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« PARDON… J’AI LAPSUSÉ ! »

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Les excuses des politiques après des propos polémiques se ramassent à la pelle. Une tendance accrue sous la macronie. Bienvenue à l’ère de « la génération pardon ». Mais pourquoi ce besoin de rétropédaler dans la semoule au juste ?

Le 3 mai 2019, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, prend la parole pour s’excuser publiquement pour avoir utilisé le terme d’« attaque » pour désigner l’intrusion survenue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière lors des manifestations du 1er mai 2019. Le président Macron, quant à lui est un habitué des mea-culpa présidentiels, de « l’erreur » de l’embauche d’Alexandre Benalla en passant par tous les « gaulois réfractaires au changement » qu’il s’excuse d’avoir blessé avec ses « petites phrases » désormais célèbres. Marlène Schiappa, François Fillon, Murielle Penicaut, Agnès Buzyn, François-Xavier Bellamy… Les politiques qui battent leur coulpe après échecs, lapsus et autres petits commentaires qui font polémiques sont légion. Pardon d’être désobligeant, pardon d’être sexiste, pardon d’être con… Plus personne ne semble vouloir assumer ses avis tranchés et ses paroles… Exemple symptomatique de cette « génération pardon ».
On peut imaginer que les politiques craignent la sanction qui pourrait altérer leur côte de popularité ou pire, contaminer les urnes ! Ils risquent la web-guillotine médiatique quand les Twittos s’indignent à coups de « hache-tags ». L’opposition crie à la destitution. Dans un climat de défiance à l’égard du politique et de tensions sociales exacerbées après la crise des gilets jaunes, chaque pas de travers peut se transformer en étincelle qui risque de faire cramer la baraque. Le pardon devient un coup de com tout comme un moyen de faire taire toute polémique. « Regardez, je suis gentil !
Je m’excuse ! ». Retour dans la cour de récré, quand on demandait pardon d’avoir piqué des billes ou jeté des cailloux sur les CE1, pour éviter le mot aux parents.

 

TWEETS ACIDES

À la société plus exigeante à l’égard de ceux qui la représentent ? Aux vilains médias toujours en quête de polémique pour faire le buzz ? Ou tout simplement à eux-mêmes, ceux qui parlent et tweetent trop vite avant de s’en bouffer les doigts et de battre leur coulpe ? Probablement un peu de chaque.
Mais si la rhétorique du pardon est devenue la norme pour la République en Marche qui peine toujours à assumer des avis tranchés avec ses positions supposément fédératrices d’entre-deux et « d’en même temps », elle est moquée par les populistes qui n’en ont cure. Trump, Bolsonaro, Boris Johnson et compagnie font de la provoque et des Tweets acides leurs marques de fabrique. Ils ont bien compris que le buzz médiatique était de l’huile pour leur moteur électoral. Ils ne s’excusent pas d’être eux-mêmes : fiers d’être isolants. Et puis, à quoi bon s’excuser quand il y a d’autres gens pour s’excuser à leur place ? À l’instar de Paolo Coelho qui a demandé pardon aux français et à Brigitte Macron pour les propos offensants de Bolsonaro.
Alors qui sera le prochain élu de la République à s’excuser d’avoir eu des propos qu’il pensait secrètement ? Les paris sont ouverts. Quant à nous on dit « Pardon la classe politique française pour t’avoir offensé ». Convainquant ?

 

Pierre-Lou Quillard