VINCENT FRÉDÉRIC-COLOMBO : « UNE DÉMARCHE ÉDUCATIVE »

Vincent Frédéric-Colombo

DJ et cofondateur du duo artistique La Créole avec Fanny Viguier, Vincent Frédéric-Colombo est le fondateur de la marque C.R.E.O.L.E.

Tu es co-fondateur du collectif inclusif La Créole. Lancer C.R.E.O.L.E c’était une autre façon de militer ?
Vincent Frédéric-Colombo : Avec Fanny, on avait montré des premières créations de vêtements en 2014. Je voulais casser l’image de la carte postale coloniale. C’est presque une démarche éducative.

Tu te considères comme influenceur ?
Je suis créateur, donc j’exerce une influence sur la notion du goût. Mais en tant que personne civile, je n’en ai pas l’impression. Néanmoins j’ai constaté que je marque souvent l’esprit des gens. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise influence. Tout dépend de qui la reçoit.

La mode est-elle plus accessible ?
Les réseaux ont permis de démocratiser la communication. On n’a plus à passer par des médias ou bureaux de presse pour communiquer sur notre existence. 

Le nom C.R.E.O.L.E signifie également « Conscience Relative à l’Émancipation Outrepassant Les Entraves ». Pourquoi ?
Le terme « créole » a été apposé aux populations de la deuxième génération d’arrivants sur les territoires et, pour certains indépendantistes, c’est un terme qui devrait être proscrit. À travers ce nom C.R.E.O.L.E, je voulais que ce soit une reprise du pouvoir sur ce que l’on veut qui soit dit et retenu de nous. 






La mode s’affiche de plus en plus inclusive. Tendance marketing ou réel changement ?
La mode contribue à changer les mentalités, même si ça reste dans un angle qui semble distractif. Afficher des identités différentes des identités standardisées, permet de montrer que des incarnations autres que l’hétéronormativité sont possibles. Ça n’est pas forcément tendance, mais davantage compris.

Quel avenir pour la mode ?
Aujourd’hui, il y a une notion politique et consciente dans le choix d’un vêtement. Il y a une logique d’être un peu plus proche du réel. L’avenir de la mode sera quelque chose qui se veut plus humain.

@vincentfredericcolombo

EntretienMargot Ruyter
Photos Alexandre Lasnier