Justice peut-il redynamiter la French Touch ?

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Les vénérables nantis de la French Touch ont désormais des vies d’Académiciens. Le nouveau Justice redonne-t-il urgence et créativité à ce luxe plan-plan ?

Les chanteurs invités sur le fastueux nouvel album de Cassius ? Pharrell Williams, Cat Power, Mike D. Ils n’ont pas été trouvés dans la rue. Le dernier concert de Nicolas Godin, mi-septembre ? Il a eu lieu à la Fondation Vuitton. Le précédent s’était tenu à la Villa Médicis. Pendant ce temps-là, Arte diffuse Touche Française, le (bon) documentaire de Guillaume Fédou et Jean-François Tatin où les membres du club French Touch sont traités comme des institutions. Et dans la foulée, le retour de Justice sera l’événement de novembre.

Si, contrairement à Phoenix et Tellier, ils n’ont été produits ni par Zdar ni par Guy-Man’ des Daft, les Justice n’ont pas eu à se plaindre de leurs parrainages. Découverts en 2003 par Pedro Winter, ils sont toujours coachés par le puissant secrétaire perpétuel de cette autre Académie française – dès 2004, débutants, ils filaient un remix à Pharrell ; en 2008, hop, une bande-son pour un défilé Dior Homme. Assurée par Because, leur promo se mitonne aux petits oignons entre Londres et Paris. C’est le privilège des rares artistes estampillés French Touch : ils flottent loin du lumpenprolétariat de la musique, et à l’écart du showbiz à la papa, celui de la presse people, des Restos du Coeur et autres chienlits. Du grand public aux snobs de la fashion et de l’art contemporain, tout le monde les adore. Reste à ne pas finir comme Jean d’Ormesson, embaumé de son vivant dans une Pléiade. Avec le fantastique Woman, Justice continue d’avancer. Des Académiciens consacrés ? Certes. Mais pas encore académiques.

WOMAN, (Ed Banger/Because), sortie le 18 novembre

LOUIS-HENRI DE LA ROCHEFOUCAULD 

Paru dans Technikart #206, octobre 2016

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