Montre-moi ton filtre insta, et je te dirai qui tu es !

A 28 ans, la créative slasheuse Jade Roche, photographe, responsable com du festival Calvi On the Rocks et ancienne de chez Ed Banger ne chôme pas. Son dernier coup  ? La création de filtres Instagram. Elle en a 7 à son actif (Bionic Love, Rainbow Fiesta, Les yeux, etc) qui font le tour du monde comptabilisant 14 millions de vues.

Lors de la fashion week, on a vu plusieurs de tes filtres utilisés aussi bien sur les catwalks que backstage. Cela nécessite des filtres particuliers ?

Jade Roche : Oui, c’est sûr ! Un ami (@yohanbos) a d’ailleurs assisté à pas mal de défilés (Jacquemus, Dior, Tommy Hilfiger) et prenait des vidéos avec mes filtres. Mais il y a une contrainte technique : tu dois être au premier rang pour que les filtres fonctionnent correctement. Beaucoup d‘artistes ont utilisé mes filtres ces derniers temps : Christine & The Queens, Eric Wareheim, Aquaria ou encore Fedez, un rappeur italien (et entre autre mari de la mannequin Chiara Ferragni), et je l’ai vite senti puisque 1000 Italiennes et Italiens et se sont soudainement abonné à mon compte.

Spark

Comment as-tu commencé à faire des filtres ?

J’ai réalisé qu’on pouvait en faire sur Insta et je me suis « ah ouais ? on peut ? ». Et au final c’est relativement simple. J’utilise le software Spark AR crée par Facebook. Je n’ai pas de notion particulière en matière de 3D mais je me suis rendu compte que ce n’était pas forcément un frein à la création. En testant Spark, j’ai réalisé mon premier effet qui est un « face mask » et que j’ai appelé LA TOUR EIFFEL car il ajoute tout simplement la Tour sur un visage. Le software est bien pensé car tu peux aussi bien faire des « face filters » que détourer le corps. C’est le futur !

Comment a-t-on accès à tes filtres ?jade-roche-instagram-calvi

Quand tu décides de faire un filtre et que tu souhaites le publier sur ton compte, il faut qu’il soit approuvé par Facebook (Instagram appartient à Facebook depuis 2012) directement depuis San Francisco où se trouvent le HQ. S’ils approuvent, tu peux le publier sur ton compte Instagram. Pour utiliser mes filtres, il faut soit tomber sur la story de quelqu’un qui l’utilise, soit disposer du lien direct vers l’effet, soit me suivre. D’ailleurs pour le garder dans le « tray » de la caméra Instagram, il faut me suivre. Enfin, je crois…

Selfies

Qu’est ce que ces filtres disent de nous ? 

C’est l’occasion de se réinventer comme l’art en général. Instagram, il y en a qui s’en servent comme médium pour s’améliorer. Les filtres c’est souvent juste un prétexte pour poster une photo de toi. On peut critiquer les selfies mais moi je trouve ça génial. Ils relèvent d’un esprit d’archivage. Dans 15 ans je vais kiffer regarder mes selfies d’aujourd’hui. On est à la veille d’un truc chanmé. Les filtres, ça booste l’envie de poster quelque chose.

C’est quoi le turfu des filtres ?

Le process des publications des effets sur Instagram est encore en beta et tout le monde n’y pas encore accès. Ça va très sûrement s’ouvrir à un public plus large dans les prochains mois. Demain, je pense que tout le monde pourra potentiellement créer son propre filtre et exprimer ses envies, ses sensibilités. Et si tu veux un truc qui fonctionne au delà de ta bande d’amis, il faut que ça soit assez simple et facile d’utilisation pour tout le monde. Avant, la création d’effets comme ça, de réalité augmentée en 3D exigeait un accès technologique pointu mais maintenant c’est accessible directement dans ton tel. On peut presque dire que « c’est dans la poche ».

Et le filtre de tes rêves ?

Je sens venir les effets qui permettront de rentrer dans une pièce, de saisir les objets qui s’y trouvent, et de les regarder dans tous les angles. Je trouverais ça fou ! T’imagines, tu n’auras plus besoin de sortir de chez toi ! (rires)

jadepizza.com

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Hugues Pascot

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