MAGALI BERDAH, ANGE DE LA PRÉSIDENTIELLE : « LES MEILLEURS CANDIDATS-INFLUENCEURS ? ZEMMOUR ET MÉLENCHON ! »

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Gérer la carrière de Nabilla ne suffisait plus à la papesse de l’e-influence. La voici reconvertie en intervieweuse des présidentiables. Rencontre en pleine campagne.

Pourquoi nos politiques devraient-ils s’intéresser davantage aux influenceurs ?
Magali Berdah : Parce qu’aujourd’hui, l’impact des réseaux sociaux est aussi important que celui d’un discours sur BFM ou autre. Pour faire avancer le pays, il faut savoir parler avec les jeunes et revenir un peu à la réalité, être plus proche des gens. Et la jeunesse est sur les réseaux, pas devant BFM. Ce n’est pas tout de dire « ils ne votent pas », « trop d’abstention », etc. C’est eux les responsables ! 

J’ai cru comprendre que c’est la deuxième fois que vous allez voter… 
J’ai voté une seule fois, quand j’ai eu l’âge. Ma grand-mère m’a emmené, elle m’a dit « vote Chirac », j’ai voté Chirac (rires).

Qu’est-ce qui vous a poussé à renouer avec vos droits d’électeur et à investir le champ politique ?
L’année dernière a été difficile. J’ai perdu ma grand-mère, ma belle-sœur a été assassinée, il y avait la pandémie, et beaucoup de bad buzz avec mes influenceurs… J’ai remis en question mes priorités, et j’ai fait des rencontres. Comme avec la ministre Élisabeth Moreno, qui m’a appris qu’il n’y a pas de critères pour faire de la politique.

Vous avez des questions parfois très cash dans vos vidéos, comment définiriez-vous votre approche avec les candidats ? 
J’y vais au naturel, et je ne juge pas. Je veux savoir pour qui je vote, donc je vais découvrir les candidats, et je vous emmène avec moi. 

Est-ce qu’on peut faire du « good vibes only » en politique ? 
Je pense qu’il faut le faire. C’est pour ça qu’il y a une rupture, parce que tout est trop sérieux, trop carré, trop serré, trop hypocrite, tout ce que les vrais gens n’aiment pas. 

Quand Macron invite McFly et Carlito à l’Élysée, c’est une bonne idée selon vous ?
Oui, c’est bien, il faut moderniser les politiques. Il faut rendre la politique plus accessible à tous, ils doivent oser aller sur les réseaux. La cassure avec le peuple est flagrante, il suffit de regarder les taux d’abstention. Alors, on fait quoi ? On retourne faire des études pour comprendre ce qu’ils racontent ? Non, ils doivent s’adapter aux gens. C’est une grande force de savoir s’adapter à qui on parle.

Qui sont les meilleurs candidats-influenceurs selon vous ?
Zemmour et Mélenchon. Mais on ne va pas se mentir, ce ne sont pas eux qui sont bons, ce sont les jeunes dans leurs équipes. C’est capital pour eux de les avoir, c’est pour ça que Zemmour est monté si vite. 
 






« LES POLITIQUES VONT DEVENIR DES INFLUENCEURS. »

 

Vous pensez qu’on pourrait bientôt voir débarquer des candidats issus du milieu de l’influence ou de la télé-réalité ?
C’est l’inverse, les hommes politiques vont devenir des influenceurs (rires). Ils le sont déjà d’ailleurs. Mélenchon a un million d’abonnés sur TikTok, Zemmour est actif tous les jours sur Instagram, comme un influenceur… 

Vous évoquez souvent l’idée de créer un ministère des réseaux sociaux, vous avez même été contactée par l’Université de Stanford à ce propos… Quelles seraient vos premières mesures ?
Créer une charte de bonne conduite pour les influenceurs, les marques, et les plateformes. Dans la vie il y a des règles, sinon c’est l’anarchie. Mais nous, on n’en a pas ; ni surveillance, ni autorité, ni justice, rien. Si, avec des millions d’abonnés, on n’arrive pas à joindre Instagram ou Snapchat pour faire des signalements, comment font les gamins de dix ou quinze ans ? Les réseaux sociaux sont aussi importants que le vrai monde.

Votre arrivée dans la politique a fait grincer le dentier de beaucoup de vieux cons, comment l’avez-vous ressenti ? 
J’adore ! Ça me fait vibrer. Mais j’aime surtout me surprendre moi-même, je ne vis pas pour les autres. Tous les « vieux cons » qui veulent me mettre des battons dans les roues m’encouragent encore plus à continuer. Je n’ai pas la prétention de dire que je suis journaliste, par contre je suis complémentaire en faisant de la vulgarisation. Les vieux cons resteront des vieux cons, ce n’est pas très grave. 

Vous pourriez avoir un jour envie d’être candidate à une élection, quelle qu’elle soit ?
(Rires.) Je vis au jour le jour, je n’anticipe pas les choses. Si un jour j’ai envie de le faire, je le ferai. 


Par
Jean-Baptiste Chiara
Photo Gabrielle Langevin