Tesla Model 3 : les geeks ont enfin leur muscle car !

La Tesla Model 3 est-elle le game changer promis de longue date ? Enfin dispo en France – ici dans une version premium – l’ambitieuse berline californienne a électrisé notre journaliste. 

Ça commence comme dans une pub Werthers Original’s. « Je me souviendrai toujours, le premier après-midi où j’ai conduit la Porsche de mon tonton. Cette sensation de puissance, ce petit goût d’immortalité et ce bruit des vitesses qui claquent sous mes doigts… Dis tonton, je peux lécher la calandre ? »

Depuis, j’en ai sucé… euh testé, des bagnoles. Mais aucune ne m’avait ému avec la même intensité. Même les BMW modèle M, qui, comme chacun sait, sont au plaisir automobile ce que le caramel au beurre salé est aux joies du palais. Aucune, donc, jusqu’à ce radieux jour d’avril 2019.

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La 911 du nerd

Heureux testeur d’une Tesla Model X pour le n°217 de Technikart, je m’installais aux commandes de cette Model 3 Performance Dual Motor avec confiance. Présentée comme la familiale abordable de la marque au T – vendue pour moins de 35 000 $ aux US – cette Model 3 sport (accessible à 48 600 € en France) est en réalité… une Porsche-killeuse.

On est loin de la caisse à mioches, dont les tapis de sol seront bientôt jonchés de bouts de chips, légos, crayons et vomit. En regardant le beau cuir vegan synthétique de la plage arrière, on a vraiment, vraiment pas envie d’y voir gerber le petit dernier.

Avec son design « sleek » (lisse/onctueux) et son intérieur minimaliste, elle a tout du gros joujou pour geek. Désormais, votre téléphone est non seulement une clé, mais aussi un volant qui permet de l’avancer/reculer de quelques mètres, en position de parking. Captain, votre voiture télécommandée pour adulscent en manque de kiff est avancée ! Energize !

0 à 100 en 3,2 secondes, sensation de puissance immédiate, fun garanti, envie irrépressible de la tester sur circuit… tous les ingrédients sont là pour offrir aux geeks ce dont ils ont toujours rêvé : une sportive sécuritaire, faite pour frimer sans en avoir l’air.

 

Learning curve

Pour autant, tout n’est pas parfait dans ce cockpit. L’esthétique et le mythe-marketing créé par Tesla suscitent tant d’attentes… qu’on est parfois déçu que tout ne se fasse pas tout seul !

Quoi !? Pas de chargeur de portable à induction (sans fil) !? Quoi !? Pas de commande vocale générale en mode « Hey Tesla ! Fais ceci, fais cela… » !? Quoi !? On ne peut pas ouvrir le coffre d’un mouvement de pied sous le châssis !?

Non, mais oh coco, tu t’es cru chez Bentley ? T’achètes pas juste une bagnole ici : tu fais un don à la startup qui va sauver l’humanité ! Cette caisse, c’est un statement. Et puis, tu peux toujours te plaindre sur Twitter et attendre qu’un ingénieur californien fasse les updates qui vont bien. J’t’ai cassé.

Ah oui. Mais bon, quand même… on se demande pourquoi avoir concentré toutes les commandes dans un seul écran où tout se mélange. On passe son temps à le mater et on en oublie la route ! Il manque juste une tête haute ou un écran derrière le volant pour le GPS, histoire que la page de Deezer ne remplace pas Google Maps. J’en ai raté 3 fois ma sortie !

Excuse-moi Elon, mais je me sens un peu con. Où est le Warning ? Comment je fais un appel de phares ? Et puis, mettre un seul bouton au volant pour tout contrôler… ça me demande trop de temps de cerveau disponible. Pourquoi ne pas avoir tout simplement rapatrié des commandes sur le volant, via quelques boutons, façon F1 ?

T’inquiètes pas petit padawan, avec un peu, d’entraînement, tu comprendras : ça s’appelle la lurning curve (la courbe d’apprentissage). « Sous 2 semaines, la grande majorité des conducteurs est très à l’aise », me promet-on au service communication. Un argument vérifié et validé auprès de Boubakar, taxi-tesla parisien.

Un doigt suffit

Assez de mesquinerie. Il est temps de prendre son pied. De 80 à 130 km/h en ouaaaaaoouuuu secondes. Sur la voie de gauche, j’enclenche l’auto-pilot et je lâche le volant… juste le temps de me gratter les cou…des avant que l’écran n’exige « d’exercer une légère pression sur le volant ». Heureusement, au volant comme au lit, un seul doigt suffit !

Pendant que la bagnole s’auto-parke, j’ai tout le loisir de choisir un peu de musique. Tiens ? Google se lance en Hollandais. J’ouvre Deezer et envoie flow. Tiens ? Cette voiture a des envies de Snoop Dog ! Mais dis donc… serait-ce la voiture du rasta blanc ?

Jacques Tiberi