Noël Godin : « BHL, c’est l’arrogance nombrilesque »

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On dit souvent que les amis c’est pour la vie. Il semblerait que les ennemis aussi. L’entarteur belge, Noël Godin, a de nouveau fait profiter de ses talents culinaires au doux visage de Bernard Henry-Lévy. Au cours d’une rencontre, ce samedi 30 mai, avec Jan Fabre dans l’église Saint-Loup de Naumur, le « philosophe » s’est retrouvé une énième fois le visage plein de chantilly. « Acte fascisant » ou simple acte militant ? Godin dit Le Gloupier a répondu à nos questions.

Entarté – entre autres, au festival de Cannes, à la radio, et maintenant à l’église -c’est la 8ème fois que ce pauvre Bernard Henry-Lévy se prend une tarte en pleine face. Pourquoi ?
BHL incarne pour nous l’arrogance nombrilesque, le narcissisme méprisant, imbu de pouvoir. Vous n’imaginez pas le nombre de chauffeurs de taxis ou de garçons de restaurant qui nous ont raconté le mépris ressenti face à ce personnage. Ce genre de personne mérite amplement un entartage.

Que répondez-vous à BHL lorsqu’il considère votre acte, comme un « acte fascisant » ?
Le fascisme, c’est ce qui écrase les autres, ce sont les violents, les détenteurs d’autorité comme lui. Nous sommes des terroristes burlesques, pas des vrais terroristes. Et si nous sommes violents, c’est une violence symbolique, une violence des vieux films comiques. La seule douleur que ressentent nos victimes se trouve dans leur égo. La violence et le fascisme sont en face de nous.

Comment s’est déroulé « l’opération BHL » samedi ?
Assez difficilement, il était sur ses gardes et le dispositif de sécurité était assez corsé. On risquait d’être fouillé et de voir nos caméras interdites. On a veillé à avoir plein de complices dans la salle pour filmer avec leurs portables. Les entarteurs ont fourré leurs tartes dans leurs culottes et la chantilly dans leurs manches. Il a fallu que je reste caché dans la ville, car ma présence aurait pu être signalée à BHL et l’événement annulé. Au moment opportun, j’ai surgi dans l’église Saint Loup de Namur et là ce fut l’ouragan pâtissier : des complices et des pétroleuses agacées par le sexisme de BHL ont surgi de partout, et ont entarté son visage.

Vous ne craigniez pas des risques judiciaires ?
Il est question dans les médias qu’une plainte soit peut-être déposée. Pas par BHL lui même, ça serait une catastrophe pour son image, mais par le musée Félicien Rops. Se retrouver devant les tribunaux face à lui serait magnifique ! Nous aurions un grand procès comique, nous essayerons d’avoir nos amis humoristes, Christophe Alévêque ou Daniel Prévost avec nous. Le procès ubuesque de Bernard Henry Lévy !

Y a-t-il une idéologie derrière vos attentats pâtissiers ?
Non, nous sommes une organisation anarchiste, au sens anarcho-situationniste, mais mon véritable modèle est celui du mouvement américain Yippie avec leur pamphlet « do it » qui s’est déchainé dans les années 1968. Pour nous, l’attentat pâtissier c’est l‘équivalent des lettres d’insulte que les dadaïstes et les situationnistes envoyaient aux célébrités qui leur hérissaient le poil. On revendique le droit à la libre expression pâtissière, une liberté fondamentale et pas méchante.

Pas méchante certes, mais qui déplait certainement aux entartés…
Il arrive que nous humiliions nos victimes, mais on vit dans un monde infect où tout le monde est humilié du matin au soir. La moindre des choses est que de temps en temps, il y ait des ripostes contre les symboles de ces pouvoirs humiliateurs. On veut aussi démontrer que des petits garnements, avec des pâtisseries à la main peuvent mettre dans l’embarras les plus puissants de ce monde.

                                                                                                         Entretien William Thorp




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