D’un caricaturiste, l’autre

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Un documentaire sur le fondateur d’Hara-Kiri et de Charlie Hebdo, feu Francois Cavanna ? Une fort bonne idée. De nombreuses choses furent dites sur feu Charb, feu Wolinski, ou feu Cabu – beaucoup de « feu » pour un si petit milieu- après les tueries du 7 janvier. Quid de l’incarnation, du créateur de ces discours « bêtes et méchants » mais si souvent justes et poussifs à la réflexion ? Le journaliste Denis Robert, coréalise avec sa fille Nina Cavanna, jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai, où Siné, Wilhem, Delfeil de Ton et Cavanna lui-même témoignent de l’épopée de la presse satirique et de son fondateur, en nous apportant des détails méconnus du grand public.

Les 5 « découvertes » sur François Cavanna et toute sa bande.

La corde au cou. Cavanna confesse avoir essayé, lors d’une période intense où il « menait une vie de dingue » et en « plein surmenage », de se pendre la veille du mariage de sa fille. Le suicide raté, mais toujours dans « un sentiment d’abandon total », le fondateur de Hara-Kiri ira au mariage la trace de la corde au cou masqué par une cravate.

Mêler plaisir et affaire, tout est question de volonté. La gestion économique du professeur Choron, cofondateur de Hara-Kiri, étant « épouvantable », la tirelire fut souvent vide. Pour combler au manque, le chauve à la clope au bec en permanence « allait au charbon » et « trouva de la thune grâce » à une femme « pleine au as » et au physique « horrible » qui devient sa maitresse.

Mai 68 n’est pas l’Immaculée Conception. Quand il ne couchait pas avec une maitresse pour se faire du biff, Choron s’encensait. Selon ce dernier on apprend dans le documentaire « qu’il n’y aurait jamais eu de mai 68 s’il n’y avait pas eu Hara-Kiri ». Le journal aurait « influencé pendant 8 ans une jeunesse qui a fait mai 68 ». Le bougre de Dany le rouge serait donc un usurpateur ?

Philippe Val est doué en compta. Bernier alias Choron lors de la création de Charlie Hebdo oublia de déposer le nom du journal, le rendant sans réel propriétaire. L’étourdie le paya plus tard. Philippe Val l’astucieux, voulant relancer la machine, fit croire à « une propriété intellectuelle » qui appartiendrait « à Cavanna », faisant du journaliste satirique l’auteur. Le professeur exclu, Val et l’avocat Richard Malka firent témoigner ou plutôt « mentir » l’équipe de Charlie au civile pour obtenir gain de cause.

Monsieur 0,4%. Delfeil de Ton nous apprend que malgré son nouveau statut de propriétaire, Cavanna travaille dans « un journal où il n’est pas directeur, où il n’est pas actionnaire, où il n’est rien ». Chance inouïe, ce dernier a droit à un pourcentage sur le chiffre d’affaires… d’un taux mirobolant de 0,4%. Cavanna fut contraint d’écrire jusqu’à l’âge de 90 ans pour vivre.

William Thorp

Cavanna jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai, un film de de Nina et Denis Robert. Sortie le 17 juin.




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