POUBELLO : LES FESSES « ENHANCED » DE KIM 

Les Fesses « enhanced » de Kim

Paire de fesses bombastique, jockstrap dernier cri et style uber-blonde, de quoi le nouveau look de Kim K. est-il le nom ? Notre body-spécialiste s’est penchée sur le sujet. Décryptage.  

Peut-on parler de la dernière couverture de Kim Kardashian pour le magazine Interview ? Cette photo, avec ses fesses en gros plan, une taille six fois plus petite, des faux sourcils, et le drapeau américain en fond, bien sûr. « Approved by America » ! Et nous sommes là, nous autres spécialistes du bien-être, à penser que l’on peut avoir un corps sain et naturel, avec juste une dose de travail régulier. Naïfs que nous sommes ! Heureusement que pendant que nous nous affairons à essayer d’aider les autres à créer de bonnes habitudes, Madame Kardashian est là pour nous remettre dans le droit chemin et les idées au clair ! Puis-je mentionner l’aspect douteux de ces fesses-là ? Ayant passé ma vie dans le domaine du mouvement à observer des corps, je sais qu’une créature à la « taille mannequin » et aux hanches balles de basket, ça n’existe pas. Alors allons-y, créons des physiques absurdes, et imposons de nouveaux idéaux de beauté irréalisables (et irréalistes) ! Faisons croire aux jeunes filles que le beau, c’est cela. Donnons-leur des obsessions supplémentaires : l’ère des réseaux sociaux n’est apparemment pas déjà assez compétente dans ce domaine. 

LA MAIN AU PORTEFEUILLE

Alors oui, on pourrait dire que Madame Kardashian fait ce qu’elle veut, après tout, c’est une femme libre. Le problème voyez-vous, c’est que cela n’engage pas qu’elle. En faisant la promotion à ses millions de followers de ces injections diverses, pour ne pas dire d’implants, elle incite à avoir recours à des pratiques qui sont en fait dangereuses. Les effets secondaires de celles-ci sont, entre autres : ecchymoses, hématomes, hyperpigmentation, granulomes, infections, et embolies. Au moins, on y gagne niveau Scrabble. 






Elle incite aussi les femmes, dans une ère où l’on met l’accent sur le « Women Power », à dépenser l’argent qu’elles gagnent durement dans des procédures aberrantes. En tant que femme entrepreneure, c’est là qu’est ma limite. Quelle hypocrisie que cette femme, modèle de féminisme auto-proclamé, promeuve implicitement la perte de temps, d’énergie, et d’argent que de telles interventions impliquent. « Travaillez dur, les filles, vous serez libres de vous payer vos implants vous-mêmes ! » C’est inspirant, n’est-ce pas ? Et qu’en est-il de cet inversement des valeurs qui suggère que tout vient facilement à qui met la main au portefeuille, au lieu d’à point à qui sait attendre ? Ne tuez pas le messager, mais pour un corps sain, ce n’est pas le bistouri qui fonctionne, c’est le travail régulier. Non, tout n’est pas facile, et non tout ne se règle pas avec quelques milliers d’euros. Mais n’est-elle pas là, la bonne nouvelle ? L’idée que chacune d’entre nous peut commencer à travailler sur le corps qu’elle souhaite, pour se sentir bien avec et pour soi, et non pas parce qu’une fille pourrie gâtée et qui s’ennuie au bord de sa piscine à Los Angeles nous l’aura dicté. Finalement, il est là, le vrai féminisme.


Par
Julie Granger
Photo : Nadia Lee Cohen (Interview)