BOULI LANNERS : « JOSÉ BOVÉ EST UN SUPER-HÉROS »

Bouli Lanners José Bové

Dans le thriller politique Une affaire de principe, l’excellent Bouli Lanners incarne le député européen à moustache José Bové et affronte le lobby du tabac. Rencontre.

Comment va le jardin ?
Bouli Lanners : J’ai planté mes patates hier. C’était la dernière journée où c’était possible. Maintenant, il y a un peu de gelée, mais ce n’est pas grave parce que rien n’est encore sorti de terre. Et dès la semaine prochaine, il pleut donc c’est bon pour les semis. Et il va commencer à faire chaud donc tout va sortir.

Votre jardin a quelle superficie ?
En superficie potagère, je dois avoir 400 mètres carrés, ce qui n’a pas l’air énorme, mais c’est déjà beaucoup. Et on fait des conserves naturelles, pour pouvoir conserver les légumes, avec saumures, bocaux…

Ça veut dire que vous êtes tous les jours dans le jardin ?
En février, on plante les oignons, les fèves. À ce moment, on a encore des légumes d’hiver dans le jardin, de la mâche, des poireaux d’hiver… Quand on fait une bonne rotation, on a des légumes toute l’année, pratiquement avec des pics évidemment, à la fin de l’été,. Et une fois que la saison a commencé comme maintenant, on y va tous les jours.

Mais comment faites-vous pour le boulot ?
Ben justement, je lève le pied.

C’est ce que j’avais cru comprendre.
Je vais faire un petit break de deux ou trois ans, je pense. J’ai besoin de temps, notamment pour m’occuper du théâtre de marionnettes, La Couverture chauffante, dont je m’occupe avec mon épouse. Et puis aussi pour peindre et jardiner.

Mais comment va-t-on faire sans vous ?
Mais il y a encore des choses qui vont sortir. Le film d’Antoine (Raimbault, NDR), Une affaire de principe, puis la saison 3 d’Hippocrate au mois de septembre. Mais si on propose un truc génial, je le fais ! J’ai envie de me ressourcer. Il faut que je retrouve des connexions avec la vraie vie, pouvoir m’emmerder, écouter des gens, me retrouver dans des situations rocambolesques. Je veux prendre le temps et ne plus être dans la dictature d’agenda permanente.

Quel genre de peintures vous faites-vous ?
De grands paysages à l’huile ou à l’acrylique, avec beaucoup de ciels, des paysages industriels ou des grandes plaines avec un ciel très présent. J’ai fait des cadavres décomposés aussi…

Et vous vendez ?
J’ai fait une expo l’année passée à Bruxelles et j’ai tout vendu.

Et ça coûte combien pour avoir un Bouli dans son salon ?
Entre 7 et 10 000 €.

Dans Une affaire de principe, c’est votre vraie moustache ?
Ouais, c’est ma moustache. J’ai laissé pousser un peu, par contre, il y a eu un travail de teinture sur les cheveux aussi, puis on a coupé ma barbe. Il fallait absolument retrouver ce blond, parce que José est quelqu’un qui est très identifié.

La moustache d’Astérix.
C’est vraiment ça, le Gaulois résistant !

En France, on nous a toujours vendu José Bové à la télé comme un personnage rigolo, pittoresque. Mais là, c’est un super héros.
Mais c’est vraiment un super héros ! José est un juriste qui est né à Berkeley, qui parle parfaitement l’anglais, c’est quelqu’un qui maîtrise l’image, qui sait communiquer, c’est un orateur, un tribun, ce n’est pas du tout la personne qu’on essaie de nous présenter à la télé. C’est quand même lui qui nous a fait découvrir les OGM, qui nous a parlé de Monsanto les premier, du gaz de schiste. Il a fait interdire le gaz de schiste en France quand même ! Et tous ses combats ont toujours été faits sans aucune violence !

Vous l’avez rencontré pour le film ?
Bien sûr. Je suis monté sur le Larzac avant le tournage. Puis nous sommes devenus proches. C’est quelqu’un qui m’impressionnait et que j’admirais quand j’étais plus jeune. C’est maintenant mon ami.

Politiquement, vous vous sentez proche de José Bové ?
Je pense que José est fondateur dans mon militantisme à moi. Du Larzac au démontage du McDo, je l’ai toujours suivi. Donc oui, je me sens très proche de lui. Et c’était très gai pour incarner quelqu’un qu’on aime à ce point-là.

Le ton du film oscille entre l’humour, avec des moments de pure comédie, et puis le côté thriller qui évoque Les Hommes du président.
Je pense que c’est Antoine serait très content s’il l’entendait, car en préparation, il parlait tout le temps des Hommes du président, c’était sa référence.

J’espère vous revoir bientôt au cinéma.
Oui, rassurez-vous, je reviendrai. Je ne fais pas mes adieux. Je fais juste un petit tour et je reviendrai.

 

Une affaire de principe d’Antoine Raimbault
Sortie en salles le 1er mai


Par Marc Godin