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Marjorie Paillon : « Le live a encore de beaux jours à vivre »

marjorie paillon

Selon la spécialiste du digital de France24 Marjorie Paillon, l’âge d’or de la télévision, c’est pour maintenant. Interview télécommandée.

Les audiences TV pendant le confinement ont surpris tout le monde. Le live a-t-il un futur ?
Marjorie Paillon : Le live a encore de beaux jours à vivre. Il rassure le téléspectateur. Pendant le confinement, il était le dernier lien qui nous ralliait au monde extérieur. Le live s’est adapté rapidement ! Des émissions de flux se sont transformées en vidéos-confs dans la cuisine de Cyril Lignac qui faisait du direct… On a vraiment pris deux ans d’évolution digitale en deux mois. Avant la Covid, on ne se disait pas que le live pouvait être investi pour autre chose que les standards du sport ou du JT. Maintenant, on le sait.

Ce qui manque au Paysage Audiovisuel Français en 2020, selon vous ?
Le plus important aujourd’hui, et qui est à apprendre de Netflix, c’est le casting de diversité. Le téléspectateur veut voir du vrai, du réel. On veut être concernés ! Si la curiosité des futurs consommateurs de contenus n’est pas éveillée, ça ne marchera jamais. Comment la création peut-elle être valorisée alors que les budgets sont restreints ? Follow the money ! On sait faire des productions de qualité en Europe : on a des choses superbes en matière de création en Italie, en Espagne ou encore au Portugal. La question, c’est de savoir si on ne peut pas mettre des producteurs, des distributeurs, des diffuseurs et des créateurs européens autour d’une seule et même table pour enfin pouvoir créer une plateforme qui regrouperait tous ces maillons de la chaîne. Voilà ce qui, selon moi, permettrait d’être à l’échelle des mastodontes Netflix, Amazon ou HBO.

Comment Salto — plateforme bâtie par les groupes TF1, M6 et France Télé — pourrait changer le PAF ?
Quand il y a de nouveaux entrants, il faut veiller à les faire évoluer sans les forcer à se plier aux règles des anciens. Salto est quand même un exploit ! Que deux acteurs privés et un public s’allient de la sorte, c’est du jamais vu. Il faut dire que le projet n’a pas été aidé en perdant près de 18 mois à cause de la législation française qui sabote elle-même la création par sa complexité… Tout va dépendre des contenus. Comme toujours !


Par Carla Thorel