MARIE DELAGNES, MISS WILD STORIES « LA PHOTO PEUT REDEVENIR UN BEL OBJET DURABLE… »

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C’est promis ! D’ici quelques semaines / mois / années / décennies, nous pourrons à nouveau faire la fête ensemble. Mais comment immortaliser les retrouvailles ? La bande de Wild Stories a sa petite idée…  

Vous avez sûrement vu fleurir ces bornes boisées dans vos spots branchés préférés. Derrière ces boîtes design au flash surpuissant se trouvent deux professionnels passionnés de photographie, avec une envie commune de mettre à profit 10 ans d’expérience dans le visuel tout en y appliquant une conscience écologique particulièrement développée. Retour sur leur parcours et regard sur la suite avec Marie Delagnes, la cofondatrice. Say cheese ?

Vous commencez à être connus pour vos bornes photos écolos, locales et design. Comment est né le projet ?
Marie Delagnes : Avec Sébastien (Ruche, cofondateur de Wild Stories, ndlr), nous étions dans le visuel : j’étais photographe, et lui vidéaste. Après 10 ans, on a eu envie d’une nouvelle aventure. C’était l’époque où, dans l’événementiel, les bornes photos ont débarqué. On trouvait qu’il y avait des choses à améliorer, notamment le design des bornes et leurs matériaux. La qualité photo était, elle aussi, clairement améliorable. On a ajouté une lumière flash de studio pro pour que la qualité de la lumière soit toujours la même, qu’il fasse plein jour ou nuit noire. In fine, on a créé la borne que l’on aurait voulu avoir.

Le but étant ?
De capturer des moments de joie, d’amitié ou des souvenirs inédits.

L’idée, c’est d’avoir un pendant physique et durable à l’immortalisation instantanée offerte par son smartphone ?
Oui, mais c’est le concept même du photobooth en réalité. Alors oui, le réimplanter aujourd’hui, c’est proposer une autre alternative au tout digitalisé, mais… on n’a rien inventé (rires) ! On a juste apporté une solution mobile et éco-conçue.

Les réseaux sociaux et la captation permanente de la vie quotidienne ont désacralisé la préciosité de la photo… 
Qu’il y ait eu une désacralisation de la photo, c’est sûr. On mange énormément d’images numériques, on en voit partout et tout le monde en produit. Mais pour moi, l’objet imprimé reste, et restera, quelque chose que les gens aiment. C’est une utilisation différente. Les images numériques, on en voit tellement qu’on ne les voit plus ! Les photos imprimées, ça se garde : dans un album, comme marque page, sur un frigo… On garde une relation d’attachement, contrairement au numérique.

Donc, pas de soucis à se faire : la photo virtuelle ne fera pas disparaître la photo papier ?
J’espère que non (rires) ! En tout cas, personnellement, je suis très attachée au format papier, à l’objet. C’est pour ça qu’on a créé les bornes photo. J’espère qu’on gardera tous notre côté tactile, qui je crois, est très important. 

« LA PHOTO IMPRIMÉE FAIT APPEL AUX SENS. »

 

La dématérialisation fait renaître – on le constate avec les tendances vintage et rétro – des envies d’objets presque inutiles face aux réponses technologiques actuelles : machines à écrire, vieux argentiques ou tournes-disques. La photo renaît-elle dans ces pratiques et cet imaginaire teintés de vieux souvenirs en noir et blanc vintage ?
Tout à fait, je pense que les gens ont un besoin croissant de connexion avec les choses, de les toucher. Ce n’est pas pareil de prendre une photo dans sa main ou de la punaiser sur un mur et la consulter sur son écran. Le numérique, ce n’est qu’un visuel sans chair à la longue. La photo imprimée fait appel aux sens. 

Vous avez une conscience écologique : Wild Stories est une entreprise locale, à production limitée… C’était une condition sine qua non à la création de votre boîte ?
Oui. Nous avons choisi tous nos partenaires en fonction de cela. Nos bornes sont désignées et fabriquées à Bordeaux par des artisans designers locaux et dans des matériaux nobles (bois et métal). Le chêne qui constitue la « Wild Box » est issu de forêts durables d’Aquitaine. Leur personnalisation se fait sur une plaque de bois réutilisée ou gardée par le client, contrairement au plastique des stickers… C’est ce qu’on voulait, des conditions de fabrication locales, pour faire de beaux objets qui durent. Par la suite, on a créé des partenariats qui nous permettent, comme avec Reforestation, de planter un arbre pour chaque location d’une box. Dès le départ, c’était évident de donner du sens à ce que nous faisions… 






Vous faites tout en Aquitaine, vous êtiez originaire de la région avec Sébastien ?
Non, je suis de l’Aveyron. J’ai fait des études à Toulouse, puis je suis venue à Paris. C’est là qu’on s’est rencontrés avec Sébastien. On est venus s’installer ici quand on a eu le projet de partir après 10 ans. Puis c’était plus simple en région pour être proche de nos artisans. 

Vous êtes passés par des boîtes de conseils en éco-conception ou vous avez fait ça seuls ? 
On a fait ça seuls, on est une petite boîte, c’est faisable avec du bon sens et des recherches personnelles. On est en train d’adhérer à 1 % Pour La Planète, une association permettant de donner 1 % de son chiffre d’affaires à des associations. 

Vous êtes surtout connus pour votre participation à Quotidien. Comment vous êtes-vous retrouvés là-bas ?
Nous avons contacté l’équipe de Quotidien et ils ont été séduits. Ils mettent les photos prises avec la borne sur leur Instagram tous les soirs et les invités postent eux aussi, c’est comme ça qu’on s’est retrouvés sur l’Instagram de Victoria Beckham, d’Omar Sy ou de Guillaume Canet (rires) !

Vos bornes évoluent ?
Oui. Là, on vient de sortir le MoonWalker, qui produit un effet Bullet… Time… (rires). Pas « belette » hein, c’est difficile à prononcer. C’est une multicaméra qui produit l’effet Matrix, un effet de lévitation, comme dans le film : 11 appareils qui sont positionnés en arc de cercle et qui donnent une impression de vol. Il a une esthétique de soucoupe, les membres du Woodlabo sont forts, on est très contents. On a hâte de le sortir, que tout reprenne normalement. 

Et d’autres actus, sinon ?
On a une nouveauté, le Social Booth. Un produit avec lequel on a fait attention au design et à la qualité photo. C’est le petit frère de la Wild Box, il n’imprime pas et envoie des photos directement par mail comme le faisaient les autres. 

Le mot de la fin ?
J’espère que de plus en plus d’entreprises vont adhérer à des causes écologiques. Il faut s’engager, mener plusieurs combats à la fois. Mais ça bouge, de plus en plus d’entreprises sont conscientes… En espérant que la démarche soit sincère !

www.wildstories.fr

Par Carla Bernini

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