Précise et pédagogique, la journaliste Camille Diao présente « Tapage » sur France Inter, émission dédiée à l’actualité musicale francophone, et co-anime l’émission de débat « C ce soir » sur France 5. On passe en revue ses lectures et ses inspirations.
« Je suis la bonne élève, celle qui fait des plans… », raconte Camille Diao, à quelques minutes d’une conférence de rédaction pour « C ce soir », l’émission de débat qu’elle co-anime depuis 2021, aux côtés de Karim Rissouli. Passée par Nova, repérée sur « 28 minutes » (Arte), elle a aussi présenté le podcast « Kink ». Mais là où elle nous a le plus marqué, c’est en lançant « Tapage », before hebdomadaire de nos samedis soir depuis septembre 2025. Elle y décortique la scène émergente francophone, replaçant, en un billet, Iliona, disiz ou Miki au cœur de l’actualité internationale.
Ton pitch de « Tapage » ?
Camille Diao : Notre cahier des charges est de mettre en avant la nouvelle scène française et d’être grand public. Je cherche dans la scène émergente des artistes représentatifs de courants plus massifs.
Comment prépares-tu ton émission ?
Je suis pas mal de comptes Instagram, notamment Sandy Ferreira, qui fait de la pédagogie autour des musiques latinos. Il y a également des DJ, comme Viv (@viv__________), qui fait des sélections de trois tracks chaque semaine. Je regarde aussi ce qui se passe sur Pitchfork, sur NTS, sur FIP. Et puis, mon entourage, les mails des attachés de presse…
Et Substack ?
Peu, hormis la newsletter musicale de David Bola, intitulée « Waf Waf », consacrée aux musiques de niches.
Adolescente, quelles étaient tes lectures de presse ?
Chez mes parents, il y avait Télérama. Mais je lisais surtout Rock & Folk, qui était alors la référence. Petit à petit, Internet a été plus décisif pour moi que la presse musicale, en particulier le forum lexode.com.
Ta carrière a démarré en 2013. Après des études à Sciences Po, tu intègres Radio Nova en tant que stagiaire. Des voix radio ont-elles compté pour te faire la tienne ?
J’ai d’abord mimé les gens autour de moi. Minaudant beaucoup, imitant ce que je croyais être la prosodie Nova : la voix sensuelle, le ton ironique… Aujourd’hui, j’admire, dans sa manière d’expliquer la musique, ce qu’a fait Rebecca Manzoni, notamment pour son écriture radiophonique et son jeu avec les sons.
Des lectures ont-elles été décisives dans ton parcours ?
Je suis arrivée au journalisme par la musique. Mais de manière plus générale, une lecture étonnante a beaucoup compté, et c’est Victor Hugo… J’avais sept ans lorsque ma grand-mère a trouvé, dans une vente aux enchères, une vieille édition, rouge et gravée à l’intérieur, du roman Notre-Dame de Paris. Je l’ai longuement feuilleté. De là est née ma fascination pour l’objet livre…
Ton autre casquette est de co-animer « C ce soir ». Ressens-tu de la pression à être sur le service public ?
Oui, complètement. De l’extrême droite sur les réseaux sociaux à l’empire Bolloré, même si je ne suis pas en première ligne. Nous sommes tout le temps attaqués en « gauchisme ». Notre seul parti pris concerne pourtant des sujets comme les violences sexuelles, où on se refuse d’inviter des personnes qui vont dire qu’elles n’existent pas. Pour le reste, on propose une pluralité d’analyses.
Par Alexis Lacourte
Photo Axel Vanhessche




