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BRUNO DE STABENRATH « DU MOMENT QUE LA CAISSE EST BELLE ! »

BRUNO DE STABENRATH

Auteur (le best-seller Cavalcade) et réalisateur de docus, Bruno a accepté de répondre à nos questions sur les nouvelles mobilités. Et certaines amitiés jetset…

Bruno, depuis le succès de Cavalcade en 2001, on vous connaît sans vous connaître. Possible de nous retracer votre parcours ?
Bruno de Stabenrath : Ma vie a été bousculée il y a une vingtaine d’années parce que j’ai eu un gros accident de voiture assez grave puisque maintenant je suis en fauteuil roulant. Avant, j’étais acteur, j’ai commencé très jeune avec Truffaut (L’Argent de poche, 1975). J’ai joué au théâtre, j’ai fait du cinéma et beaucoup de musique aussi puisque ma mère était pianiste de jazz. J’ai eu des groupes, des garages band, des groupes de rock. Tout allait bien jusqu’à il y a 20 ans où un dimanche après-midi j’ai eu un accident avec une vieille bagnole et j’ai eu le coup du lapin. Je suis parti pour 15 mois à l’hôpital de Garches au pays des grands fracassés et j’ai mis un ou deux ans, après beaucoup de rééducation, pour revenir dans la vie.

C’était une rééducation un peu rock’n’roll ?
T’avais des gens qui déboulaient à deux heures du matin à Garches avec du champagne et des filles ! Et comme l’hôpital se met à ton niveau, quand ils ont vu Carla Bruni débouler en visiteuse, ils ont vite compris qu’il ne fallait pas me faire chier !

Votre façon d’aborder la vie ?
J’ai une philosophie de surfeur, de guerrier des vagues, c’est-à-dire que soit tu coules, soit tu nages. À partir du moment où j’ai pris la décision qu’il fallait vivre et que j’aimais passionnément la vie, ce n’est pas parce que je suis en fauteuil roulant avec un corps handicapé que je vais me refuser toute nouvelle expérience ou refaire ce que je faisais avant : du surf, du parachutisme, de la plongée et aimer plein de belles et de jolies femmes !

Votre vision de la mobilité ?
En tant que Parisien, la voiture, c’est mes jambes. J’ai mon petit fauteuil électrique – made in France –, mais la voiture pour moi est un bonheur, en plus j’ai pris un cabriolet.

L’accessibilité en ville ?
Quand j’ouvre les yeux, je vois ce qui va et ce qui ne va pas. Je vois la largeur des trottoirs, je vois les boutiques. Je suis toujours sidéré de voir qu’il y a des hôtels, des restaurants ou des palaces rénovés où l’accès handicap est vraiment la dernière roue du carrosse. Alors parfois, ils te font entrer par les cuisines et comme je suis un peu snob, je dis que c’est l’accès VIP.

La mobilité en trois mots ?
Forcément électrique. Fluide. Et j’ai aussi envie de dire esthétique parce qu’aujourd’hui, on a quand même tous
les moyens humains et technologiques pour réfléchir à la ville de demain, même au village de demain, et de mettre en place des éléments chargés de faciliter la vie pour le plus grand nombre.

Votre prochain docu, Les Blessés de la République ?
Je suis parti tourner à Sydney avec l’équipe de France Invictus. Invictus, ce sont des jeux olympiques paralympiques réservés aux militaires qui ont été blessés sur les terrains de guerre. J’ai accompagné toute l’équipe à Sydney, c’était formidable. J’ai tourné, j’ai interviewé dans l’idée de faire un documentaire. Je me suis bien rendu compte qu’au-delà de la médaille, ce n’était pas ça que ces gens venaient chercher. Ils viennent chercher leur résurrection, leur transcendance, et retrouver leur fierté et leur estime d’eux-mêmes.

Pour un futur plus électrique, donc ?
L’écologie, oui. Moi je veux bien passer à la voiture électrique, du moment que la caisse est belle !



Par Laurence Remila
Photo : Samuel Lehuede

Merci Caocao