Paris In The Sky With Diamonds : rendez-vous au Paris International Festival of Psychedelic Music

©Hellena Burchard_day one_50 2

« Trop de festivals », c’est un peu la phrase qu’on a tendance à entendre partout. Des têtes d’affiches qui se ressemblent toutes, des fonds toujours plus difficile à trouver et un pass 3 jours chaque année un peu plus cher, les festivals n’ont pas la vie si facile qu’on imagine. Une solution : se distinguer et miser sur un genre précis. Pour sa seconde édition, le Paris International Festival Of Psychedelic Music, petit nouveau sur la scène parisienne a réussi un joli pari : une programmation innovante, plus spécialisée, misant sur un public de mélomanes et un tremplin pour les groupes psyché. On a rencontré ses programmateurs, qui nous livrent la recette pour bien réussir une entrée dans le monde des festivals.

Deux amis à l’origine, Tom Le Bourhis et Michael Mateescu, qui partagent une même passion pour la musique psyché’, c’est comme ça qu’est né le Paris International Festival Of Psychedelic Music (PIFPM). Le projet vient à l’origine d’un collectif de soirée, Refraktion, basé à Londres et Paris, dans lequel travaillent Tom et Michael. Dès décembre 2013, ils ont l’idée de faire un festival, « c’était la suite logique ». La place était libre à Paris : à part le célèbre Austin Psych Fest ou encore le Lévitation France d’Angers, personne n’avait dédié entièrement un festival à la culture psyché, bien au delà de l’énergie iconoclaste des sixties. La première édition, en juillet 2014, reçoit un très bon accueil du public – près de 5000 personnes, nationaux et internationaux – comme des médias. Et niveau programmation, le PIFPM mettait déjà la barre haut : The Soft Moon, Forever Pavot, Wall Of Death ou encore Zombie Zombie. « Tout le monde se demandait qui était derrière le projet », raconte Tom, l’un des trois directeurs artistiques. « Et puis, on avait choisi de faire la communication en anglais, ça rendait le festival encore plus mystérieux » ajoute Laurie Chalureau, qui rejoint l’équipe cette année.

« On avait pas beaucoup d’argent, on devait faire des choix ». L’équipe du PIFPM réussi donc son pari, celui de miser sur une programmation variée, insistant sur toutes les nuances de cette culture psychélique. « La culture psyché, c’est aussi à travers le cinéma et l’art. On ouvre le festival le festival avec une exposition, à la Galerie Huit : des collages, des tableaux et une installation vidéo » détaille Laurie. On retrouvera aussi une partie cinéma à la Gaité Lyrique, avec le documentaire sur les Doors, The Doors Feast of Friends, réalisé par Jim Morisson en personne, qu’il envoie à un ami peu de temps avant sa mort.

En ce qui concerne les groupes, « psyché’, ça veut tout et rien dire, tu peux en trouver un peu partout ». On a bien vu Allah-Las et Django Django au We Love Green, ou encore Pond et Tame Impala dans la programmation de Rock en Seine. Pour cette édition, le PIFPM ratisse large et donne carte blanche aux labels – en témoigne la soirée Born Bad Records le 2 juillet. Résultat ? Un joli mélange où l’on passe de la pop psyché des années 1960 de Dorian Pimpernel au garage psyché de The Feeling Of Love – mené par Guillaume Marietta – en passant aux notes afrobeat et groovy de Casamance. « On essaie en plus d’avoir l’exclusivité », précise Tom, comme King Gizzard and The Lizard Wizard, un groupe australien à la croisière entre Thee Oh Sees et Pond. Dans la programmation, une petite place est faite à l’électro – avec un after le deuxième soir en compagnie de Tomas More – et on retrouve une très bonne tête d’affiche, The Horrors. « Gros groupe, grande salle : on a donc choisi le Trianon » explique Laurie.

Les groupes qu’ils auraient aimé avoir dans la liste ? « The Growlers, qu’on a loupé de peu, ou encore Temples ». En attendant, l ‘équipe souhaite se lancer dans d’autres rendez-vous ponctuels dans le courant de l’année, à Paris ou encore à Londres. « On a lancé Cosmos, pour avoir d’autres groupes psyché qui ne pouvait pas être là pour le festival, The Holydrug Couple par exemple. On va aussi faire des collaborations avec des festivals, comme le FIFIB, le Festival International du Film Indépendant de Bordeaux». Et pour la suite ? « Une troisième édition, forcément ». Alors en attendant, on écoute la playlist, on leur dit bravo et on se donne rendez-vous dès mercredi.

                                                                                                                                  Alice Froussard

 

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Paris International Festival of Psychedelic Music
A partir du vendredi 26 juin (exposition à la galerie Le Huit), puis projection du film des Doors le 1er juillet (à la Gaîté Lyrique) et concerts du 2 au 5 juillet (La Machine du Moulin Rouge, la Maroquinerie, le Trianon, le Point FMR…)
Soirée de 17 à 35 €, pass 3 jours 80,50 €




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