NFTech

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Quel début d’année ! Ces derniers temps, les boursicoteurs ou les créatifs de notre entourage sont devenus bavards comme jamais. Pas une semaine sans qu’un(e) accro à eToro nous tende son smartphone et nous montre fièrement son compte sur l’appli de trading. L’investissement est toujours up, sa courbe affriolante. Et l’explication accompagnant cette exhibition de signes dématérialisés de richesses ? Elle est à chaque fois incompréhensible du commun des mortels : « Je suis passé au Dogecoin dès le premier confinement »… Hein ?

Même engouement chez les créas. Depuis le 11 mars dernier, jour de la vente chez Christie’s d’un fichier JPEG pour la coquette somme de 69 millions de dollars, chacun(e) rêve de profiter de cette séquence inédite dans l’histoire de l’art. D’un côté, les ricaneurs n’en reviennent toujours pas de la valeur attribuée à un collage numérique. De l’autre, des artistes se réjouissent du raisonnement avancé par l’acquéreur : cette oeuvre a beau tenir sur une clé USB, elle est, comme le suggère son titre, « Everydays: the first 5000 days », le fruit de 13 ans de création quotidienne par son auteur, Mike « Beeple » Winkelmann, un graphiste de luxe (ce père de famille a déjà bossé pour Louis Vuitton, etc.) opérant du Wisconsin… Mais tous partagent le même rêve : profiter de ce nouveau marché des NFT (« Non-Fungible Tokens », terme moche désignant le certificat d’authenticité associé à un objet virtuel) pour mettre en avant son travail, et en tirer profit. 

Depuis, c’est l’ébullition – y compris chez Technikart. Un de nos « writers-at-large » s’est lancé avec fougue dans la vente de ses œuvres sur la plateforme Crypto.io. Notre responsable digital, lui, compte créer une unité dédiée aux NFT ici même (mais que vont-ils encore inventer ?). Quant à mon fils Sacha, collé à mon vieux macbook alors que j’essaie de télétravailler, il veut savoir « comment faire des images avec des cornes comme le monsieur de l’art » (à cinq ans, on ne fait pas le distinguo entre ce qui est « crypto » et pas)…

Ce qui nous amène à l’objet d’art que vous tenez entre les mains (ou que vous feuilletez élégamment sur votre tablette ou phone). Quelle serait la véritable valeur de ce shoot d’idées et de création ? 5,50 € (son prix en kiosque) ? Un peu moins (l’achat sur plateforme) ? Ou faut-il l’indexer sur la somme de talents qui l’animent ainsi que les lectrices et lecteurs qui s’y retrouvent ? Ce qui en ferait quelque chose de parfaitement intangible, unique, et donc hors de prix… 






On s’en reparle sur OpenSea ? 

Bonne lecture, on se retrouve dans un mois, 

Laurence Rémila
Rédacteur en chef