Jeune amoureuse dans Les Meilleures, Miss France dans Un destin inattendu, et prochainement artiste contemporain au masculin, Esther Rollande aime aller là où on ne l’attend pas. Une façon de porter un message et d’être enfin soi-même.
Ton premier rôle au cinéma était celui de Zina, une jeune fille qui découvre son homosexualité dans Les Meilleures (Marion Desseigne-Ravel). Y-avait-il des traits communs entre le personnage et toi ?
Esther Rollande : Grave ! C’est tombé pile à un moment de ma vie où je me rendais compte que j’aimais les filles. En plus, je débarquais à Paris et le personnage de Zina, lui, venait d’emménager. C’était très aligné avec ce que je vivais à ce moment-là
Tu as un compte Instagram dédié à tes peintures. Qu’essaies-tu d’exprimer à travers cet art ?J’aime faire des petits personnages oniriques et symboliques. C’est une manière pour moi d’exprimer une forme de douceur. Avant, je ressentais des choses plus dures, colériques. Depuis que je ne me genre plus comme une fille, je ressens un besoin de calme et de positif. Mes dessins reflètent cet état d’esprit qui évolue.
Tu as également de l’expérience en mannequinat. Ta fluidité de genre a-t-elle changé ta perception de ce milieu ?
J’ai arrêté le mannequinat il y a trois ans, parce qu’on me genrait beaucoup. Maintenant que j’ai fait ma torsoplastie, j’aimerais beaucoup reprendre l’image. On a besoin de représentations, et j’ai envie d’en être une.
Tu as officialisé ta non-binarité sur les réseaux sociaux en postant des photos torse nu après ta torsoplastie.
C’est important dans ma démarche. Je considère que je n’ai pas à me battre pour exister, et qu’on a tous le droit d’avoir une place dans ce monde. Je vois ça comme un acte d’amour et une forme de représentation. Quitte à faire un métier d’image, autant que ça serve politiquement et que ça amène du positif.
La suite pour toi en 2026 ?
J’ai tourné un long métrage qui s’appelle Angèle et mes démons réalisé par Lucas Beccaro. Je joue Angèle, le rôle principal. C’est un film très punk, qui parle d’amour, de deuil, qui est très mystique et spirituel aussi. J’ai hâte de le voir à l’écran. Fin juin, j’ai le tournage d’une série qui s’appelle BreakBuild, réalisée par Amaury Paris, dans laquelle je vais jouer Auguste, un artiste. C’est une série qui porte sur le sujet de l’art contemporain à Paris, ça va être chouette. Sinon, j’ai un projet de roman graphique autour de la fluidité de genre. Avec mes dessins et des textes que j’ai écrits à propos de mon processus de réflexion.
Par Klervia Lelong
Photo Eva Chamosa




