iZi (COMME DIMANCHE MATIN)*

edito technikart

Grâce aux archives de ce magazine (impeccablement rangées depuis l’arrivée ici de notre graphiste Hélène), je vais pouvoir vous citer le jour et même l’heure où je me suis senti vieux pour la première fois. Nous sommes le 9 mai 2007, Sarko vient d’être élu Président. Et moi – journaliste un brin plus désabusé que je ne pense l’être aujourd’hui –, embauché par cette rédaction de membres de la génération X (nés entre 65 et 80) quelques mois avant. Good times. Et ce mercredi soir, j’ai rendez-vous avenue de l’Opéra avec un représentant des Fluokids, groupe de bloggeurs alors en vogue. Il a 22 ans. Moi, une dizaine de plus. Et vers 20 h 45, je l’ai noté quelque part, je me dis : mais qu’est-ce je fous de ma soirée, à me les cailler ici, devant les portes du Paris Paris, avec ce fan des Petits Pilous ? C’était sans appel. J’étais donc vieux.

13 ans plus tard, Technikart étant toujours là à mettre des mots sur les modernités émergentes (avec plus ou moins de sérieux selon ce que nous choisissons de décrypter), nous vous présentons ce mois-ci les redoutables jeunots de la génération iZi : nés après 2000, ils semblent partager leur temps entre leurs stories TikTok et des virées à Dubaï (pour ceux qu’on a rencontrés) et, par leur tranquille détermination, foutent les j’tons à ces millennials de quelques années leurs aînés (ils sont nés dans les années 90). Comme si ces échanges avec la « génération d’après » étaient là pour nous rappeler soit notre propre obsolescence programmée, soit de profiter pleinement de la jeunesse qu’il nous reste.

Alors que nous bouclons les pages de ce magazine un dimanche matin à pas d’heure, le résultat de l’élection américaine vient, enfin, d’être confirmé. Nos amis américains se retrouvent donc avec un Président de 77 ans. Et nous, les rescapés de la génération X, avec une nouvelle excuse pour se sentir jeunes. Merci, Joe !

Bon, je vous laisse, je dois aller installer mon TikTok, Bonne lecture,






Laurence Rémila
Rédacteur en chef

* une référence à « Easy (like Sunday morning) », une chanson des Commodores de 1977 (autant dire la préhistoire). Mais elle connaîtra peut-être une seconde jeunesse grâce à un challenge lancé par une appli chinoise.