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Pour inaugurer notre série consacrée aux nouvelles mobilités, nous sommes allés chercher l’entrepreneure bien décidée à rendre le numérique écologiquement responsable. Direction, le Jardin botanique…



Vous avez monté Digital for the planet en 2017, un « global earth project » pour rappeler que d’autres pollu- tions existent, et pousser les entreprises à améliorer leurs usages…
Inès Leonarduzzi : Oui, l’écologie numérique, c’est l’étude de la relation entre l’environnement, les humains et les machines pour que celle-ci soit le moins délétère possible pour la planète et la société. On travaille sur la démocratisation du sujet, sur de l’accompagnement, de la formation, de la prévention. On va travailler avec les entreprises pour légitimer le sujet en interne et les accompagner afin qu’ils dépensent moins d’énergie au regard de leurs activités numériques. On propose des outils pour les aider à réduire leur impact carbone numérique.

Votre priorité étant ?
Notre travail est de faire en sorte que la société devienne plus responsable numériquement, mais surtout que le numérique devienne un outil positif à part entière… Chez Digital For The Planet, on se demande toujours si le progrès fait réellement progresser ?

Et votre propre mobilité, comment la décrire en trois mots ?
Efficace, responsable et agréable ! Agréable : quand je suis à pied ou à vélo, ce qui est le plus courant, je peux faire un détour parce que je préfère les énergies de cette rue à une autre ! Efficace : il faut que le temps de trajet soit décent. Le temps hélas ne m’appartient pas. Il y a beaucoup à faire. Et responsable dans le sens écologique : je ne pourrais plus me per- mettre, comme je le faisais il y a plusieurs années, de voyager sans me poser cette question-là. On aura gagné énormément quand le plus grand nombre se la posera…

Aujourd’hui, quand vous vous déplacez en ville, vous faites comment ?
Je fais beaucoup de vélo, je marche, je prends des scooters électriques… Il m’arrive de prendre des services collaboratifs quand je suis avec mon fils, ce qui est très logistique comme c’est encore un bébé, ou quand je déplace beaucoup de dossiers.

Et le train ?
Je voyage le plus possible en train quand je me déplace en France ou dans les pays frontaliers. Il se trouve que je suis très inspirée dans les trains. Dès que je regarde par la fenêtre, je parviens à écrire, à penser différemment un projet. Il faut toujours voir l’opportunité dans un changement. Je mettrai sans doute plus de temps à aller à une destination mais au moins je pourrai créer et m’évader. On ne peut évidemment plus prendre l’avion pour un oui ou pour un non. Le coup de prendre un vol pour se rendre à un conseil d’administration au bout du monde est revenir dans les 36 heures, ça n’a plus vraiment de sens.

Quelles seront les prochaines étapes ?
On ne pourra pas passer d’une société d’opulence à une société de frustration d’un seul coup. Il va falloir évidemment opérer une transition. On ne peut pas non plus interdire aux gens de prendre l’avion du jour au lendemain. Le voyage reste une chose merveilleuse, surtout pour les plus jeunes. Il y a des voyages dont il ne faut pas faire l’économie. Par ailleurs, la notion de plaisir est importante pour rester un humain et une société équilibrés. Mais, peut-on faire évoluer la nature de nos plaisirs ? Qu’ils tendent vers des loisirs moins carbonés !

Et comment réussir ce nouvel équilibre ?
Il va falloir faire les choses avec beaucoup de pédagogie, avec beaucoup d’amour pour le bien commun et faire passer les passions individuelles après le besoin collectif. C’est peut- être le plus gros travail collectif à faire. Imaginez ce qu’on gagnerait si on apprenait à vivre vraiment en communauté, dans un contexte de crise écologique… Il y a une chose qui nous a parfaitement échappé, c’est que la planète est un bien commun. Or, aujourd’hui on l’exploite comme si elle était exclusivement un peu à chacun.

Vous venez du numérique, j’imagine que vous comptez mettre la technologie au service de la communauté.
La technologie peut nous permettre de penser des avions qui émettent moins de gaz à effets de serre, en s’inspirant par exemple du biomimétisme, qui a déjà commencé à faire ses preuves en matière d’aéronautique. Aussi, se parler et confronter les avis. J’ignore comment l’humanité a envie de vivre mais je suis persuadée qu’elle a de bonnes idées. En ce sens, l’intelligence artificielle peut aider traiter des masses d’informations et la synthétiser le plus possible pour qu’enfin on puisse savoir de quoi les femmes et les hommes ont envie.

Pour Digital For The Planet, quelle sera la suite ?
Dans les prochains mois, nous allons développer de nouveaux produits en phase avec le contexte, les déployer et accompagner nos clients existants. Et continuer ce qu’on fait déjà.

Et comment faire pour donner envie aux entreprises d’être plus responsables écologiquement ?
Je suis une grande fan du film Inception de Christopher Nolan. Je suis convaincue que la meilleure façon de faire adhérer les gens à vos idées et de faire en sorte qu’elles viennent d’eux. Je donne toujours des idées larges et très ouvertes à mes clients, je les laisse ensuite revenir vers moi avec les leurs. Souvent, c’est exactement là où je voulais les emmener ! C’est beaucoup plus facile de cette manière… Plus sérieusement, je crois beaucoup dans le partage de savoir et le soutien mutuel. J’aime l’idée de partager des outils et ensuite laisser chacun créer son propre progrès.


Par Laurence Rémila
Par Julien Grignon