GIOIA FARISANO : « JE ME SUIS LIBÉRÉE GRÂCE AU JEU »

GIOIA FARISANO

Après ses rôles dans La Petite Dernière (Hafsia Herzi) et Connemara (Alex Lutz), Gioia Farisano est à l’affiche de la saison 2 de BRI (Jérémie Guez). Nous la retrouvons, entre deux tournages, au sein de l’Espace Rozier (dans le 77). Interview grand galop !

On a récemment pu te voir dans le magnifique La Petite Dernière (de Hafsia Herzi) et Connemara (Alex Lutz). Quel a été ton premier contact avec le jeu ?
Gioia Farisano : J’ai joué dans une pièce de théâtre quand j’avais 13 ans. J’incarnais l’Antigone, de Jean Anouilh. C’est seulement plus tard, après une fac d’histoire, que je me suis juste dit « pourquoi pas faire du cinéma ». J’étais très timide, et je me suis libérée grâce au jeu. Ma première expérience, c’est un téléfilm sorti il y a quelques années qui s’appelle Diane de Poitiers, avec Isabelle Adjani.

Tu joues dans la saison 2 de BRI (Jérémie Guez). Peux-tu nous parler de ton personnage ?
Je joue Sadia, la femme d’un trafiquant. On pense qu’elle est innocente, mais on se rend compte qu’elle est très au courant de tout ce qui se passe. C’était assez cool parce que j’avais deux facettes. C’était mon premier rôle important, et j’adore Jérémie Guez, le réalisateur.

Tu es passionnée d’équitation. Comment as-tu découvert cet univers ?
Je devais avoir trois ou quatre ans et j’ai demandé à faire une balade à poney. J’ai eu la chance que mes parents m’inscrivent dans un club, et je n’ai jamais lâché. L’équitation, c’était le moment où je pouvais extérioriser en me mettant à fond dans ma passion. C’est un sport de connexion, qui apprend à écouter l’autre. Et il faut beaucoup de sang-froid parce que ces animaux ressentent les choses.

Quelle leçon retiens-tu de l’équitation ?
C’est la meilleure école de la vie. Quand tu tombes, on te dit de remonter sur le cheval. Il n’y a pas moyen que tu rentres chez toi et que tu pleures. Non, tu es tombé, ce n’est pas grave, tu remontes.

Tu sens que ça a développé ta confiance en toi ?
Ça m’a appris à mettre mon égo de côté. J’aime la compétition, mais parfois, tu perds. Quand j’étais petite, ça m’énervait, je voulais gagner. Aujourd’hui, si je rate un parcours ou un casting, je me dis que ce n’est pas grave. Dès que je monte ma jument, je peux avoir tous les problèmes du monde, je suis dans ma bulle. Plus rien ne m’atteint, mon téléphone est posé, personne ne peut me parler et je suis obligée d’être connectée avec elle.

Y a-t-il un certain esprit de communauté dans l’équitation ?
Ça dépend, comme dans tous les milieux. J’ai eu beaucoup de chance parce que je m’entraîne chez Philippe Rozier qui est champion olympique. Quand tu t’entraînes avec quelqu’un qui n’a rien à prouver, parce qu’il a remporté la plus belle médaille, il est hyper serein. Il n’y a pas de haine là-bas et c’est incroyable d’être encadré par le meilleur.

Tu t’es installée à Bois-le-Roi, proche de ton centre équestre.
J’ai décidé de quitter Paris très jeune parce que je suis un peu anxieuse, je n’aime pas les grandes villes. Je suis presque agoraphobe. J’avais besoin de nature et de calme. Ce besoin de souffler, d’entendre les oiseaux, que ça sente bon. Mode avion, cheval, soleil. Le bonheur.

Aimerais-tu jouer un rôle au cinéma à cheval ?
Mon rêve, ce serait de faire un western. Je trouve ça génial de jouer une Calamity Jane : une cowgirl, c’est un peu féministe. Une meuf qui en impose, qui flingue d’autres cowboys, qui monte à cheval, qui fait des cascades…

Tu aimes la mode dans le style western ?
Oui ! Il faut ressortir les Santiags, avec un Levis 501 et un t-shirt blanc. L’esthétique est tellement belle. C’est chic, c’est cool, c’est sauvage.

La suite pour toi ?
Je fais partie d’une équipe de scénariste avec laquelle je travaille sur une série. C’est un nouvel enjeu pour moi. Je suis aussi en train d’acheter des droits de bouquin pour essayer de développer un film. Mais c’est dur : il faut lire le livre, rencontrer l’auteur, qu’il accepte de te donner l’option à toi, 24 ans, inconnue au bataillon. Je dois être très autodidacte. Si tu attends dans un coin, il ne va rien se passer. Il faut essayer de faire plein de choses. Concernant mon actu, il y a Quasimodo et la série de Martin Bourboulon pour Apple TV qui vont sortir.

Entre ton travail en communication, l’acting, le cheval et ces recherches pour l’adaptation, tes semaines sont bien chargées.
J’essaie de toucher à tout. Je ne veux pas avoir de regrets plus tard. Quand tu es jeune, il faut se donner des chances partout. Après, un truc va ressortir plus qu’un autre. En attendant, j’essaye vraiment de mettre des petites pièces partout.


Interview
Max Malnuit
Photos Louis Westerloppe
D.A Matthias Saint-Aubin
MuhA Antoine L’Hebrellec
Stylisme Anaïs Dubois
Ass. StYLISME Lyna Gaci
Ass. Light Léo Jean Joachim