« LA LOI DU MARCHÉ » DE STÉPHANE BRIZÉ

Capture d’écran 2015-05-28 à 14.12.44

Politique de l’acteur, encore. À qui appartient donc ce film-là ? À l’auteur un peu fadasse et bonne conscience de Mademoiselle Chambon et de Quelques heures de printemps ? Indéniablement. Ça se voit à sa manière de greffer des sous-intrigues artificielles à l’intérieur d’une odyssée prolo à la structure lâche, de remettre petit à petit sur les rails de la narration télé le portrait impressionniste d’un quinqua qui galère à boucler ses fins de mois. Coup de bol, le film appartient aussi à sa star/producteur, Vincent Lindon, incarnant à l’intérieur de chaque plan, de chaque scène – même celles où il ne fait strictement RIEN – une certaine idée du beau galérien ciné : un type à la fois minéral et balbutiant, valeureux et lessivé, guidé par un code moral mais miné par les doutes. Lindon fait passer cette idée de cinéma-là sans effort, sans quelconque souci velléitaire. Lui suffit d’un regard d’en dessous via un plan d’écoute, d’une manière d’hausser le ton lors d’un deal de mobile-home, ou d’un pas de danse maladroit pour que le La Loi du marché bouleverse soudainement, sans chercher à édifier – guidé par le désir inverse de celui qui enregistre sa partition. À l’écran comme dans la coulisse, l’histoire d’un mec qui se bat comme un dingue pour rester digne et sauver son job. Seul contre tous.

FRANÇOIS GRELET

La Loi du marché de Stéphane Brizé (Sortie le 19 Mai)




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