MÊME PAS PEUR à la Réunion

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Festival International du Film Fantastique de La Réunion, MEME PAS PEUR

Du 17 au 20 février dernier, et pour sa 6ème édition, le festival de film MEME PAS PEUR a proposé au public réunionnais quatre jours d’immersion dans le fantastique à travers 53 Courts Métrages, une Sélection École, une Sélection Collège, une Sélection Animation et une Sélection de 5 Longs Métrages diffusés en avant-première et gratuitement. 

Aujourd’hui une grande majorité des villes du globe accueille un festival de film – en gros, il serait presque plus facile de citer les villes qui n’en accueillent pas. Depuis 2010, la ville de Saint-Philippe à la Réunion a rejoint les rangs de villes organisatrices en accueillant le festival MEME PAS PEUR – Festival International du Film Fantastique de La Réunion. Son but : le décloisonnement des chapelles artistiques et cinématographiques avec la présentation de 60 films (et 21 nationalités) d’un cinéma qui envoûte.

Le cinéma est d’ailleurs un monde d’envoutements ; rien n’est réel et tout est vrai. Le cinéma fantastique est le genre cinématographique qui traduit peut-être le plus concrètement cette idée : le vrai est démontré par l’irréalité, l’anormalité et l’irrationalité, et en utilisant des procédés type le surnaturel, l’horreur, la métaphore, l’anticipation et la science fiction.

Saint-Philippe est une commune moyennement urbanisée, localisée sur la pointe sud-est de l’île, et compte près de 5 100 habitants. C’est, en somme, le sud sauvage.  L’élaboration d’une plateforme de ce type pour broadcaster des films fantastiques internationaux n’était donc pas gagné d’avance. Mais Aurélia Mengin – réalisatrice et organisatrice du festival – a réussi son coup en délocalisant le film de genre et en proposant une programmation de choix aux Réunionnais. A travers son festival, Aurélia n’a non pas trouvé son public mais elle a réussi aux fils des ans à l’habituer à son imaginaire, à lui faire aimer un cinéma exigeant et déviant.  Cette année encore, les inconditionnels du festival se sont déplacés de toute l’île pour assister aux projections, et la population des alentours s’y est rendue pour jeter un œil. Plus de 2000 personnes ont assisté au festival, soit « l’édition la mieux réussi » selon Aurélia.

Le choix de films effectué par Aurélia et Nicolas Luquet n’était pas facile d’accès, mais les courts et les longs-métrages étaient étudiés avec précision et projetés dans le but de faire découvrir un univers étrange et personnel.  La sélection n’avait pas pour vocation première de se mettre le public dans la poche avec des films mainstream. Le plus souvent ça passait, parfois certains étaient choqués par l’image ou la narrative.

On a pu assister, entre autres, en avant-première à Der Bunker de Nikias Chryssos, Evolution de Lucile Hadzihalilovic, Goodnight Mommy de Veronika Franz et Severin Fiala, Seuls de Thierry Poiraud, Kill Your Friends d’Owen Harris. Soit un sélection ultra pointue et audacieuse.

Un festival de ce type à la Réunion était improbable, et complétement nécessaire. L’événement était resté à taille humaine ce qui rendait l’ambiance péri-festival familiale, à la coule. Une journée type se résumait à aller se baigner aux Puits des Anglais, manger un rougail saucisse ou un civet zourit dans des feuilles de bananier avec toute l’équipe en écoutant le bruit de la masse de l’océan s’écrasant sur les rochers volcaniques, siroter des ti-punchs (tout le temps), mater les courts métrages l’après-midi et les longs métrages le soir. On évoluait, en somme, dans un cadre fantastique – tout comme le festival.

MEME PAS PEUR était bien cette célébration de passionnés hyper en avance sur son temps que j’avais suivi depuis quelques années depuis la métropole – une sorte de festival d’anticipation à la Réunion.

Retrouver Même Pas Peur sur son site, et Félix sur le sien.

 

FELIX MACHEREZ




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