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ZAHIA DEHAR “ JE DÎNE SEULE SI J’EN AI ENVIE ”

Zahia Technikart

Londres, ses comptoirs houblonnés à s’en coller les doigts et ses légumes mous comme des chiffes. Zahia Dehar, plus libre et vegan que jamais, y a posé ses valises, non sans une pointe de nostalgie pour son Algérie natale et ses fruits gorgés de vie.

Si vous vivez à Londres aujourd’hui, c’est pour échapper à la pression de votre notoriété parisienne ? 
Zahia Dehar : Vous savez, quand j’y songe, j’ai toujours eu la chance de ne croiser que des gens bienveillants et extrêmement agréables dans la rue… Si j’ai déménagé à Londres, c’est vraiment parce que j’aime l’aventure, que j’ai eu envie d’apprendre l’anglais, et que j’ai adoré l’atmosphère de cette ville. Désormais, j’y prends des cours de théâtre.

Il y a quelques années, vous aviez posé devant l’objectif de Bryan Adams pour une campagne de la PETA… Est-ce que vous étiez déjà végétarienne ?
Z.D. : Bien sûr ! PETA ne prendrait jamais de personnes qui ne sont pas réellement militantes.

Comment avez-vous décidé, d’ailleurs, de devenir végétarienne ?
Z.D. : Depuis toute petite, déjà, je n’ai jamais compris pourquoi il était normal de tuer un petit animal qui souffre tout autant que nous, dans le seul but de se nourrir. J’ai une grande admiration pour ceux qui consacrent leur vie à sauver des animaux, je me sens tellement minable à côté d’eux ! Un jour, pour un défilé de la Fashion Week programmé dans le Palais de Tokyo, j’arrivais dans une calèche avec un agneau. Il était magnifique, tellement tendre… L’éleveur l’a repris et le lendemain, je me suis réveillée en pleurs, j’étais effondrée. J’ai décidé de tout faire pour l’adopter, mais on m’a dit qu’il avait eu une crise cardiaque. À partir de ce jour-là, je me suis dit que je ne pouvais plus manger de viande.

Quelle est, pour vous, la différence entre vie animale et vie végétale ?
Z.D. :
Si les gens font preuve d’une sensibilité extrême, au point de se dire qu’une tomate ou une carotte peuvent souffrir, je me dis qu’ils doivent être totalement effondrés lorsque l’on prend la vie d’un agneau. C’est tout.

Qu’aimez-vous dans la cuisine végétarienne ? Quelles saveurs vous a-t-elle permis de redécouvrir ?
Z.D. : C’est facile de cuire un steak ou préparer un poisson, puis de mettre des pommes de terre à côté. Mais jouer avec les saveurs en utilisant seulement des légumes est beaucoup plus compliqué. C’est ce que j’ai toujours adoré. J’ai grandi en Algérie et ma mère cuisinait déjà très peu de viande, au final. Une fois par mois en moyenne, quand on avait des invités.

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Quel est votre met préféré, en matière de cuisine algérienne ?

Z.D. : Un plat génial mais méconnu : le karantika. Il se vend partout dans la rue et on le mange sur le pouce, en général. C’est un genre de flan préparé à base de farine de pois chiches, à grignoter avec du pain ou de la harissa. Parfait pour un végétarien !

« LE PROBLÈME, C’EST QU’ON A OUBLIÉ LE GOÛT DES FRUITS ET LÉGUMES »

Il y a une certaine sensualité dans le dessin de certains fruits comme l’aubergine ou la poire… C’est magnifique dans la texture, dans les courbes !
Z.D. : Ah, mais complètement. Je suis une folle hystérique lorsqu’il s’agit de fruits, de toute manière. Une fois, à la fin de l’été, ma mère m’a vue péter les plombs parce que je n’avais pas pu manger assez de pastèques (rires). Le problème, aujourd’hui, c’est qu’on a oublié le vrai goût des bons fruits et des bons légumes. Les clémentines, juste en les épluchant, on devrait avoir ce parfum qui envahit la maison ! Et je ne vous parle même pas de Londres : là-bas, c’est une vraie mission pour trouver des légumes de saison, avec du goût.

On imagine mal votre vie à Londres. Vous faites vos courses ? Vous cuisinez ?
Z.D. : Je ne cuisine pas, à chaque fois que j’essaye, c’est catastrophique. Je mange à l’extérieur, même seule.

Vous pourriez dîner seule à Paris ? On vous laisserait tranquille ?
Z.D. : Dans l’imaginaire collectif, quand on est connue, on est forcément très entourée et on ne peut pas aller seule au restaurant. Si je le fais, les gens vont se dire : « Oh, pauvre Zahia, en fait, elle n’a pas d’amis ». Mais moi, j’aime bien parfois être la « pauvre Zahia » ! Ça m’est égal, je dîne seule si j’en ai envie. J’aime cette idée, cette liberté. De la même manière, à Paris, je ne pourrais pas me permettre d’être saoule par exemple, et de danser sur la table. À Londres, c’est possible.

Et quels sont les bons spots food londoniens ?
Z.D. : Je vais chez Harrods, parce que c’est à côté de chez moi. Ça n’est pas toujours très bon, hein… Et vraiment pas donné !

Aujourd’hui, vous avez d’autres projets de films ?
Z.D. : Rien dont je pourrais vraiment parler pour le moment, parce que ce n’est pas officiel. Mais oui il y en a, et j’espère aussi passionnants qu’Une Fille Facile, le film de Rebecca Zlotowski dans lequel je tenais le rôle principal l’année dernière.


Par Olivier Malnuit

Photo Julian Torres