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Nuit de la poésie : nous y étions !

La quatrième édition de la Nuit de la poésie s’est déroulée, le 16 novembre dernier, à l’Institut du Monde Arabe, en partenariat avec la maison de la Poésie, avec le même objectif depuis quatre ans : faire des lieux « un temple du dialogue, de l’union et de la paix ». L’évènement a rassemblé plus de 5000 visiteurs du coucher du soleil au petit matin. A tous les étages du bâtiment ont résonnées les voix des artistes, les mélopées instrumentales et « chuchotements poétiques » où se conjuguent légendes orientales, polyphonies arabiques et performances théâtrales. 

« La terre nous est étroite / mais la mer nous vomit / et nous étale sur le sable.[1] » C’est par Hasfia Herzi, étoile montante du cinéma, que fut donné le coup d’envoi de cette quatrième édition, avec l’interprétation d’un poème de Souad Labbize, rythmé par les tremolos et la guitare de la chanteuse Nawel Ben Kraïem. Dans cette grande salle du 9e étage, se sont enchaînées les lamentations de Shéhérazade, une séquence de raï sentimental algérien ou encore la lecture des carnets de voyage d’Abdelwahab Meddeb, « errant polygraphe », par Abd al Malik et Hind Meddeb. La foule pressée dans les escaliers du bâtiment s’est aussi rendue aux performances musicales et poétiques du groupe Parabole, à la récitation de l’Etranger d’Albert Camus en dialecte tunisien ou encore à la représentation d’Un autre jour viendra[2] avec notamment la participation de l’acteur Reda Kateb. Enfin, après avoir humé les effluves du thé et des mezzes préparés par les Cuistots migrateurs venus camper au sous-sol, on a pu deviner, en errant dans les couloirs du musée ouvert toute la nuit, la complainte d’une flûte traversière et d’une prosodie irakienne. Animés par les rythmes lancinants ou assoupis dans l’ambiance tamisée, le public s’est laissé bercer par les accents d’une culture hybride et le charme d’une nuit orientale. A noter dans vos agendas pour l’année prochaine !

[1] Souad Labbize, Je franchis les barbelés, Editions Bruno Doucey
[2] D’après l’œuvre de Mahoud Darwich