Avec sa campagne « RESIST » et son partenariat avec l’association 125 et après, ba&sh prouve que le vêtement peut devenir bien plus qu’une pièce de garde-robe : un outil concret de lutte contre les violences faites aux femmes. Une histoire de conviction, portée par deux femmes qui ont décidé que leur marque devait servir à quelque chose de plus grand. Barbara Boccara et Sharon Krief mettent leur notoriété au service d’un combat qui touche des milliers de femmes, finançant prévention, écoute et reconstruction.
Au début : une prise de conscience
Pour Barbara et Sharon, les fondatrices de ba&sh, tout a commencé bien avant 2023. Mais cette année-là marque un tournant. Elles contribuent au livre collectif 125 et des milliers : 125 personnalités racontent 125 victimes de féminicides, aux côtés de Sarah Barukh, qui préside l’association 125 et après. Ce projet d’écriture collective les plonge dans une réalité que l’on préfère souvent ignorer : celle des violences conjugales, sexuelles, intrafamiliales.
La rencontre avec Sarah ne restera pas sans suite. De cette collaboration naît un partenariat qui continue encore aujourd’hui et qui se concrétise, en 2026, avec une nouvelle édition de la campagne « RESIST ».
Ainsi, dès le 23 février 2026, le tee-shirt RESIST revient dans les boutiques ba&sh – version femme à 65 €, version homme à 75 €. Cette année, près de 3 000 exemplaires seront produits, soit 1 000 de plus que l’an dernier. Mais le principe reste le même : l’intégralité des bénéfices est reversée à 125 et après. L’association réfléchit même, à terme, à exporter cette initiative aux États-Unis pour toucher un public plus large. Parce qu’au fond, porter ce tee-shirt, c’est dire quelque chose : afficher que l’on refuse le silence, que l’on se range du côté des victimes, que l’on veut que ça change.
Des projets concrets, loin des grands discours
L’argent récolté finance trois dispositifs pensés pour agir à différents niveaux :
1) SANA, un programme de prévention qui mise sur la technologie. Concrètement, il s’agit d’un bracelet discret qui donne accès, via un QR Code, à une application sécurisée. L’objectif ? Aider les femmes à mieux comprendre leur situation et à trouver des ressources fiables. Ce projet, imaginé par Sarah Barukh, a été écodéveloppé en collaboration avec des chercheurs américains de la NYU ;
2) Forte’resse, un programme de reconstruction par le corps ; 12 modules qui mêlent self-défense et travail sur la confiance en soi, proposés en présentiel mais aussi via les réseaux sociaux. L’idée, c’est de réapprendre à habiter son corps, à se sentir forte, à reprendre le contrôle de soi-même ;
3) La communauté des Veilleuses, accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept ; un dispositif d’écoute qui se renforce cette année avec l’ouverture d’un programme pour les enfants, parce que les violences ne touchent pas que les adultes et que le contrôle peut perdurer bien après une séparation.
ba&sh, un refuge inattendu
L’engagement de ba&sh ne se limite pas aux campagnes annuelles. Il s’ancre dans le quotidien de l’entreprise. Les salariées peuvent déposer plainte sur leur temps de travail. Dans les cabines d’essayage et les espaces réservés au personnel, un QR Code permet d’accéder au test « Suis-je victime de violences ? » et au guide d’accompagnement financé par la campagne « Together ».
En 2026, le dispositif « Safe Place » évolue encore. Un temps d’échange dédié sera proposé lors des visites médicales avec la médecine du travail. Pas d’obligation, pas de pression, juste une ouverture pour celles qui voudraient en parler. Les équipes de vente recevront également une formation pour savoir écouter sans juger, dans le respect absolu de la confidentialité.
L’idée, c’est de faire des boutiques ba&sh des lieux où chaque femme, qu’elle soit cliente ou collaboratrice, peut se sentir en sécurité, où on l’écoute, où on la respecte.
Pourquoi elles le font
« RESIST est bien plus qu’un tee-shirt : c’est un message, une prise de position, un appel à ne plus détourner le regard. Nous souhaitons rappeler aux femmes qu’elles ne sont pas seules et que le collectif peut être une force décisive sur le chemin de la liberté. »
C’est ce que disent Sharon Krief et Barbara Boccara. Et, visiblement, elles ne comptent pas s’arrêter là.
À propos de ba&sh
Maison de mode française fondée par Barbara Boccara et Sharon Krief, ba&sh s’engage en faveur de l’éducation, de la santé, de la protection et de l’entrepreneuriat féminin.
À propos de 125 et après
Association présidée par Sarah Barukh, 125 et après accompagne les femmes victimes de violences conjugales, sexuelles et intrafamiliales à travers des dispositifs innovants de prévention, d’écoute et de reconstruction.
Par Assiya Shabi




