BERTRAND DE CRAEKER, FRENCH MULLER : « LE TEMPS EST LE VÉRITABLE LUXE DE NOTRE ÉPOQUE ! »

vanguard line cut Frank muller

Bertrand de Craeker préside la filiale française de Franck Muller, horlogerie luxueuse et complexe à l’esthétique Curvex® bien reconnaissable. Retour sur la marque toujours en avance et sa filiale novatrice…

En 2004, vous mettez au point le premier système de tourbillon tri-axial et révolutionnez l’horlogerie. Comment a évolué ce concept ?
Bertrand de Craecker : Le tourbillon Révolution III est le fruit d’une recherche de nos bureaux de développement, il succède aux deux premières versions – qui ont toutes été des nouveautés mondiales en leur temps­ –, et est représenté dans un nouveau design de boîtier. Par ailleurs, nous avons le titre de « Montre bracelet la plus compliquée au Monde » depuis 2009, grâce au calibre Aeternitas Mega IV. Nous nous demandons sans cesse quoi proposer de nouveau à une clientèle qui a déjà tout … 

Combien de temps chaque nouveau modèle représente-t-il pour vos équipes ?
Il faut comprendre qu’une montre est construite autour de son mouvement, il ne suffit pas de dessiner ou de rêver une nouvelle complication pour qu’elle soit réalisable. La conception peut prendre jusqu’à cinq ans. N’a-t-on pas l’habitude de dire qu’il faut laisser le temps au temps ?

Watchland est un complexe en Suisse, dans lequel vous centralisez toutes les étapes de la production. C’est ça aussi Franck Muller, une production contrôlée à tous les niveaux de la chaîne ?
Oui ! Watchland a été conçu au début des années 1990 pour répondre à l’une des priorités de la marque, qui est de conserver son indépendance. Ce vaste développement architectural reflète l’esprit personnel de continuité de la marque et de sa manufacture. 

Vos montres sont à la fois très ornées pour certains modèles et très sobres pour d’autres. Qu’est-ce-que c’est « l’esprit Franck Muller » exactement ?
Au premier coup d’œil, on reconnaît nos montres au poignet de celui ou celle qui la porte. Le temps est le véritable luxe de notre époque et la montre en est le vecteur le plus palpable dans la vie de tous les jours. Nous cultivons l’art de la belle horlogerie avec une vision ludique du temps. 

En 2002, vous montez la filiale française et proposez des éditions limitées, une première en France. Quelles sont pour vous les caractéristiques du marché français ?
La France accueille chaque année une clientèle internationale. Cela en fait une vitrine extraordinaire pour l’ensemble des marques. Depuis sa création, la filiale explore et recherche. Avant 2002, très peu de marques proposaient la possibilité de créer des séries personnalisées ou des pièces uniques sur commande, nous avons vraiment été les précurseurs dans ce domaine. 



Vos montres sont portées autant par des footballeurs, des chefs d’entreprises que des émiratis. 
Nos montres sont portées par des femmes et des hommes d’exception. Nous sommes fiers de voir nos montres portées à la fois par des stars de cinéma, des mannequins, des stars du rock, des footballeurs, de grands boxeurs ou par des capitaines d’industrie. Notre rêve est de produire la plus belle horlogerie possible et de partager notre vision alternative du temps.  

La filiale France vient de sortir le modèle Vanguard Line cut au design bien original, une édition spéciale en titane dont vous avez l’exclusivité des 48 premiers exemplaires avant qu’elle aille sur le marché mondial. La France est le laboratoire de la marque ?
C’est un bel exemple de la mise en œuvre d’une idée partie du marché français. C’est une pièce développée à la demande de la filiale, elle propose un nouveau calibre automatique extra plat. En titane grade 5, elle donne naissance à une pièce d’une légèreté incroyable. Chaque territoire a ses coutumes et ses codes, mais des tendances mondiales se dessinent. Nous avons la chance extraordinaire que la France soit un des carrefours du monde et que le luxe y soit si intimement attaché. Et d’être adossé à une manufacture où la plus petite filiale peut être force de proposition.

www.franckmuller.com


Par
Carla Bernini
Photo : Yagiza Studio