Nick Valensi tient-il sa revanche sur Albert Hammond Jr. ?

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Le beau guitariste des Strokes sort enfin un album à lui. Soutient-il la comparaison avec son confrère ?

C’était à l’automne 2006 : contre toute attente, Albert Hammond Jr., chevelu discret, dégainait Yours to Keep, un premier album du tonnerre de Brest. Mélodies, voix, production, tout dépotait. Les pendules étaient remises à l’heure : on pensait jusque-là que Nick Valensi était le guitariste numéro un des Strokes, et Hammond Jr. un faire-valoir bon pour servir le thé – il était temps de réviser ce jugement. Depuis, le prince Albert a sorti deux autres disques somptueux et montré sur scène qu’il en a dans le ventre. Et Valensi, alors ? Qu’attendait-il pour répliquer ? Que foutait-il pendant ce temps-là ? Il taillait ses rosiers ? Dix ans pile après les débuts solo de son alter ego, l’échalas dégingandé à physique de héros de manga sort enfin du bois avec CRX, un groupe qu’il a monté avec quelques copains, chez lui à Los Angeles.
Avec l’appui de Josh Homme, enrôlé comme producteur, il a pris le temps de chiader dix morceaux qui à leur tour réhabilitent leur auteur : ce Valensi a autre chose que du mou de veau dans sa guitare. Alternant power-pop à la Cars et rock limite heavy, chantant là-dessus autrement qu’une crécelle, Nick fait la nique à tous ceux qui ne le prenaient que pour le bellâtre de service. Il est presque au niveau d’Hammond Jr. Sois bel et tais-toi ? Non : prouve que, dans une année pauvrette en rock, les guitares sont loin d’avoir dit leur dernier mot.

CRX, New Skin (Columbia).

LOUIS-HENRI DE LA ROCHEFOUCAULD




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