NICOLAS ULLMANN, PÈRE NOËL ÉPICURIEN : « C’EST TOUS LES JOURS NOËL »

Conteur pour enfants pas sages, animateur de karaoké rock au NOPI (North Pigalle), Nicolas Ullmann est un animateur de nuit qui fait du bruit. Il nous donne sa recette de son réveillon rêvé. Entretien qui décoiffe.

Le 8 décembre, tu sors un projet de contes pour enfants rock, « un vent nouveau souffle sur le podcast pour enfant (prout) ». À l’approche des fêtes, pour toi, le réveillon aussi c’est rock’n’roll ?
Nicolas Ullmann : Évidement. Mon imbattable réveillon rock’n’roll, c’était le nouvel an 2015 à la maison. C’était tellement n’importe quoi que le lendemain, il y avait trois personnes qui dormaient dans ma baignoire. Mes plaques chauffantes étaient cassées, des gens sautaient sur mon lit. Erreur d’avoir commencé à boire avec mes amis, venus m’aider à préparer la fête, avec un magnum de vodka. Mais je n’avais aucune autorité. Super souvenir, mais je n’en ai plus jamais refait depuis ce moment-là.

Qu’est-ce qu’on y boit à cette soirée, à part du Jack Daniels ?
Je me souviens être tombé amoureux d’une fille qui m’a offert une bouteille de rhum arrangé au maracuja. Et j’ai donc noté son numéro de téléphone : « Fille rhum maracuja » pour la retrouver.

Tu as bâti ta propre famille rock ?
Oui, je l’ai appelée la « rock family ». C’était pendant le confinement, avec des proches qui habitaient près de chez moi, on se voyait tout le temps. On se faisait des petits dîners entre nous, et c’est un peu devenu ma vraie famille. Il faut gagner ses gallons pour en faire partie.

Et quelles sont les conditions pour y entrer ?
Avoir un sens des valeurs, le sens du mot épicurien. Notre devise ? « C’est tous les jours Noël ». Et moi j’ai créé une règle qui est la machine à remonter le temps. Parfois, nos emplois du temps ne nous permettent pas de fêter au bon moment certaines fêtes, donc nous jouons avec le temps, pour faire la fête quand on veut. Mon modjo dans la vie, c’est de transformer un accident pour en faire quelque chose qui reste un bon souvenir.

Qui sont les rockeurs qui boivent du champagne ?
Jacques Higelin, forcément, parce qu’il chante « Champagne », et c’est quelque part un rockeur, il est tellement fou. Et David Bowie, pour son côté dandy.

On a souvent l’image du rockeur brut de décoffrage, mais au fond, ne seraient-ils pas les plus raffinés ?
Ils ont une image de grosses brutes, mais ce sont les plus gros nounours, ceux qui écrivent les plus belles ballades. Mais les plus raffinés sont peut-être les Anglais. Ils aiment habiter les châteaux, porter du velours et de la dentelle en mangeant de la poularde avec des couverts en argent. Keith Moon, le batteur de The Who, en particulier, est aussi explosif qu’une bouteille de champagne.

Le cocktail du rockeur ?
Le Verdita, parce qu’il y a plein de piment, il est comparable à un ampli tourné sur onze.

Ton menu de rêve pour les fêtes ?
Je recommande le livre Cook and roll d’Audrey Basset. Ce sont des recettes en clin d’œil à des groupes de rock. On passe de David Brownie à Motorbread, ainsi qu’à Apérosmith, ou encore Iron Madeleine et Alica Coppa.



Et pour les lendemains de fêtes trop arrosées ?
Je ne conseille qu’une chose : la boisson qui remet une tête en place, c’est le Bloody Mary… Comme le chantait si bien Willie Nelson dans « Bloody Mary Morning », une de mes références ultime. Le tout avec des huîtres, mais ça, ça vient de moi.

Ta tenue pour Noël ?
La tenue du Père Hellman, évidemment. ! C’est le père Noël des enfants pas sages, je pousse les gens à faire des bêtises.

Qui sont les grands seigneurs dans le rock ?
Alice Cooper, Ozzy Osbourne, Elvis Presley.

Trois ingrédients pour la soirée pour toi et ta grand-mère ?
La plus réussie, c’est quand mamie Simone m’a emmené voir Johnny Hallyday pour ses 50 ans en 1993. Mon coup de foudre pour ce rockeur vient de ce concert complètement monumental.

Y a-t-il une star du rock qui est fan de pinard ?
Il y a des vignerons qui font des vins avec des noms de rock « Wine Against The Machine », etc. La plus raffiné reste la gamme de vin AC/DC.

Et si toi, tu devais sortir une cuvée, ce serait plus un moscato comme AC/ DC ou un vin rouge californien comme Kiss ?
Ah ah ! Oui, les gens sont toujours étonnés d’apprendre que les plus grands rockeurs peuvent aussi être de fins œnologues. Pour ma part, je sortirais un vin nature. Un Pet Nat blanc. J’aime bien le goût, j’ai l’impression de boire la vie.Un millésime spécial Kararocké !


Entretien Margot Pannequin
Photo Arnaud Juhérian