Henry Selick, le dépossédé

Il a réalisé «l’Etrange Noël de M. Jack» mais personne ne le sait. Il revient avec le chef d’œuvre «Coraline» et n’a qu’une peur: que la méprise se renouvelle, comme tant d’autres avant lui. Top 6 des plus grandes injustices.

"Coraline", le nouveau film de Henry Selick«Le Troisième Homme» (1949), pas de Orson Welles

Welles a deux scènes en tant qu’acteur («le coucou» et la poursuite dans les égouts) et en profite pour voler le show, au point qu’on les lui attribue souvent de manière erronée. Il est aujourd’hui acquis que Carol Reed s’en sortait très bien tout seul.

 

«La Chose d’un autre monde» (1951), pas de Christian Nibby

Produit et présenté par Hawks, ressemblant à du Hawks, remaké par le fan numéro uno de Hawks (Carpenter), ce classique digne de Hawks est pourtant signé Christian Nibby, monteur attitré de Hawks. Une récente bio de Hawks a tranché: c’est bien Hawks qui l’a fait.

 

«Poltergeist» (1982), pas de Tobe Hooper ?

Tout le monde pique «Poltergeist» à Tobe Hooper pour l’attribuer à Spielberg, parce qu’il l’a produit, qu’il était sur le plateau et que le film est bien. C’est pas juste, mais Tobe conserve «Massacre à la tronçonneuse» rien que pour lui.

 

«Autant en emporte le vent» (1939), pas de Victor Fleming

«Yes manisé» par son producteur David O’Selznick, Fleming est au générique (au contraire des autres réalisateurs impliqués). Mais tout le monde sait que le vrai auteur était Selznick. Au point que Fleming soit le vrai dépossédé dans l’affaire.

 

«Babe» (1995), pas vraiment de Chris Noonan

Noonan le signe, tout comme Philip Noyce a signé «Calme blanc», deux films produits par George Miller et qui ont la particularité d’être très au-dessus du niveau des autres films de Chris Noonan et de Philip Noyce. Suffit ensuite de faire les maths: soit George Miller devrait produire plus souvent, soit…

 

«Superman 2» (1980), pas de Richard Lester

Sans doute l’une des révélations les plus folles de l’ère DVD: Richard Donner, auteur du premier «Superman» avait bel et bien tourné le 2 en entier, avant de se faire doser par les frères Salkind et remplacer par Richard Lester, chargé de tout tronçonner et de combler les trous. Le «vrai» «Superman 2» existe en DVD sous le nom de «Richard Donner’s Cut».

Léo Haddad (la suite dans Technikart n°134, en kiosques le 4 juin)




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