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ADAMO « TOUT SAUF LA VIE DE BOURGEOIS ! »

adamo technikart

Il a charmé tout le Québec lors de son passage à Occupation double, une émission « pour trouver l’amour ». Depuis, il s’est maqué avec les cadors du hip-hop… Et ne demande qu’une chose : des « préliminaires, s’il vous plaît ».

Tu as commencé les « battle » en 2010, aujourd’hui tu as des millions d’écoutes et d’abonnés. Que s’est-il passé entre les deux ?
Adamo : Tout s’est accéléré grâce à des amis qui aimaient ce que je faisais et qui étaient du milieu. J’ai toujours fait du rap mais je crois que c’est surtout mon « personnage » de l’époque qu’ils aimaient.

C’était quoi comme personnage ?
J’étais un peu fou, je me saoulais beaucoup, j’étais assez énervé. Au fil du temps, j’ai arrêté les folies. Je les fais toujours – mais en cachette !

Tu travaillais déjà des textes à 15 ans. A quel âge tu t’es dit que tu voulais faire de la musique ?
J’ai décidé de faire de la musique plus professionnellement à l’âge de 22-23 ans. À la base, j’aimais beaucoup écrire, ça me faisait du bien. C’était un moyen de m’évader de mes problèmes personnels. Ce sont des amis chez qui j’enregistrais qui m’ont dit un jour : « Putain mais c’est dope ! ». Ça m’a motivé. Je suis quelqu’un quand même timide à la base. Pour faire des niaiseries, sauter partout, ouais, mais pour dire « Ecoutez, je fais de la musique », je suis moins fervent.

C’était quoi ta musique entre tes 15 ans et tes 22 ans ?
Parler de tout et de rien, de marijuana, de notre vie quotidienne… Je m’inspirais beaucoup de la musique qui se faisait aux Etats-Unis. Je n’avais pas écouté de musique francophone avant l’âge de 25-26 ans. D’ailleurs, quand j’ai commencé à écouter de la musique en français, ça m’a fait bizarre… ça clochait ! Après, j’ai commencé à m’intéresser, à apprécier, à pouvoir m’inspirer. Il y a quand même beaucoup d’anglicismes dans mes textes. Mais, j’essaie de les minimiser car je trouve que c’est important de garder le français le plus intact possible quand on est bordé par l’océan et les Anglais !

La vie quotidienne, c’est ce qui t’inspire le plus.
J’aime la petite vie, celle des gens normaux sans prise de tête. Tout sauf la vie de bourgeois ! L’argent, les grosses voitures… ça ne m’intéresse pas. Je trouve que cette mode tourne en rond à essayer de vendre du rêve et des piles d’argent. Ce n’est pas ce que les gens vivent.

Tu as ton projet en solo mais tu fais aussi partie du groupe Gros Big.
C’est un peu l’assurance car nous sommes sûrs et certains que Gros Big fonctionne. Les deux premiers albums ont bien marché et le monde attend un troisième… Ce duo avec Jean- Christophe, un Français yes, est notre moment de délires un peu comme ce que que font Orelsan et Gringe avec les Casseurs Flowters. On dit de la sauce (des folies, ndlr) !

Et en solo tu es plus sérieux, c’est ça ?
Euh… oui. Même si j’ai quand même des coups de folies ! J’essaie aussi de toucher plus de monde en faisant une musique plus pop, plus urbaine. Je n’aspire pas à faire des millions mais juste à pouvoir vivre de ma musique.

Ton prochain album s’appelle Préliminaires SVP. Y-a-t-il un message ?
C’est une petite blague par rapport à ma carrière. Ça fait tellement longtemps que je suis dans le milieu sans y être vraiment « entré ». Il y a eu un moment où ma popularité a vraiment grandi rapidement et j’avais l’impression que tout le monde me sautait dessus. Ils voulaient tout de suite me fourrer sans préliminaires ! C’était assez direct, boom ! Woh, quelques préliminaires SVP !


Par Anaïs Delatour