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CAMILLE COMBAL : « RALLUMEZ LA TÉLÉ ! »

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À 39 ans, l’ancien matinalier réussit un sans-faute : il a arrêté la radio pile au bon moment, il dope chaque semaine, à coup de millions de téléspectateurs, les audiences de TF1, et il est capable de citer les meilleurs morceaux de Ringo Starr en les chantonnant. Rencontre avec une « star next door ».

Sweat-shirt, capuche et baskets : Camille Combal débarque tout sourire à la rédac de Technikart dans un look de teenage-trentenaire assumé. Avec son allure de Tanguy qui n’aurait comme autre ambition que de s’enfiler des chips et des bières chaque samedi, il est en fait celui qui a rythmé le samedi de trois millions de téléspectateurs devant Danse avec les Stars ou de cinq millions devant Mask Singer… Ne vous en déplaise, Camille Combal est cette chose rare : un audimat assuré. Bref, on a posé quelques questions sur la TV à ce qu’il se fait de mieux en matière d’animateur next-génération… Action !

2020 marque ta troisième saison sur TF1. Tu as enchaîné Danse avec les stars, Qui veut gagner des millions, Plan C, Mask Singer… Tu commences à avoir la bougeotte, là ?
Camille Combal : Pas du tout ! Au contraire, je suis super content et tout autant emballé qu’en 2018, ma première année de Danse avec les stars. Non, non, on est toujours à fond !

« On », c’est toi et la direction de TF1 ?
TF1 est toujours dans la réflexion mais le « on », c’est l’équipe qui m’entoure : on est trois, quatre… Ce sont mes plus proches amis. En fait, ce « on », c’est mon groupe de travail, mais ce sont tous des amis. Ce sont ceux avec qui je pars en vacances et avec qui j’ai grandi. Après, il y a forcément un moment où il faut se confronter à la volonté de TF1. Cela fait juste une plus grande équipe !

Tu as passé six ans à l’antenne de Virgin Radio. Et en 2019, tu avais même boosté son audience de 69%. Pourquoi avoir arrêté en début d’été ?
Je bosse vraiment à l’envie, au plaisir. Je fais uniquement ce qui m’amuse. Il y a des gens qui peuvent parfois être surpris des choix que je fais, comme par exemple celui de présenter Une Famille en or. Alors que c’est juste le programme préféré de mon père, donc je suis content de le faire. Je n’y aurais jamais pensé, mais on me l’a proposé. La radio, c’était pareil. Pour en revenir à mon départ de Virgin, je ne veux pas que quelqu’un en train d’écouter la radio en voiture se dise un jour : « oh non, il est encore là, lui ». C’est pour ça que j’ai stoppé. Mais six ans, c’est pas mal !

Tu n’as pas l’impression d’avoir arrêté la radio pile au bon moment ? Depuis, les revenus publicitaires sont en baisse, les nouvelles émissions ont du mal à s’imposer…
En tout cas, je suis « content » d’avoir vécu le confinement à la radio auprès des gens. On a essayé de se faire le relais, d’être là, de faire de l’accompagnement, tout en continuant de divertir. J’étais dans mon salon avec mon chat et mon chien, à essayer de ne pas réveiller ma femme qui dormait à côté. Dans les moments un peu plus durs, on se doit d’être là, aussi.

Quelle est la suite pour le média de tes débuts ?
La radio doit vraiment se réinventer. Certains groupes ont très bien compris l’intérêt du podcast, de dématérialiser… Ce n’est qu’un début.

Ton public a entre 25 et 34 ans. Quand on t’embauche, c’est forcément pour rajeunir l’audience ?
Je veux qu’un grand-père puisse regarder sans problème mon émission avec sa petite fille de huit ans. Je ne cible pas une tranche d’âge précise. J’essaie de faire des trucs universels – c’est-à-dire populaires dans le bon sens du terme –, des émissions que tout le monde puisse suivre. Après, chacun fait son choix et Dieu sait qu’il y en a, du choix. Mais je suis toujours moi-même quand j’anime. Je suis dans Danse avec les stars comme je suis le samedi soir avec mes parents si je mange chez moi.

Quand tu animes un prime, il est davantage suivi par des téléspectateurs vingtenaires ?
Franchement, je ne suis pas un homme de chiffres donc j’aurais du mal à le dire. Après, c’est aussi un défi de ramener un public un peu plus jeune sans faire fuir les autres. Je pense que la clé de la réussite, elle est là : les gens le sentent quand tu fonctionnes au kiffe !

Tu as fait Touche pas à mon poste en 2013 au moment des débuts d’Hanouna sur la future C8. Tu en retiens quoi ?
J’en retiens surtout une super expérience professionnelle : on a appris énormément. On était une équipe de trois, quatre personnes, et on sortait une chronique quotidienne sur la télé. C’était une sacré charge de travail, il y avait un côté enivrant. On a même créé des choses par accident, le « Il en pense quoi ton frère ? », le doublage de Derrick. Il y a aussi des choses qui n’ont pas du tout marché. Mais les idées, on les avait à 15 heures pour les passer à l’antenne à 20 heures… Une bonne école.

« J’AI TOUT APPRIS SUR LE TAS EN FAISANT CROIRE QUE JE M’Y CONNAISSAIS. »


Et quand tu quittes C8 pour TF1 en 2018, Hanouna t’en a voulu ?
Ah ben, il faudrait lui demander à lui ! En tout cas, moi, je ne lui en ai pas voulu. J’avais juste envie de créer d’autres choses, de ne pas me lasser pour ne pas lasser les gens. Il faut toujours réfléchir et beaucoup travailler sur la manière de divertir les gens, et se remettre en question.

Tu arrives sur TF1 au moment où la chaîne pioche toutes sortes de talents chez Bolloré. Tu considères que tu fais partie de ce pool d’animateurs plus ou moins branchés ?
C’est toujours flatteur. C’était Ara Aprikian le patron de la TF1 à ce moment-là, ça veut dire qu’il aimait bien mon travail et qu’il pensait que je pouvais grandir à leurs côtés sur cette chaîne. Mais, pour être précis, quand j’annonce que je pars de C8, je n’ai pas du tout de contact avec TF1, ni avec Ara Aprikian (directeur général des contenus), ni avec Xavier Gandon (directeur des antennes TV et digitales). Je me dis juste qu’en travaillant, j’arriverai bien à quelque chose.

Comment s’était passé exactement le tout premier casting avec Hanouna ?
Il n’y a pas eu de casting. En fait, je faisais une émission sur W9 qui s’appelait ASAP et il l’aimait bien. Quand il est parti sur C8, il m’a dit « tu veux venir avec moi, faire des chroniques ? ». J’ai dit, ok. J’ai lâché M6 et je l’ai rejoint en sachant qu’on ne savait quand même pas si C8 aurait le droit d’émettre. On est partis à l’aventure avec toute une équipe sans vraiment avoir de chaîne, ni de contrat de travail !

Enfant et ado, quel était ton rapport à la télé ? Tes parents avaient-ils Canal, par exemple ?
Ils l’ont eu, mais très tard. Je viens des Hautes-Alpes, vers Serre-Chevalier, c’est vraiment paumé et nous, on a eu la une, la deux, la trois pendant très longtemps. Puis est arrivée M6. Mon père nous a ensuite mis la parabole TPS, il avait dû faire une belle saison. Et là, c’est l’éveil quoi. On avait pris Comédie. Je me rappelle que je courais après le collège et lycée pour arriver à voir les vingt dernières minutes de La Grosse émission !

C’était comment de grandir entre les pistes de ski et la brasserie de tes parents ?
Génial ! Franchement, j’ai eu l’enfance et la vie rêvées. On était au pied des pistes, dans les stations, juste en bas. Quand tu vas au ski, les chalets que tu vois au pied des pistes, bah c’était chez moi. Mes parents sont de petits commerçants de station qui ont travaillé toute leur vie pour y arriver. Je dis souvent que je travaille beaucoup en heures, mais ça n’a rien à voir avec une journée de service. En restauration, ta journée, tu la sens passer…

Et avec ta bande d’amis, vous écoutiez quelles émissions à la radio ?
Au lycée, avec mes potes, on écoutait Planète Arthur sur Fun Radio. C’est à ce moment-là que je me suis dit : « tiens, j’aimerais bien faire ça ». J’avais un peu honte de le dire, parce que d’où je viens personne ne fait ça. Puis j’ai eu peur de l’annoncer à mes parents, je les voyais m’engueuler du style : « mais qu’est-ce que tu racontes? On a un resto. Tu fais comme tout le monde, t’es gentil. » Au final, ils ont été très cool, ils m’ont aidé financièrement pendant un an. Ils m’ont simplement demandé de passer mon bac puis de valider un +3 avant de « tenter Paris ».

Tu as fait des études de management, c’est ça ?
Oui, je devais avoir une licence, et quand t’as un bac éco tu vas où ? Unité GEA ! Je suis donc parti de chez moi à 17 ans, pour Aix-en-Provence, et maintenant j’en suis fou, c’est ma ville de coeur.

En arrivant à Paris, tu as été repéré en faisant des scènes ouvertes.
Oui, c’était du stand-up. J’ai eu la chance de rencontrer le patron de Fun au cours d’une conférence. Et j’ai pu entrer à Fun. Ils m’ont d’abord mis au service cadeau, au premier étage. Un jour, j’apprends qu’il y a un stagiaire journaliste qui s’en va et je leur dis que je peux le remplacer. On me demande si j’ai fait une école de journalisme, et moi « bien sûr, école à Marseille… » Je fais des faux mail de potes sur Paint et on arrive à peu près à faire le logo de LJ Marseille. Je commence mon stage, je me mets à écrire les flashs pour Langres, Montpellier et tout. Je peux te dire que les feux de poubelles à Saint-Dizier, j’en ai couvert quelques-uns. On me donne le Nagra pour faire des micro-trottoirs dans la rue. Mais comment ça marche ? Je partais toujours avec de l’assurance mais je ne savais rien faire ! Je ne savais pas monter, j’ai tout appris sur le tas en faisant croire que je m’y connaissais.

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Entretien Carla Thorel

Photos Eddy Brière
DA Alexandre Lasnier