Lafayette, la pop chic mélancolique ?

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S’il glisse des clins d’œil à Rohmer ou Jean-Luc Godard, Lafayette n’est pas comme Vincent Delerm qu’un petit cinéphile prétentiard incapable de pondre un morceau potable. Lui voit plus loin que la table basse de son salon. Le ton de ses chansons passe de la mélancolie (« Une fille, un été », « Je perds la boussole », « Décapotable ») à une loufoquerie inattendue (« Automatique », sur un type qui pète un câble au bureau). Est-on chez Fitzgerald ou chez Gaston Lagaffe ? Les deux, mon capitaine. Si l’ambiance de certains titres a quelque chose de giscardien, la production n’est pas pompidolienne pour un franc (n’y cherchez rien de politique) : ces synthés, ce son sophistiqué, on est bien en 2016. Lafayette est à classer parmi ces trop rares résistants qui contre vents bobos et marées hip-hop essaient de perpétuer un savoir-faire frenchy but chic quitte à passer pour d’affreux bourgeois élitistes. Maître Gims n’aura pas l’Alsace et la Lorraine : il reste une bonne chanson pop en France.

Les Dessous Féminins (Entreprise)

LOUIS-HENRI DE LA ROCHEFOUCAULD

PHOTO MELANIE BORDAS AUBIES




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