Claude Challe, le DJ qui mixait avec sa compil’ de CD

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Claude Challe – DJ français connu principalement pour être le fondateur de Buddha Bar – mixait au SISMIX de Marrakech en juin dernier. L’occasion pour notre reporter d’aller le titiller sur son terrain de jeu.

Salut Claude. Avant ton set, tu arrivais avec une malette. Tu transportes quoi dedans ?
Des CDs. Tu sais, je suis un peu old school, j’ai 70 piges, je fais mes DJ set avec. Ce qui n’est pas plus mal, le rétro, ça revient à la mode ! Pas de retour aux vinyles pour moi,même pas de clé USB : j’ai un problème avec puisque je ne retiens pas les noms de mes morceaux. J’ai aucune mémoire visuelle !

Tu ne marches pas au format MP3 alors…
Non, je n’aime pas bosser en MP3. Je suis à la fin de mon histoire – j’ai joué, j’ai fait le tour du monde et les plus belles fêtes de la planète – ce n’est pas aujourd’hui que je vais me mettre aux clés USB. Et un paradoxe avec le Mp3 : les gamins d’aujourd’hui ont les écouteurs les plus perfectionnés du monde mais ils ne font qu’amplifier du son compressé. Ça n’a plus de sens !

Ouais, je fais partie de ces gamins là… Tu es venu nous mettre quoi comme son alors au SISMIX ?
Je vais mettre de l’ambiance avec de la musique ambiante. J’ai ramené plein de compils : on verra le public de toute façon. Ce sont les gens qui me rendent meilleur, je ne me considère pas comme un DJ, mais plutôt comme un metteur en fête, un ambianceur, un chef d’orchestre. C’est pour ça que j’ai 4 platines : pour pouvoir balancer un violon par-ci ou encore une voix par là !

Et tu vas en profiter pour faire un tournoi de poker?
Non. Je ne sais pas ce que c’est qu’un jeu de carte. Je préfère jouer avec la vie plutôt qu’avec les cartes. Je n’ai jamais joué au poker mais je sais qu’il y a le mot « bluff » dedans et je n’aime pas ça : j’aime la vérité.

La vérité existe au poker, mais il faut payer jusqu’à la Turn pour la découvrir…
Niveau musique, on peut parler de « Challe Touch » comme on parle de « French Touch » dans le monde électro ?
Je ne sais pas, mais j’ai été le premier DJ star. Personne n’avait fait une compil de DJ – que j’ai sorti en 1995. C’était une compil’ mixée avec du Tripop, de l’ambiant, de l’électro, du new age… tout ça dans le même CD ! Quand les gens ont vu que j’avais vendu un million de disques avec Buddha Bar n1, le mot « lounge » est sorti pour me cataloguer. C’est même devenu un rayon chez les disquaires. Maintenant, il y en a plein d’autres – ceux que j’ai formé comme Stephane Pompougnac, qui tourne partout dans le monde aujourd’hui.

Je vois. Et tu penses quoi des nouveaux DJs ?
Je ne les connais pas vraiment. Tout le monde est DJ aujourd’hui. Avant on demandait une guitare électrique pour Noël maintenant on demande des platines. Ce que je trouve ridicule, c’est qu’aujourd’hui pour aller à un concert d’électro, il faille prendre des pilules pour sauter en l’air et s’amuser. Si tu n’as rien pris c’est juste du son, parfois ça ressemble même à un marteau piqueur qu’on te met sur la tête. Je suis allé au Boiler Room à Ibiza, ça a duré 48h, et j’ai eu l’impression que c’était le même DJ tout le long. C’est là que je me dis que j’ai pris un coup de vieux. Mais pour moi la musique t’amène à l’amour, aujourd’hui je trouve que ça va un peu loin dans le son et les drogues.

Mais tu es pour le trip pourtant, non ?
Je ne suis pas contre, je ne prends juste plus de dope. Tu sais, j’aime les pétards mais je n’en prends plus maintenant. J’ai toujours prôné pour la légalisation du cannabis.

J’ai vécu à Los Angeles, c’est presque le paradis là-bas. Quels sont les Djs récents que tu as compilés ?
Oh Venice Beach, c’est la folie ! Il y en a pas mal. J’ai compilé Aphex Twin par exemple. Sa musique me fait planer, elle me porte et m’emmène. J’aime bien ce qu’il fait. En fait, j’aime tout, sauf la musique country. J’aime aussi compiler la progressive ; j’aime quand ça déménage et qu’il y a du son, des voix et des instruments. J’aime bien quand l’électro reste humaine, quand il n’y a qu’une machine ça me refroidit.

                                                                                                  Felix Macherez




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