LES 10 PLAIES DU MACRONISME

Emmanuel Macron Technikart

Va-t-il se représenter ou pas ? Chez Technikart, on a du mal à se passionner pour ce feuilleton. Néanmoins,dans un esprit d’ouverture, voici quelques idées, Manu. 

On allait voir ce qu’on allait voir. En 2017, un jeune leader sans œillères – il avait été banquier d’affaires et ministre d’un gouvernement socialiste – se faisait élire sur un programme qui voulait moderniser la France, la libéraliser, et la sortir de l’ornière du repli sur soi qu’incarnait son adversaire au second tour.

Compétence, efficacité, apaisement ; telle était la triple promesse du macronisme. Son gouvernement formé de membres de la société civile et de professionnels de la politique venant aussi bien de la droite que de la gauche, est loin d’avoir évité les erreurs et les ratages. 

La croissance, Alpha et Omega de l’efficacité libérale… Ben, il n’y en a pas eue.

Et l’apaisement, comment dire… À la place on a eu les « Gilets Jaunes », les plus longues grèves des transports de l’Histoire, et pour finir trois confinements et accessoirement une explosion de la dette publique, traditionnelle bête noire des libéraux. La conjoncture n’est pas toujours tendre avec les idéalistes. Même avec les idéalistes centristes.

On vous épargne la participation aux Régionales, la pétition de militaires ou la manif des policiers à bout, qui n’influencent pas directement nos vies, mais posent de sérieuses questions sur l’état de notre démocratie. En les comptabilisant, ça ferait six problèmes. Et si l’on s’en tient au titre de cette chronique, on aurait donc déjà subi le plus gros des plaies du macronisme. Qui vont par dix, si l’on en croit l’exemple biblique.






Comme l’affirmait Benoît Hamon sur France Inter en mai dernier : « Un contexte politique en 2022 n’a pas grand chose à voir avec celui de 2017. Emmanuel Macron est loin d’être un rempart à l’extrême droite ». Pour lui, il est le président auquel on doit « les lois liberticides, la diabolisation de la gauche et des écologistes, la banalisation des idées d’extrême droite. » On peut nuancer les propos de l’ancien candidat socialiste, voire même lui opposer que du haut de ses 6 % à la dernière présidentielle, il n’est pas le mieux placé pour donner des leçons de tactique politique. Mais l’on peut difficilement prétendre qu’il a complétement tort. 

COMME PAR MAGIE

Face à toutes ces catastrophes, l’ancien premier ministre Édouard Philippe, venu de la droite, mais pondéré et réaliste, se retrouve à incarner un libéralisme plus centriste que celui du président actuel. Au point que certains, même à gauche, le voient comme un recours. Pendant ce temps, les millions de Français de gauche qui ont voté Macron au premier tour en 2017, pour ne pas avoir à voter Fillon au second, sont tellement dépités qu’ils semblent avoir disparu des sondages comme par magie. Les députés estampillés un temps macronistes de gauche sont quant à eux devenus un sujet de moquerie chez les spécialistes de la politique et un oxymore pour les autres.

Bref, si l’Emmanuel Macron de 2017 devait glisser un bulletin dans l’urne en 2022, il est fort à parier qu’il préfèrerait voter blanc que de faire réélire le Président Macron dont notre imagination peine à deviner ce que seront les quatre plaies de son second quinquennat : nouvelle pandémie, effondrement des finances publiques… Et, en toute logique, le plus simple, afin qu’il reste cohérent avec lui-même et ses promesses passées, serait qu’il ne se représente pas.


Par 
Jacques Braunstein
Illustration Hélène Guimberteau