo Energy (on fait des panneaux solaires). Je voulais passer la seconde. Je suis un mec qui a fait pas mal de fautes.

C’était une forme de rédemption ? 
Presque. La première fois, on a pris un triporteur. On est à Paris, on ne va pas faire les kékés en voiture, on va prendre les vélos et profiter de cette belle rue de Rivoli. On est partis de chez Les Niçois dans le 11e pour rejoindre le resto d’un pote place des Victoires, qui s’appelle Chez Georges, une institution. On a débarqué avec le triporteur blindé de glace pilée et de boutanches et on a mis une mine à tout le monde ! Les gens se sont bien marrés. Ce soir, on va débarquer au bar le Hellfest Corner, rue Quincampoix à Paris. C’est un endroit plutôt « rock-métal », mais bien entendu, on va débarquer avec les mariachis. On a fait l’Atelier Robuchon, aussi. Un autre pote a pris 200 bouteilles pour la Fête de l’Huma. Ce qui est marrant avec ce pinard c’est qu’on se retrouve dans plein d’endroits différents. Il n’est pas en grande distribution, mais on peut le trouver sur le site des Niçois, chez certains cavistes et même au Drugstore Publicis. 

Elle est à combien la bouteille ? 
Au Drugstore, elle est à 9,30 € la bouteille. À Nice, je finissais une tournée de théâtre et Olivier me dit que « les mecs seraient d’accord pour référencer le pinard à l’aéroport ». Je lui réponds :« Ben voilà ! J’arrive à 19 heures, je mets la valoche dans la soute et je viens leur faire une animation. » Je leur ai vendu 73 bouteilles, à des inconnus, dédicacées… À des Russes, aussi. Très, très bonne clientèle, les Russes. Il y en avait encore quelques-uns, à Nice, à l’époque. 

Tu es dans le faire-valoir ou dans le mercantile ?
Ah non, je n’ai pas gagné une thune avec. Mais qu’est-ce qu’on rigole. Quant aux Niçois, ils ne rentrent pas dans leurs frais. Gabriel Gaultier non plus. C’est un partenariat, lui il fait les étiquettes, on trouve les idées… Mais c’est une bonne façon de rigoler. Si je voulais faire de l’argent, avec tous les appels de la grande distribution, on pourrait faire 500 000 bouteilles en une année. Mais si ça se trouve en supermarché, c’est fini, je m’arrête là.



Par 
Serge Adam, Manuel Mariani & Gabrielle Langevin
Photos Alexandre Lasnier